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de A à Z, le monde en musiques


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Amérique Latine (Sur la platine express 2011 – 11)

Quelques mots rapides sur des sorties importantes:

Soul Jazz a édité deux magnifiques cd sur l’histoire de la bossa nova: Bossa nova and the rise of Brazilian music in the 1960s, double cd avec beau livret et Brazil bossa beat ! Bossa nova and the story of Elenco Records 8/10 et 7,5/10

En complément, une intéressante compilation sur les musiques actuelles du Brésil, souvent mélangées: Oi ! A nova musica Brasileira ! . 6,5/10

Pour la Colombie, Soundway a à nouveau sorti une excellente compilation: Cartagena ! Curro Fuentes & the big band cumbia and descarga sound of Colombia 1962-72. Je vous renvoie à la critique de Boebis. (en écoute sur Deezer) 8/10

Et en dessert, une compilation du label Strut, Sofrito: tropical discothèque regroupant des musiques des années 70 à aujourd’hui d’Afrique et d’Amérique Latine (porro, soukous, nueva cumbia, cadence, soca, disco, salsa, descarga, gwoka, calypso…). 7,5/10


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Nigeria | Afrique du Sud | Iran (Sur la platine – Septembre 2010 – I)

Au début de l’année, en commençant pleine d’enthousiasme le classement évolutif des disques de musique du monde, j’avais décidé de parler de différents styles de musiques, de différents pays, y compris de cd que je n’appréciais pas trop mais qui avaient une place dans le classement. Vu le peu de succès de cette entreprise (je remercie néanmoins les fidèles commentateurs), autant parler uniquement des disques qui me touchent ! Et si vous voulez absolument que je continue le classement, c’est le moment de crier haut et fort !

Les disques du moment:

The world ends: afro rock & psychedelia in 1970’s Nigeria: excellent disque d’après certains, moyen d’après d’autres (à cause du répertoire plus ou moins similaire déjà trop entendu sur tous les disques consacrés au Nigéria et sortis dernièrement), bref des avis partagés. Et le mien ? Je ne sais pas trop quoi en dire: une musique entraînante, typiquement africaine et en même temps très occidentale, un livret très complet comme toujours chez Soundway, mais pas d’étincelle. (Soundway, en écoute sur we7) 6,5/10

Shangaan electro. New wave dance music from South Africa: vous cherchez des musiques de danse à plus de 180 bpm, les musiciens Shangaan Sud-Africains l’ont fait ! Rythmes ancestraux très rapides, joués aux guitares, marimbas et synthés. C’est en même temps une musique rurale et urbaine, qu’on pourrait quelque part comparer aux Congotronics. Trop répétitif pour certains, ce disque est une des grandes claques de l’année pour moi, provoquant une montée d’énergie et un besoin de danser impossible à réprimer, similaire à des sensations que peuvent avoir les auditeurs de certaines musiques de tranc(s)e. Et avant qu’on ne me reproche de mettre en avant un disque qui n’a pas sa place en musique traditionnelle, je voudrais préciser qu’il s’agit bien ici de traditions, des traditions d’aujourd’hui. La critique de mmarsupilami.  (Honest Jons, en écoute sur we7) 9/10

Ali Reza Ghorbani, Les chants brûlés. Hommage à Rûmî: un disque de musique iranienne sur Accords Croisés ne peut être que bon. Ce label nous a habitué à des productions extrêmement bien réalisées, interprétées, que ce soit des rencontres ou des artistes “solo”. Ici aussi, le chant iranien aux nombreuses ornementations sur des poèmes du mystique persan Rûmî, soutenu par quelques cordes et percussions jouées par des musiciens de la nouvelle génération (tout comme Ghorbani d’ailleurs) nous emmène, nous fait voyager, nous émeut. Peut-être pas une note aussi élevée que le disque précédent: c’est un excellent disque qui peut plaire à un grand nombre de personnes mais je ressens moins d’effet de surprise. (Accords Croisés, quelques extraits sur musicme) 8/10


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Colombie | Afrique du Sud | Thaïlande (Sur la platine – Juillet 2010 – II)

Un court billet pour parler de disques dont les styles ont déjà été évoqués sur ce blog mais que je trouvais dommage de ne pas signaler ici.

Palenque palenque: champeta criolla & afro roots in Colombia 1975-91 est une compilation du label Soundway sur les musiques de la côte des Caraïbes en Colombie. La champeta est une réinvention des musiques africaines en Colombie, mélangée avec des sons psychédéliques créoles et des sons et rythmes colombiens. Sonorités très africaines, très brutes, très proches de l’afrobeat mais avec une spécificité latino-américaine. (Soundway, avec deux extraits) 8/10

Next stop… Soweto vol.2: soultown. R&B, funk & psych sounds from the townships 1969-1976. La coupe du monde de foot aura eu comme point positif de ressortir tout un pan un peu oublié des musiques sud-africaines ! Ce volume est consacré aux musiques soul, funk, r&b qui sont apparues dans les townships malgré l’interdiction du gouvernement. (Strut, avec trois extraits) 8/10

Luk thung ! The roots of Thai funk, troisième volume d’une série éditée par le label thaï Zudrangma Records , consacré au luk thung dont j’ai déjà parlé ici. Répertoire enregistré probablement dans les années 60-70, les quelques notes du livret ne disent pas grand chose. (Zudrangma, avec extraits) 7,5/10


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African Pearls & Nigeria Special (Sur la platine – Avril 2010 – I)

Les rééditions de musique africaine des années 50 à 70 n’arrêtent pas de sortir. La lassitude commence tout doucement à s’installer et l’effet de surprise est un peu passé. Cependant, les séries African Pearls chez Syllart et Nigeria Special chez Soundway sont toujours aussi remarquables, tant au point de vue du choix musical que des notes du livret.

  • Nigeria special: volume 2. Modern highlife, afro sounds & nigerian blues 1970-6: continue sur la lancée du premier volume, proposant des inédits de l’époque. 7/10
  • Nigeria afrobeat special: the new explosive sound in 1970s Nigeria: ou l’impact de la musique de Fela Kuti sur les autres artistes nigérians. 7,5/10
  • African pearls: Sénégal – Echo musical: enregistrements des années 70 rassemblant les principaux groupes de l’époque, tous en quête de modernité et influencés par les musiques cubaines. 6,5/10
  • African pearls: Congo – Pont sur le Congo: musique de part et d’autre du fleuve Congo pendant les années 60 et 70. 6,5/10


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Ethiopie – Panama – Zanzibar (Sur la platine – Juin 2009)

Un voyage un peu bizarre, me direz-vous, mais ce sont de ces pays là que viennent les trois coups de coeur de la semaine. (J’en ai eu d’autres durant mon absence sur ce blog, mais ceux-ci me poussent vraiment à écrire à nouveau – ainsi qu’un moment de calme relatif dans mon travail !)

Ethiopie

Ililta ! New Ethiopian dance music: je vous garantis que si vous écoutez ce disque, vous ne pourrez rester immobiles ! La série de disques Ethiopiques était essentiellement consacrée aux musiciens éthiopiens des années 60 et 70 mais la venue au pouvoir d’un gouvernement militaire en 1975 arrêta net la grande période des orchestres. Dans les années 90, peu de choses intéressantes nous sont parvenues: les stars avaient émigré ou étaient décédées, et surtout, les synthétiseurs cheap ont déferlé, nous donnant des morceaux pop trop ou mal produits. Cependant, depuis quelques années, on constate un renouveau: de jeunes musiciens se tournent vers les rythmes et instruments traditionnels pour produire des morceaux très dansants et aux beats entraînants. Les synthés n’ont pas disparu mais l’ensemble est bien plus excitant qu’avant !

Panama

Panama ! 2: Latin sounds, cumbia tropical & calypso funk on the Isthmus 1967-77: deuxième volume que le très bon label Soundway consacre aux musiques de Panama dans les années 60-70. C’est une édition très soignée avec un livret très complet et de belles photos d’archives. Quant à la musique, c’est également un de ces disques qui donne envie de danser ! On oublie trop souvent que les musiques latino ne se limitent pas à la salsa ! De nombreux genres existent, avec des nuances régionales: la cumbia par exemple est essentiellement colombienne mais s’est diffusée dans les pays voisins. Panama est au centre de toutes les influences: au sud, la Colombie avec vallenato et cumbia, à l’est, les Antilles avec les rythmes cubains, le mento et le calypso, au nord, le Mexique, avec ses boleros et marches militaires, tandis que le jazz et le gospel arrivaient depuis le port de la Nouvelle-Orléans. Tous ces genres sont se sont mêlés et ont été empruntés par les groupes locaux qui sont au sommet de leur créativité dans les années 60-70. S’y ajoutent des influences locales, des musiques de l’intérieur du pays, la “musica tipica”, caractérisée surtout par les percussions d’origine afro-américaine et par l’accordéon.

Zanzibar

Mohamed Ilyas with Nyota Zameremeta Orchestra of Zanzibar, Taarab: ce disque n’est peut-être pas aussi dansant que les deux précédents mais le taraab a le pouvoir d’emporter, de faire voyager vers d’autres mondes, entre les grands orchestres égyptiens et les musiques de Bollywood. A l’origine musique de mariage, le taarab est joué tout le long de la côte de Tanzanie et du Kenya, par les peuples Swahili musulmans. Rythmes des percussions et cordes prennent une place importante dans les sonorités du style. En complément à la série Zanzibara, ce disque présente Mohamed Ilyas, une des personnalités importantes du genre. Sa voix est claire et les modulations précises; il sait comment attirer l’attention d’un public et l’émerveiller, comment traduire les émotions.

 


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Musique psychédélique du monde: Afrique de l’Ouest

Autant il fallait fouiller pour trouver des musiques psychédéliques d’Amérique Latine, autant l’inondation guette pour l’Afrique de l’Ouest, surtout depuis les nombreuses sorties de cd des dernières semaines. Ma liste se limitera donc à ces très bons disques de différents labels, tous accompagnés de livrets très complets. Je creuserai plus tard les discographies de chaque pays pour compléter ce sujet.

Nigeria special. Modern highlife, afro-sounds & Nigerian blues 1970-6, Nigeria disco funk special. The sound of the underground Lagos dancefloor 1974-79 et Nigeria rock special. Psychedelic afro-rock & fuzz funk in 1970s Nigeria sont trois compilations du label Soundway qui avait déjà sorti d’excellents disques sur la Colombie, le Panama ou le Ghana. Rencontre entre les styles locaux et les influences rock et funk internationales. Très beau travail de collectage et de restauration de vinyles, présentant des morceaux inédits.

Nigeria 70 – Lagos jump. Original heavyweight afrobeat highlife & afro-funk édité sur le label Strut (un premier volume comprenait 3 cd) s’intéresse à différents styles existant au Nigéria à côté de l’afrobeat de Fela Kuti. Entre jazz, afro-funk et juju, les rythmes se mélangent et les styles fusionnent.

Et pour terminer, le meilleur de la série d’après moi, bien qu’ils soient tous excellents: African Scream Contest. Raw and psychédélic afro sounds from Benin and Togo 70s (le 3e cd de la série Analog Africa, du label du même nom) s’intéresse aux artistes méconnus de pays peu connus: le Bénin et le Togo, pendant les années 70. Samy Ben Redjeb, le propriétaire du label, est arrivé à Cotonou en 2005 pour chercher des disques, et il en a trouvé ! Dès les premiers jours, il envoyait chez lui 3500 vinyles qu’il avait pu acheter à un de ses contacts. Par la suite, il retournera plusieurs fois au Bénin pour retrouver les artistes et les interviewer. Le livret, parsemé de magnifiques photos d’époque relate tout cela. La musique quant à elle est extraordinaire, mêlant rythmes vaudou à la soul de James Brown avec guitares hurlantes et chants inspirés, de El Rego et ses Commandos, Vincent Ahehehinnou ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou.

[Lien 1: le site du label Soundway et un site de fans avec extraits musicaux et clips]

[Lien 2: le site du label Strut, avec clips]

[Lien 3: Analog Africa sur Blogger, et sur Myspace, avec extraits musicaux]