bruxelles | bangkok | brasilia

de A à Z, le monde en musiques


Leave a comment

Sur la platine: Asia in the 60s and 70s (essai de rattrapage V)

Turkish freakout. Psych-folk singles 1969-1980: musiques psychédéliques, rock anatolien, influences jazz, avec guitares fuzz. Rencontre entre orient et occident, entre traditions et musiques pop rock de l’époque. Artistes connus comme Erkin Koray et stars plus locales, tous présentés dans le livret auquel manque une présentation plus générale de la scène musicale de l’époque. (Bouzouki Joe) 7,5/10

Koes Plus, Dheg dheg plas & Volume two: la suite des enregistrements de ce groupe rock indonésien. Koes Bersaudara devient Koes Plus, incluant trois des membres originaux mais un nouveau batteur, d’où le changement de nom. Groupe extrêmement important et populaire sur la scène locale, interprétant de la musique rock (on les appelait les “Indonesian Beatles”) souvent psychédélique mais aussi des styles locaux. (Sublime Frequencies) 7/10

Persian underground. Garage rock, beat and psychedelic sounds from the Iranian 60’s & 70’s scene: je pourrais en partie recopier le commentaire du disque turc: on retrouve ici aussi un mélange de musiques orientales et occidentales, avec des guitares électriques et des sonorités psychédéliques. Compilation de 45 tours issus d’une scène qui a disparu abruptement. De même, le livret manque un peu d’infos sur le contexte. (Persianna) 6,5/10

(pas d’extraits sonores cette fois-ci – vous trouverez bien seuls !)

Advertisements


4 Comments

Nigeria | Afrique du Sud | Iran (Sur la platine – Septembre 2010 – I)

Au début de l’année, en commençant pleine d’enthousiasme le classement évolutif des disques de musique du monde, j’avais décidé de parler de différents styles de musiques, de différents pays, y compris de cd que je n’appréciais pas trop mais qui avaient une place dans le classement. Vu le peu de succès de cette entreprise (je remercie néanmoins les fidèles commentateurs), autant parler uniquement des disques qui me touchent ! Et si vous voulez absolument que je continue le classement, c’est le moment de crier haut et fort !

Les disques du moment:

The world ends: afro rock & psychedelia in 1970’s Nigeria: excellent disque d’après certains, moyen d’après d’autres (à cause du répertoire plus ou moins similaire déjà trop entendu sur tous les disques consacrés au Nigéria et sortis dernièrement), bref des avis partagés. Et le mien ? Je ne sais pas trop quoi en dire: une musique entraînante, typiquement africaine et en même temps très occidentale, un livret très complet comme toujours chez Soundway, mais pas d’étincelle. (Soundway, en écoute sur we7) 6,5/10

Shangaan electro. New wave dance music from South Africa: vous cherchez des musiques de danse à plus de 180 bpm, les musiciens Shangaan Sud-Africains l’ont fait ! Rythmes ancestraux très rapides, joués aux guitares, marimbas et synthés. C’est en même temps une musique rurale et urbaine, qu’on pourrait quelque part comparer aux Congotronics. Trop répétitif pour certains, ce disque est une des grandes claques de l’année pour moi, provoquant une montée d’énergie et un besoin de danser impossible à réprimer, similaire à des sensations que peuvent avoir les auditeurs de certaines musiques de tranc(s)e. Et avant qu’on ne me reproche de mettre en avant un disque qui n’a pas sa place en musique traditionnelle, je voudrais préciser qu’il s’agit bien ici de traditions, des traditions d’aujourd’hui. La critique de mmarsupilami.  (Honest Jons, en écoute sur we7) 9/10

Ali Reza Ghorbani, Les chants brûlés. Hommage à Rûmî: un disque de musique iranienne sur Accords Croisés ne peut être que bon. Ce label nous a habitué à des productions extrêmement bien réalisées, interprétées, que ce soit des rencontres ou des artistes “solo”. Ici aussi, le chant iranien aux nombreuses ornementations sur des poèmes du mystique persan Rûmî, soutenu par quelques cordes et percussions jouées par des musiciens de la nouvelle génération (tout comme Ghorbani d’ailleurs) nous emmène, nous fait voyager, nous émeut. Peut-être pas une note aussi élevée que le disque précédent: c’est un excellent disque qui peut plaire à un grand nombre de personnes mais je ressens moins d’effet de surprise. (Accords Croisés, quelques extraits sur musicme) 8/10


7 Comments

Persian pop – Nippon pop (Sur la platine – Mai 2010 – II)

Passage un peu brutal des 78 tours juifs à de la pop perse et nippone des années 1960-70: ça aussi c’est Bruxelles-Bangkok-Brasilia !

Pomegranates. Persian pop, funk, folk and psych of the 60s and 70s

Finders Keepers est un label peu connu qui réédite des perles des années 60-70, que ce soit d’Occident ou d’ailleurs. Pomegranates montre la vitalité de la pop iranienne pendant une période de modernisation et d’agitation, à laquelle sera mise un point d’arrêt assez brutal avec le renversement du Shah et la mise en place d’une république islamique en 1979 (tout ça est superbement mis en image dans la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi). Comme dans beaucoup de pays du monde à la même époque, les musiciens iraniens sont influencés par la musique rock occidentale, par le psychédélisme et créent leur propre version, en y ajoutant des éléments locaux, des rythmes ou des instruments particuliers. Les thèmes de prédilection des chansons sont l’amour et le désir d’amour, utilisant métaphores et beaucoup d’émotion. Une très belle compilation (aux notes très complètes) qui montre une face cachée de l’Iran. (Finders Keepers, avec des extraits) 8/10

Voir aussi l’article de Paco.

Nippon girls. Japanese pop, beat & bossa nova 1966-40 

Peu d’éléments typiquement traditionnels japonais, à part la langue mais un disque frais évoquant une période précise de la pop japonaise. Jusqu’en 1965, le Japon écoutait surtout de l’enka, style de chanson très crooner mais ancré dans la tradition japonaise et la jeunesse voulait autre chose, suite à l’invasion des Beatles et de la pop occidentale. De nouveaux groupes rock se créent, mélangeant mélodies de la British Invasion et des Ventures avec des accords dissonants et des mélodies orientales pour former un style de rock typiquement japonais, connu sous le nom de Group Sounds. Cette compilation nous fait découvrir le pendant féminin, la girl-pop de l’époque, chantée autant en japonais qu’en anglais, légère, yé-yé, bossa nova (Girl form Ipanema est le hit du moment). Compilé et annoté par Sheila Burgel, du site Cha Cha Charming consacré à la girl pop internationale. (Big Beat, sous label de Ace, avec des extraits) 8/10


1 Comment

Sur la platine (Septembre 2008 – II)

Sir Victor Uwaifo: Guitar-boy superstar 1970-76: encore du psychédélisme africain,  interprété avec brio.

Hank Williams III: Straight to hell: le personnage est sans doute plus fascinant que la musique, quoique… les références à Hank Williams, son grand-père, sont nombreuses autant dans les chansons que dans le look. Hillbilly ou hellbilly ? Bonne dose de noirceur, de rébellion et d’arrogance.

Alpcologne: Alpha: quel exploit d’enregistrer tout un disque aux cors des Alpes, instruments qui ne sont pas renommés pour leur versatilité ! Dommage que la musique soit accompagnée de vocaux très jazz.

Trois disques aux ambiances mystérieuses, lancinantes, hallucinées:

Kayan Kalhor and Brooklyn Rider: Silent city: voyage musical entre orient (kemanche, musiques perses et kurdes) et occident (quatuor à cordes classique contemporain), hynotique dans le morceau Silent City, commémorant le massacre à l’arme chimique du village irakien de Halabja par Saddam Hussein. Avec une mention pour Niyaz: Nine Heavens: rencontre entre traditions iraniennes, ourdoues et du Khorassan et musique électronique. Album plein d’ampleur.

Max Richter: Valse avec Bachir: score envoûtant, pillant deci-delà Bach ou Nyman, proche parfois du sound design.

Tomandandy: The Strangers: score pour film d’horreur, essentiellement électronique, obsédant, chtonien, aux ambiances qui hantent et oppressent.