bruxelles | bangkok | brasilia

de A à Z, le monde en musiques


4 Comments

Jewish 78rpm (Sur la platine – Mai 2010 – I)

Shbahoth. Iraqi-Jewish song from the 1920’s, 7,5/10

Shir hodu. Jewish song from Bombay of the ’30s, 7,5/10

Ces deux disques ne vont sans doute pas attirer les foules – qui s’intéresse en effet à des musiques juives enregistrées en 78 tours dans les années 1920 et 1930 en Irak et en Inde ? Et pourtant, au-delà de l’importance pour les archives et la recherche, ces enregistrements anciens ont un côté magique, ils donnent l’impression de venir d’ailleurs, ils ont une aura particulière. Et puis, il y a mon intérêt pour l’histoire et les mouvements de population.

Jewish Records s’intéresse, en collaboration avec le label Renair, aux musiques juives disparues ou en voie de disparition. La collection irakienne est comparable au disque chez Honest Jons, Give me love, quoique se limitant uniquement à des disques issus de la communauté juive qui jusqu’au début des années 50 était la plus vieille diaspora, datant de la destruction du Temple à Jérusalem il y a 2500 ans. Depuis, 125 000 Juifs Irakiens ont rejoint Israël. Shbahoth signifie chant de louange; ceux-ci étaient interprétés lors du Sabbath ou pendant fêtes et pèlerinages et accompagné d’un petit ensemble de musiciens où on entend oud et kanun. Les notes de ce volume sont assez réduites mais décrivent chaque plage.

Le livret du disque consacré aux communautés juives de Bombay est bien plus fouillé, expliquant le contexte et les différents morceaux en profondeur. Nous retrouvons à nouveau des chants de louange, des chants paraliturgiques en hébreu issus de différentes traditions juives. Il y avait en effet trois communautés différentes en Inde: les Bene Israël, les Juifs de Bagdad et ceux de Cochin (leur histoire est résumée dans cet article) et chacune avait ses propres mélodies. Il est intéressant de noter que plusieurs des musiciens qui accompagnaient les chanteurs ont également eu une carrière en tant qu’instrumentistes pour des films de Bollywood !

EDIT: D’autres informations et liens sur Jewpop.


1 Comment

Sur la platine (Septembre 2008 – II)

Sir Victor Uwaifo: Guitar-boy superstar 1970-76: encore du psychédélisme africain,  interprété avec brio.

Hank Williams III: Straight to hell: le personnage est sans doute plus fascinant que la musique, quoique… les références à Hank Williams, son grand-père, sont nombreuses autant dans les chansons que dans le look. Hillbilly ou hellbilly ? Bonne dose de noirceur, de rébellion et d’arrogance.

Alpcologne: Alpha: quel exploit d’enregistrer tout un disque aux cors des Alpes, instruments qui ne sont pas renommés pour leur versatilité ! Dommage que la musique soit accompagnée de vocaux très jazz.

Trois disques aux ambiances mystérieuses, lancinantes, hallucinées:

Kayan Kalhor and Brooklyn Rider: Silent city: voyage musical entre orient (kemanche, musiques perses et kurdes) et occident (quatuor à cordes classique contemporain), hynotique dans le morceau Silent City, commémorant le massacre à l’arme chimique du village irakien de Halabja par Saddam Hussein. Avec une mention pour Niyaz: Nine Heavens: rencontre entre traditions iraniennes, ourdoues et du Khorassan et musique électronique. Album plein d’ampleur.

Max Richter: Valse avec Bachir: score envoûtant, pillant deci-delà Bach ou Nyman, proche parfois du sound design.

Tomandandy: The Strangers: score pour film d’horreur, essentiellement électronique, obsédant, chtonien, aux ambiances qui hantent et oppressent.


1 Comment

Give me love ou la redécouverte des archives EMI Hayes (oui, encore des archives !)

Production de l’album “Rubber Soul” des Beatles à l’usine EMI à Hayes, Middlesex – Photo: Keystone/Getty Images

Give me love. Songs of the brokenhearted – Baghdad, 1925-1929 est disque qui correspond entièrement à mes envies de recherches pour le moment, sur plein de sujets différents. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à me concentrer sur un thème précis, et les ressources inépuisables de l’internet ne m’aident pas ! Peut-être que les résultats de ces recherches se retrouvent petit à petit sur ce blog…

Le disque, édité par l’excellent label Honest Jon’s, a été compilé à partir des archives EMI Hayes, qui sont toutes regroupées dans un grand hangar en Angleterre dans le Middlesex. Le genre d’endroit qui doit être un rêve pour les collectionneurs. Tous les morceaux ont été enregistrés à Bagdad et en Irak dans les années 1920, à une époque où l’Irak était sous mandat britannique, par The Gramophone Company (plus tard EMI). Ces séances d’enregistrements devaient être épiques, avec du matériel peu fiable et des matrices très fragiles alors que les routes étaient primitives, et que les voitures avaient une suspension quasi inexistante. Mais le résultat nous donne une très belle image du pays à l’époque, des chansons interprétées par les prostituées aux improvisations à la zurna (un genre de hautbois), en passant par des hymnes juifs.

Lien 1: Honest Jon’s

Lien 2: un article sur les archives EMI Hayes