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de A à Z, le monde en musiques


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Arménie (II) – le doudouk

Bien que la plupart des instruments joués dans les ensembles de musique traditionnelle soient d’origine perse, l’Arménie possède un instrument typiquement local, le doudouk. C’est un genre de hautbois à anche double réalisé en bois d’abricotier. Ses sonorités un peu plaintives et mélancoliques l’ont rendu extrêmement populaire en Occident (où il est quasi entré dans le répertoire de la new age – d’où mon désintérêt grandissant). Djivan Gasparyan, l’artiste le plus célèbre, le joue de manière traditionnelle sur de nombreux disques mais a également participé à la création de musiques de film. Celle de Gladiator est sans doute une des plus connues. Moi-même j’ai découvert l’instrument grâce au très beau film d’Atom Egoyan, Calendar, qui m’a donné envie de visiter le pays et ses nombreuses églises. Il y a moyen de voir le film dans son intégralité ici.

Djivan Gasparyan, Shepherd’s Song, en solo:

Hans Zimmer & Djivan Gasparyan, extrait du score de Gladiator:

 


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Sur la platine (Février 2009-I)

Janvier a filé à toute vitesse, février aussi, et je me rends compte que je prends du retard dans cette rubrique mensuelle. Voici donc en quelques lignes les disques qui m’ont marqué récemment et dont certains mériteraient un commentaire bien plus détaillé. Pour certains de ces disques, des extraits sonores sont disponibles en cliquant sur la cote.

Masters of the Sarawakian sape: luth traditionnel de Sarawak (Bornéo / Malaisie) aux rythmes lancinants et envoûtants.

– Lula Côrtes e Zé Ramalho: Paêbiru: composition de 1974 se voulant proche de la nature et des mythes anciens, au chant et rythmes ensorcelants. Un exemple de psychédélisme brésilien.

– Mary Hampton: My mother’s children: chansons néo-folk aux jolies histoires parfois un peu gothiques et pleines de sensualité. A suivre, tout comme le reste du label Navigator, malheureusement très mal distribué en Belgique.

Deux disques laotiens:

– Vongdonti Lao Deum: Dok Champa: mélodies du passé. Laos, Champassak et Laos: musique de l’ancienne cour de Luang Prabang: musiques du sud et du nord du pays, jouées par des orchestres combinant percussions mélodiques et cordes, accompagnés de chant, que l’on peut rapprocher des traditions cambodgiennes et thaïlandaises.  Essentiel pour la discographie laotienne !

Deux compilations pour compléter la série des musiques psychédéliques africaines:

African pearls: Guinée 70 – The discothèque years: orchestres nationaux guinéens intégrant les influences occidentales et cubaines sur des rythmes mandingues.

African pearls: Mali 70 – Electric Mali: âge d’or de la musique malienne – les orchestres s’électrisent et modernisent le répertoire traditionnel bambara. Dansant et hypnotique !

Et en attendant les vacances qui sont encore bien lointaines, un petit avant-goût:

– Sayon Bamba: Mod’vakance: chanson africaine actuelle, légère et dynamique mêlant instruments d’ici et d’ailleurs mais où les traditions guinéennes sont aisément reconnaissables. Rafraîchissant !

Par contre, si vous souhaitez vous replonger dans des ambiances plus sombres et nostalgiques, écoutez:

– Angelo Badalamenti: Twin Peaks. Season 2 music and more: toujours aussi puissant et addictif !

 


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Sur la platine (Septembre 2008 – II)

Sir Victor Uwaifo: Guitar-boy superstar 1970-76: encore du psychédélisme africain,  interprété avec brio.

Hank Williams III: Straight to hell: le personnage est sans doute plus fascinant que la musique, quoique… les références à Hank Williams, son grand-père, sont nombreuses autant dans les chansons que dans le look. Hillbilly ou hellbilly ? Bonne dose de noirceur, de rébellion et d’arrogance.

Alpcologne: Alpha: quel exploit d’enregistrer tout un disque aux cors des Alpes, instruments qui ne sont pas renommés pour leur versatilité ! Dommage que la musique soit accompagnée de vocaux très jazz.

Trois disques aux ambiances mystérieuses, lancinantes, hallucinées:

Kayan Kalhor and Brooklyn Rider: Silent city: voyage musical entre orient (kemanche, musiques perses et kurdes) et occident (quatuor à cordes classique contemporain), hynotique dans le morceau Silent City, commémorant le massacre à l’arme chimique du village irakien de Halabja par Saddam Hussein. Avec une mention pour Niyaz: Nine Heavens: rencontre entre traditions iraniennes, ourdoues et du Khorassan et musique électronique. Album plein d’ampleur.

Max Richter: Valse avec Bachir: score envoûtant, pillant deci-delà Bach ou Nyman, proche parfois du sound design.

Tomandandy: The Strangers: score pour film d’horreur, essentiellement électronique, obsédant, chtonien, aux ambiances qui hantent et oppressent.


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Sur la platine (Septembre 2008- I)

A écouter en ce début de mois de septembre:

Hans Zimmer & James Newton Howard – The dark knight: le film est magnifique, la musique l’est tout autant, les envolées symphoniques largement atonales de Hans Zimmer (toujours aussi reconnaissable) se mariant très bien aux images sombres, les passages légèrement plus joyeux de James Newton Howard s’associant quant à eux au personnage a priori plus positif du “white knight”, le juge Harvey Dent.

George Kuo – O ke aumoe: steel guitar légère et aérienne, à déguster avec un cocktail, pour faire revenir le soleil.

Hillbilly bop, boogie & the honky tonk blues, volume three 1954-1955: troisième de la série déjà, mais toujours aussi dansant ! Répertoire pas très connu mais préfigurant le rock’n’roll.

The Sacred Shakers – The Sacred Shakers: classiques de la country gospel blanche américaine infusés de rythmes honky tonk et rockabilly.  Excellent album, le compagnon idéal du précédent.

A éviter: quelques disques typiques de la “world” au sens péjoratif du terme:

N’Faly Kouyaté and Dunyakan – Tunya: qu’attendre d’un disque où l’artiste est présenté comme rapper, dans une ambiance très soleil et vacances ? pas grand chose donc à part une afropop sans aucune référence à la musique des griots (bien que N’Faly Kouyaté, Guinéen d’origine, joue de la kora) et interprétée avec des musiciens européens qui s’essaient à la musique africaine. Désolant, et pourtant ça plaît.

Ce groupe se retrouve aussi sur la compilation Globo Musica ! World music from Belgium, qui n’offre pas un panorama passionnant. Artistes africains, des Balkans et d’Amérique du Sud (le reste du monde n’intéresse personne en musique, c’est bien connu), pour des compositions plus ou moins traditionnelles et des fusions pas vraiment réussies. L’argument de  vente de l’objet, c’est: “Avec contenu tactile et olfactif !”, avec une feuille de gingko séchée, donc, et un petit commentaire néo hippie de rigueur: “[le gingko] est devenu un symbole de vie, de la continuité se jouant du temps. Une image de sagesse simple et forte, traversant paisiblement un monde en mutation.” Je suis peut-être un peu dure mais j’ai beaucoup de mal avec ce genre de discours (et de musique).

Mediterraneo: livre-cd au packaging attrayant, qui fait de la publicité pour les “Classic International Cruises” (avec bon de réduction et description des bateaux de la flotte) et qui se veut le compagnon idéal de cette croisère, faisant office de guide de voyage mais aussi, entre autres choses, de guide santé (liste des aliments bénéfiques à notre santé). N’essayez pas de lire le livret: le texte a été traduit dans un anglais particulièrement tarabiscoté et incompréhensible. Et la musique me direz-vous ? Et bien, si vous voulez écouter quatre disques de musique fortement arrangée et métissée pour plaire à toutes les oreilles, libre à vous. Moi, je vais voir ailleurs !