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de A à Z, le monde en musiques


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Sur la platine: Afrique (essai de rattrapage II)

Africa. 50 years of music. 50 ans d’indépendances: impressionnant coffret de 18 cd retraçant toutes les musiques africaines avec un livret conséquent. (Discograph, en collaboration avec Sterns et Syllart) 8/10

Rango, Bride of the zar: le rango est un genre de xylophone utilisé au Soudan pour les cérémonies de zar, coutumes religieuses incluant la possession. Le groupe interprète des morceaux sacrés induisant la transe mais aussi le répertoire profane de toute la région en introduisant d’autres instruments tels la lyre simsimiyya et de nombreuses autres percussions. Quelques effets plus modernes sont utilisés, adoucissant  les côtés un peu bruts de la musique mais c’est la tradition et les rythmes répétitifs qui prédominent. (30IPS, en écoute sur We7) 7,5/10

Lobi Traoré, Rainy season blues: dernière session d’enregistrement de l’artiste avant sa mort le 1er juin dernier. Chansons (blues) accompagnées à la guitare acoustique, très simples, sans aucune production mais habitées, pleines de vigueur et de force, au bord de la transe. Ce projet est né suite à la rencontre entre Lobi Traoré et Chris Eckman début 2008 alors que ce dernier était à Bamako pour l’enregistrement du projet Dirtmusic avec les musiciens Touaregs de Tamikrest. Un an plus tard, Traoré enregistrait cet album pour Glitterhouse. Pour tous les amateurs d’Ali Farka Touré et artistes du même genre. (Glitterhouse,en écoute sur We7) 8/10

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Desert music (Sur la platine – Mai 2010 – II)

N’oublions pas les sorties récentes de deux albums de “blues du désert” (appellation un peu fourre-tout mais bien facile pour désigner des musiques du Sahara, souvent interprétées par des Touaregs). Deux albums sans fautes, dans la continuation du précédent pour Etran Finatawa, dans la lignée de Tinariwen pour Tamikrest.

Tamikrest, Adagh: belles guitares, bonne production, un peu répétitif à la longue mais tout comme en Mongolie, la musique prend souvent le rythme du cheval, les airs touaregs prennent celui du chameau ! Leur collaboration avec Dirtmusic est sur ma pile à écouter. Une critique des Inrocks, une de Mowno, l’album sur MusicMe. (Glitterhouse) 7,5/10

Etran Finatawa, Tarkat tajje / Let’s go: 3e album de ce groupe composé de Touaregs et de Peuls Woodabe. Guitares du désert ponctuées de percussions et chants polyphoniques, réflexion sur la condition de l’homme et sa place dans un monde en perpétuelle évolution. L’album sur MusicMe. (Riverboat) 7,5/10


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Sur la platine express (Mars 2010)

En express, des disques dont j’aurais voulu parler et des incontournables:

  • Awon ojisé olorun: popular music in Yorubaland 1931-1952: enregistrements d’archives de la British Library qui donnent une image de la production musicale au Nigéria, alors colonie britannique. Musique sakara des Yoruba, guitaristes de Lagos et origines des groupes de percussion apala.  (Savannahphone) 7,5/10
  • Johnny Cash, American IV: ain’t no grave: même si ce sont des fonds de tiroir, quelques plages très émouvantes. Mon choix personnel: Cool Water (j’adore cette chanson) et Aloha oé. (American Recordings) 7,5/10
  • Ali Farka Touré & Toumani Diabaté, Ali and Toumani: derniers enregistrements d’Ali Farka Touré. Bel album de kora et guitare mais que j’ai peu écouté, et que je n’ai plus trop envie d’écouter… (World Circuit) 7/10
  • Toumast, Amachal: deuxième album résolument rock. Autant j’ai aimé le premier album, autant j’ai détesté celui-ci. Ma cote est catastrophique et résume mes premières impressions. Elle remonterait peut-être un peu si je réécoutais l’album. (Green United Music) 2/10


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Côte d’Ivoire | Mali | Sahara Occidental (Sur la platine – Février 2010 – V)

Difficile de suivre le rythme ! Je prends du retard. Cette fois-ci, donc, deux bons disques et un très moyen.

African pearls 5: Côte d’Ivoire. West african crossroads: le 5e titre numéroté de cette très belle série qui en comprend 10 déjà. Retour sur les musiques de Côte d’Ivoire des années 1960 à 1980. Influences diverses, de la rumba congolaise à la soul américaine en passant par la pop française. Extraits en écoute ici. (Syllart) 7/10

Ballaké Sissoko et Vincent Segal, Chamber music: rencontre entre violoncelle et kora. Musique intime, intimiste, à écouter en fin de soirée, en fin d’une chaude journée d’été ou au coin de feu pour se réchauffer. La kora égrène les notes, le violoncelle les soutient, les souligne, se prend parfois pour un instrument qu’il n’est pas, ses cordes émettant des sons proches de luths africains. Rencontre réussie, aboutie même si je préfère celle où Liu Fang joue avec le même Ballaké Sissoko. Voir aussi la critique de Thierry. En écoute sur deezer. (No Format) 8/10

Group Doueh, Treeg salaam: musique sarahouie, proche du “blues du désert”, avec guitare électrique, luth tidinit, percussion tbal, synthé et chant. Disque qui aurait pu être bon si la qualité des enregistrements avait été meilleure (ils viennent des archives du groupe, de vieilles cassettes audio). Intéressant comme document sur la vitalité des musiques dans cette région. Une critique sur Mondomix. Extraits de l’album ici. (Sublime Frequencies) 5/10


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Algérie | Mali | Guinée Bissau (Sur la platine – Février 2010 – I)

Il y a pas mal de disques dont j’aimerais dire un mot cette semaine, pas toujours parce qu’ils sont excellents mais parce qu’on en parle (10 pour être précise, vous m’excuserez dès lors si mes commentaires sont limités, ce qui me frustre un peu, parce que certains méritent plus, notamment au point de vue contexte). Trois disques africains pour commencer:

Faudel, Bled memory: après la variété française légèrement orientalisante de Mundial Corrida, ce disque marque un retour bienvenu aux sources, un retour au raï. Il ne faut malgré tout pas s’attendre à une tradition pure et dure mais plutôt à un raï pop, variété, avec des morceaux très connus comme Bambino, interprété jadis par Dalida. (Trois plages en écoute sur myspace). 5,5/10

Kandia Kouyaté, Ngara: enregistrements des années 1980 et 90 de la griotte mandingue originaire de Kita au Mali. Excellent disque d’une chanteuse traditionnelle à la voix claire et puissante, accompagnée à la kora, au balafon et au ngoni et très bel exemple de ce style de musique. (Extraits en écoute ici) 8/10

Kimi Djabaté, Karam: ce n’est pas souvent qu’on entend un disque de Guinée Bissau. Kimi Djabaté est guitariste, joueur de balafon et chanteur et propose une musique sur base des traditions. Mais comme souvent avec le label Cumbancha, elle est lissée, retravaillée pour le public occidental, comme si celui-ci n’était pas capable de supporter des choses un peu plus rugueuses. De plus, les notes au dos du livret sont écrites pour attirer le grand public, citant Toumani Diabaté et Cesaria Evora dans la même phrase ! Un sacré plan marketing mais tout ça est un peu facile; écoutez plutôt Kandia Kouyaté. Mais tout le monde n’est pas du même avis: critique de De la lune on entend tout et de Jazz Blues & Co. (Les cinq premières plages sont en écoute sur myspace) 4/10


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Sur la platine (Février 2009-I)

Janvier a filé à toute vitesse, février aussi, et je me rends compte que je prends du retard dans cette rubrique mensuelle. Voici donc en quelques lignes les disques qui m’ont marqué récemment et dont certains mériteraient un commentaire bien plus détaillé. Pour certains de ces disques, des extraits sonores sont disponibles en cliquant sur la cote.

Masters of the Sarawakian sape: luth traditionnel de Sarawak (Bornéo / Malaisie) aux rythmes lancinants et envoûtants.

– Lula Côrtes e Zé Ramalho: Paêbiru: composition de 1974 se voulant proche de la nature et des mythes anciens, au chant et rythmes ensorcelants. Un exemple de psychédélisme brésilien.

– Mary Hampton: My mother’s children: chansons néo-folk aux jolies histoires parfois un peu gothiques et pleines de sensualité. A suivre, tout comme le reste du label Navigator, malheureusement très mal distribué en Belgique.

Deux disques laotiens:

– Vongdonti Lao Deum: Dok Champa: mélodies du passé. Laos, Champassak et Laos: musique de l’ancienne cour de Luang Prabang: musiques du sud et du nord du pays, jouées par des orchestres combinant percussions mélodiques et cordes, accompagnés de chant, que l’on peut rapprocher des traditions cambodgiennes et thaïlandaises.  Essentiel pour la discographie laotienne !

Deux compilations pour compléter la série des musiques psychédéliques africaines:

African pearls: Guinée 70 – The discothèque years: orchestres nationaux guinéens intégrant les influences occidentales et cubaines sur des rythmes mandingues.

African pearls: Mali 70 – Electric Mali: âge d’or de la musique malienne – les orchestres s’électrisent et modernisent le répertoire traditionnel bambara. Dansant et hypnotique !

Et en attendant les vacances qui sont encore bien lointaines, un petit avant-goût:

– Sayon Bamba: Mod’vakance: chanson africaine actuelle, légère et dynamique mêlant instruments d’ici et d’ailleurs mais où les traditions guinéennes sont aisément reconnaissables. Rafraîchissant !

Par contre, si vous souhaitez vous replonger dans des ambiances plus sombres et nostalgiques, écoutez:

– Angelo Badalamenti: Twin Peaks. Season 2 music and more: toujours aussi puissant et addictif !