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de A à Z, le monde en musiques


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Des lectures pour l’été

Un magazine et un livre… peut-être pas de la lecture de plage mais beaucoup d’informations intéressantes sur les musiques du monde.

Le Courrier International vient de publier un numéro hors-série sur les musiques d’aujourd’hui, sur comment la musique change le monde. Les articles sont répartis selon plusieurs thèmes: révoltes, identités, mutations, utopies et bêtes de scène et couvrent largement les musiques du monde. Quelques titres d’articles pour vous tenter: Des CD contre la junte birmane, Les narcos font leur promo en chansons, Le blues des hommes en bleu, Un air de K-pop, Beethoven dans les favelas… Et en prolongation sur leur site, vous trouverez des chansons qui illustrent les articles.

Mondomix a écrit un article sur un livre à propos de la musique et de la mondialisation: Musique et globalisation : musicologie – ethnomusicologie, sous la direction de Jacques Bouët et Makis Solomos, L’Harmattan, 2011. A lire pour mieux comprendre la vision actuelle de la musicologie sur l’évolution des musiques du monde et leur occidentalisation.


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les meilleures musiques du monde de 2010 – le classement de Sunalee

Et voici enfin mon classement, que j’ai décidé de scinder en deux pour séparer les nouvelles productions des nombreuses rééditions. Cela me permettait aussi de mettre plus de disques dans ma liste ! Je n’ai pas encore eu le temps de parler des derniers arrivés mais ça devrait venir dans les semaines qui viennent. J’ai l’impression que mes disques favoris sont soit sortis l’hiver passé, soit en fin d’année, avec un grand vide quelque peu ennuyeux entre les deux.

nouveautés:
1. Hanggai, He who travels far
2. Shangaan electro. New wave dance music from South Africa
3. Anmitsu, Anmitsu-san
4. Fool’s Gold, Fool’s Gold
5. Oki Dub Ainu Band, Sakhalin rock
6. Albert Kuvezin, Poets and lighthouses
7. Ensemble Multifoon, Indi go
8. Cumbia bestial
9. Trepaanit, Trepanation
10. Ballaké Sissoko et Vincent Segal, Chamber music
11. Bob Brozman, John McSherry and Dónal O’Connor, Six days in down
12. Lobi Traoré, Rainy season blues
13. Trio Carpion, At the black sea
14. Justin Townes Earle, Harlem River blues
15. Ole Larsen Gaino, Ludiin muitalan

rééditions:
1. The sound of Siam. Leftfield luk-thung, jazz & molam in Thailand 1964-1975
2. Ola Belle Reed, Rising sun melodies
3. Singapore a-go-go vol.1
4. Angola soundtrack. The unique sound of Luanda 1968-1976
5. Anibal Velasquez y su Conjunto, Mambo loco
6. D.O. Misiani and Shirati Jazz, The king of history. Classic 1970s benga beats from Kenya
7. The roots of chicha 2. Psychedelic cumbias from Peru
8. Nippon girls. Japanese pop, beat & bossa nova 1966-40

9. Blind Blake and the Royal Victoria Hotal Calypsos, Bahamian songs

10. To scratch your heart. Early recordings from Istanbul 


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les meilleures musiques du monde de 2010 – le classement de David

Et voici le classement de 1 à 20 de mon proche collaborateur, David:

1. The Devil’s Anvil, Hard rock from the Middle East
2. Shangaan electro. New wave dance music from South Africa
3. The Esso Trinidad Steel Band, Van Dyke Parks presents the Esso Trinidad Steel Band
4. Analog Africa No.8: Afro-beat airways. West African shock waves 1972-1979
5. Alan Lomax in Haiti
6. Group Doueh, Treeg salaam
7. Ethiopiques 25: 1971>1975 Modern roots
8. Blind Blake and the Royal Victoria Hotal Calypsos, Bahamian songs
9. African pearls 5: Côte d’Ivoire. West african crossroads
10. Cumbia Beat Vol. 1
11. Segun Bucknor, Who say I tire
12. Group Bombino, Guitars from Agadez vol. 2
13. The world ends: afro rock & psychedelia in 1970′s Nigeria
14. To scratch your heart. Early recordings from Istanbul
15. Dara Puspita, Dara Puspita 1966-1968
16. Fool’s Gold, Fool’s Gold
17. Next Stop… Soweto vol. 2: soul town
18. Konono n°1, Assume Crash Position
19. Frank Fairfield, Frank Fairfield
20. Tradi-Mods vs Rockers. Alternative takes on Congotronics


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Womex 2010 (II)

(la suite de l’article sur le Womex)

Certains concerts intéressants étaient programmés en même temps, d’autres n’étaient pas très bons: je n’ai donc parfois vu que quelques minutes de certaines performances. Dobet Gnahoré, l’ivoirienne aux chansons entre Afrique et Europe, était en pleine(s) forme(s); Fatoumata Diawara, ancienne choriste d’Oumou Sangare, avait choisi un accompagnement musical qui sonnait trop “world”, tout comme le groupe mozambicain Cheny Wa Gune Quarteto, qui fait du rock autour d’un instrument traditionnel, le xylophone m’bila des Vachopi. Le mélange de chansons yéménites avec du jazz, du blues et des influences africaines de Yemen Blues m’a laissé indifférente. Taifas, groupe autour du fondateur de Radio Tarifa, Fain Dueñas, de Javier Paxariño et du guitariste flamenco Nono Garcia était plaisant tant qu’il n’y avait pas de flûte. Quant à Tremor, groupe d’Argentine s’inspirant du folklore local, il m’a quelque peu cassé les oreilles avec sa guitare rock tonitruante. Le prix du costume le plus laid revient à Karina Buhr, chanteuse rock jazz brésilienne, habillé dans un genre de catsuit en dentelle des plus vulgaires (et je ne parlerai même pas de ses chansons pseudo bossa jazz).

OMFO

Sur papier, le groupe OMFO semblait intéressant. Sur scène, c’était un groupe dont les musiciens semblaient mal à l’aise, mélangeant des traditions d’Asie Centrale, d’Iran et des chansons romantico-patriotiques soviétiques d’un temps révolu avec de l’électronique kitsch.

Mercedes Peon

Mercedes Peón est bien plus professionnelle, explorant les musiques traditionnelles de Galicie à elle seule. Et c’est là que le bât blesse: toute l’électronique et les samples du monde ne peuvent remplacer de vrais musiciens. A revoir sans doute accompagnée, parce qu’elle a une voix et une présence extraordinaires. De Bogotá nous venait Bomba Estéreo, un groupe qui se base sur les rythmes locaux comme la cumbia et la champeta mais en les interprétant aux guitares et beats électroniques, la chanteuse sautillant partout sur scène en scandant les paroles des chansons. Une dose d’énergie assez incroyable qui a mis en mouvement tout le public !

Kobo Town

Et c’est encore d’Amérique Latine que viennent les groupes qui m’ont semblé les plus intéressants lors de cette édition du Womex. Tous interprètent des musiques de la plus pure tradition mais avec une verve et une efficacité sans limites. Kobo Town nous a présenté du calypso dans la lignée de Lord Invader, Attila the Hun ou Roaring Lion, sur la scène et en dehors, le groupe se promenant dans la salle pour son dernier morceau en acoustique.

Sexteto Tabala de Palenque

Le Sexteto Tabalá de Palenque vient de la côte des Caraïbes, de San Basilio de Palenque et a interprété des rythmes afro-colombiens aux paroles scandées par un chanteur de la septantaine bien sonnée. Très prenant mais à petites doses, les morceaux se ressemblant fort. Autre musique de vétérans, celle de Samba Chula de São Braz: une guitare, de nombreuses percussions, plusieurs chanteurs et deux danseuses aux jupons blancs ne révélant que le rythme des pieds, dans un jeu de séduction-répulsion propre à leur statut d’honnêtes dames mariées. Le public était très chaud, tout comme les rythmes.

Joaquin Diaz

L’accordéoniste Dominicain (du Québec), Joaquin Diaz, a été également une très belle surprise avec son interprétation des rythmes tropicaux du merengue et de la bachata.

Encore une belle édition pleine de découvertes  et rendez-vous l’année prochaine !

Toutes les photos sont personnelles, pour voir la galerie complète, c’est sur Flickr.


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Womex 2010 (I)

Fin octobre = Womex ou World Music Expo. La 16e édition de cette foire réunissant tous les acteurs des musiques du monde s’est tenue pour la deuxième fois à Copenhague, abandonnant le Bella Center situé hors de la ville pour se loger dans le Forum, bien plus pratique d’accès. Comme chaque année, des prix ont été distribués: le meilleur artiste en 2010 est Danyèl Waro del’île de La Réunion, le meilleur professionnel (Award for Professional Excellence) est Ian Anderson, rédacteur en chef de la revue fRoots et le meilleur label World Village.  A part la recherche de nouveaux labels et les discussions avec d’autres professionnels, le Womex signifie aussi beaucoup de concerts, indicateurs de certaines tendances. Impossible de tout voir (beaucoup de concerts se déroulent simultanément et les journées sont longues et fatigantes) mais voici ma sélection 2010.

The chaosmos of Korean music

La soirée d’ouverture était consacrée aux musiques coréennes sous le titre de Chaosmos of Korean Music, présentant de courts extraits de différents styles traditionnels mais aussi des interprétations plus contemporaines. Une musique pas toujours simple à appréhender pour des oreilles peu exercées ou habituées à des musiques plus populaires, le concert a globalement plu au public, justement par ce côté très divers et moderne.

Wang Li

Musiques traditionnelles et world beat se partageaient l’affiche les autres jours. Les concerts en soirée se tenaient comme l’année passée dans la magnifique salle de concert de la radio danoise alors que ceux de la journée se déroulaient dans une salle improvisée au Forum, salle qui laissait un peu trop passer le brouhaha de la foire, ce qui nuisait à la concentration et à l’écoute. Wang Li notamment aurait bénéficié d’un auditoire plus silencieux même si cela n’enlève rien à la qualité de son concert. Spécialiste des guimbardes, il a joué des airs de différentes régions de Chine mais aussi ses propres compositions très inventives et parfois plus expérimentales.

Matthias Loibner

Autre instrument solo mais même approche des musiques, la vielle à roue de Matthias Loibner, connu et reconnu pour sa maîtrise et son art de l’improvisation. Il nous avait concocté un programme incluant des airs traditionnels du monde et des improvisations, ainsi qu’une pièce danoise qu’il avait appris à jouer la semaine auparavant en donnant des cours dans une académie locale. Juste avant lui, il y avait le quatuor serbe Svetlana Spajic Group que je n’ai pas vu mais dont j’ai entendu les très belles polyphonies vocales.

Malick Pathé Sow

Malick Pathé Sow nous a promené en Afrique, au Sénégal, avec son luth hoddu ou sa guitare acoustique, accompagné de son groupe (kora, guitare, percussions). Le roi de la clarinette klezmer, Yom, a proposé un très beau concert, très bien exécuté, mais auquel il manquait ce “je ne sais quoi” pour le rendre passionnant. De même pour Desert Slide, une collaboration entre Vishwa Mohan Bhatt, l’inventeur de la guitare slide adaptée aux ragas indiens et des musiciens du Rajasthan. Jeu de guitare virtuose, rythmes accrocheurs, grande intensité du chant mais cela ne m’a pas empêchée de m’endormir !

Desert Slide

Toutes les photos sont personnelles, pour voir la galerie complète, c’est sur Flickr.

(suite au prochain épisode)


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3 mois de 2010

Voici 3 mois que 2010 a commencé et mes constatations sur les nouveautés en musique du monde ne sont pas très roses. Il n’y a quasi plus de vraie nouveauté, c’est à dire d’enregistrements récents de styles existants ou nouveaux qui sortent du lot. Les musiciens jouent encore sans doute mais les disques ne sortent plus. Même les grosses pointures comme Johnny Cash ou Ali Farka Touré sont des éditions d’enregistrements plus anciens (des fonds de tiroir, diraient les mauvaises langues). Restent des musiciens français, belges, scandinaves, slaves, anglo-saxons qui sortent des disques de musique traditionnelle ou métissée mais dont peu arrivent à me passionner.

Le marché est submergé de rééditions et de compilations des années 50 à 70, ou d’archives encore plus anciennes. Rien de mal à ça mais est-ce que ça ne cache pas une certaine pauvreté de l’édition actuelle ? Ces disques sortent sur de petits labels, souvent de création récente mais qui se sont rapidement faits un nom. Je pense à Soundway, Analog Africa, Honest Jons… Ce sont ces labels-là qui comptent aujourd’hui, bien plus que de grosses pointures plus anciennes. Real World par exemple est plus ou moins tombé dans l’oubli, d’ailleurs la distribution de leurs disques est assez catastrophique.

Quant aux éditions dites “ethniques”, Ocora, Smithsonian Folkways, Inédit (Maison des Cultures du Monde), elles ont fortement diminué le nombre de sorties: il reste sans doute peu de traditions qui n’ont pas encore été enregistrées mais c’est surtout un manque de moyens: moins de ventes, coûts de production élevés.

Tout ça aussi pour dire que mon enthousiasme du début de l’année est un peu retombé face à l’absence de véritable chef-d’œuvre… ce qui ne m’empêchera pas de continuer à parler des sorties récentes, les bonnes et les moins bonnes et à faire mon classement, avec vos contributions, bien sûr !

Qu’en pensez-vous ?