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Cambodge (V) – today’s pop sounds

Il existe bien évidemment de nombreux chanteurs pop locaux mais quelques groupes plus internationaux  ont sorti de très bons albums. Dengue Fever est composé d’Américains, dont l’ancien bassiste de Radar Bros et d’une chanteuse cambodgienne de Long Beach en Californie, Chhom Nimol. Leur premier album était essentiellement constitué de reprises de pop des sixties mais leur son a évolué vers des compositions propres, restant dans cet esprit de rock psychédélique khmer. Le Cambodian Space Project tourne autour de l’australien Julian Poulson et de la khmère Srey Thy. Leurs albums sont également inspirés du son des sixties. Enfin Krom est le projet de Christopher Minko, un Australien qui travaille depuis des années pour des ONG au Cambodge.

Dengue Fever – 1000 Tears of a Tarantula (Live Groupee Session)

Cambodian Space Project – Bang Bang – I’m afraid of love

Krom – Mango Madness, Monsoon Sadness (interprétée par Minko, mais d’autres chansons du groupe sont chantées par une cambodgienne):


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Obsession cambodgienne III: Electric Cambodia (Sur la platine – Février 2010 – VI)

Dengue Fever presents electric Cambodia. 14 rare gems from Cambodia’s past 

Les personnes qui me connaissent ou qui lisent ce blog depuis longtemps savent que j’ai une certaine obsession cambodgienne. Je ne pouvais donc pas laisser passer ce disque présenté par Dengue Fever, un de mes groupes favoris (sachant aussi que pour tout achat, une partie de l’argent sera reversé à Cambodian Living Arts, qui soutient les artistes cambodgiens).

Les enregistrements datent des années 60 et vont jusqu’à 1975, moment où les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. C’était une période de pleine effervescence (qu’on pourrait comparer à ce qui se passait à Singapour): la jeunesse voulait danser, les artistes s’inspiraient des musiques occidentales tout en les mélangeant à certaines traditions, ce qui donne ce son si particulier.

Le cd comprend des morceaux favoris de Dengue Fever, des morceaux que le groupe a souvent repris d’ailleurs et c’est intéressant d’entendre les originaux. Mais est-ce qu’il s’agit bien des originaux ? Difficile à dire. Les disques d’origine ont soit été cachés pendant plusieurs années soit emmenés par les Cambodgiens qui ont fui le pays. Par la suite, beaucoup de cassettes ont circulé (certains enregistrements n’existent plus que sous cette forme et ça s’entend souvent dans la distorsion pas vraiment d’origine – voir la plage 2, Don’t speak, par exemple) et certaines chansons ont été retravaillées en y ajoutant des synthés. Pour écouter quelques chansons originales, allez voir chez Radiodiffusion.

Quoi qu’il en soit, les très belles voix un peu aigües de Pan Ron et de Ros Sereysothea vous subjugueront, tandis que les guitares vous électrifieront (écoutez par exemple la plage 13, au titre inconnu). Quant à la plage 11, Snaeha, ne vous rappelle-t-elle pas Bang Bang (en écoute ici, avec Flowers in the pond et avec interview de Dengue Fever). (Minky Records) 7,5/10


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Obsession cambodgienne

Depuis la découverte de Dengue Fever, Ros Sereysothea, Sinn Sisamouth et mon voyage sur place, je suis fortement intéressée par tout ce qui est cambodgien. Voici donc une page pour nourrir mon appétit, le vôtre aussi j’espère. Clips, chansons, archives, extraits de radio, tout y est.


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Dengue fever

Si vous aimez Os Mutantes ou la série Ethiopiques, vous aimerez très probablement Dengue Fever (leur page myspace est ici). Vous les avez même peut-être déjà entendus dans le film de Jim Jarmusch, Broken Flowers ou dans la saison 2 de Weeds.

Au Cambodge, dans les années 60 et 70, la musique pop était très populaire. Le pays se voulait moderne et les chanteurs étaient influencés par les hits américains ou français. Les stars du moment étaient Sinn Sisamouth et Ros Sereysothea. Et puis le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent la capitale Phnom Penh. Commencent alors plusieurs années de génocide du peuple, en commençant par les intellectuels, y compris les artistes.

(D’autres liens pour Sinn Sisamouth ici (biographie sur Wikipédia), ici (sur ses derniers jours) et ici (biographie et chansons), et pour Ros Sereysothea: ici (biographie sur Wikipédia) et ici (biographie et chansons).

Mais revenons à Dengue Fever: après un voyage au Cambodge, Ethan Holtzman a ramené des cassettes de musique des années 60-70. Avec son frère Zac, ils vont à la recherche dans la communauté khmère de Long Beach à Los Angeles d’une chanteuse qui pourrait comprendre et chanter les chansons. Ils enregistrent un premier album avec Chhom Nimol, comprenant surtout des covers de hits cambodgiens de l’époque mais ils s’inspirent aussi de l’Ethiopie des années 60-70 (voir le superbe morceau Ethanopium). Dans leur deuxième album, Escape from the dragon house, ils continuent sur leur lancée cambodgienne et commencent à composer leurs propres morceaux toujours chantés en Cambodgien.

Leur dernier album en date, Venus on earth a toujours des sonorités cambodgiennes mais ce ne sont plus des reprises. La musique sonne un peu psychédélique, rétro, avec de forts accents asiatiques et Chhom Nimol est magnifique avec sa voix douce et un peu nasale. Tiger phone card est une référence aux duos de Sisamouth et Sereysothea, modernisant la conversation téléphonique en échange de mails. (Et aurait pu apparaître dans la rubrique “There’s a song in my head”!)

J’aurais aimé ajouter à ce post quelques photos de leur performance au Womex à Séville en octobre passé, un des concerts de l’année pour moi mais elles ont mystérieusement disparu de mon disque dur (argh) !