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de A à Z, le monde en musiques


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Chine (VI) – alternative rock

Difficile d’appréhender le monde du rock alternatif chinois depuis l’Europe mais quelques groupes sortent du lot, notamment de Beijing. Hedgehog chante en mandarin et en anglais et est influencé par Jesus and the Mary Chain, Nirvana ou encore The Ramones. En 2011, le groupe a fait une tournée aux Etats-Unis en première partie de Xiu Xiu. C’est de cette même scène qu’est originaire Hanggai, même s’ils s’inspirent essentiellement des traditions de Mongolie Intérieure. Mais comme j’aime beaucoup ce groupe, ce serait dommage ne pas publier un de leurs morceaux. Et puis aussi Ajinai parce que leur clip se passe loin des steppes.

Hedgehog – The end:

Hanggai – Hong galou:

Ajinai – Grass:

Rendez-vous la semaine prochaine pour les musiques de Chypre !


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Chine (V) – 30’s Shanghai pop

Dans les années précédant l’arrivée des communistes à Shanghai (avant 1949 donc), la ville vivait sous l’influence de l’Occident et de nombreuses chanteuses interprétaient leurs morceaux pour le public des classes moyennes urbaines. Le film In the mood for love a ressorti ce répertoire de l’ombre et diverses compilations sont sorties (parfois avec des versions lounge des chansons). Zhou Xuan était une actrice et chanteuse célèbre et elle a enregistré de nombreuses chansons accompagnées d’orchestres de salon. Li Xianglan était d’origine japonaise, née en Mandchourie, et est devenue la coqueluche du Shanghai des années 40.

Zhou Xuan – Blooming Flowers Full Moon:

Li Xianglan – San nien:


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Chine (IV) – musique classique

Il existe une longue tradition de musique classique chinoise, datant de l’époque impériale. Que ce soit en ensemble ou en solo, les lettrés ont exploré les possibilités de leurs instruments, créant une musique souvent très contemplative. De nombreux artistes continuent cette tradition aujourd’hui, en y ajoutant parfois des éléments plus contemporains. Dans le premier clip, Liu Fang joue de la cithare guzheng. Dans le second, elle marie les sons du luth pipa à la kora malienne de Ballaké Sissoko. Je recommande d’ailleurs son album !

Musica cinese: Liu Fang 02:

Liu Fang – Premiere Rencontre – Pipa , Kora – Le Son De Soie


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Chine (II) – musique de processions

Dans les villages des campagnes, des musiciens accompagnent les événements de la vie quotidienne (funérailles, fêtes dans les temples) lors de processions. Il jouent des instruments sonores comme des hautbois ou des percussions. Dans mon exemple, il s’agit d’un enregistrement en concert mais il donne une bonne idée de la musique.

Hua Family Shawm Band:


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Chine (I) – folklorisme communiste

Pays le plus peuplé au monde, la Chine étend son territoire sur une grande partie de l’Asie de l’Est, des côtes de l’Océan Pacifique aux chaînes montagneuses du Pamir, de l’Himalaya au désert de Gobi. Son histoire est très ancienne et sa culture a imprégné toute la région notamment par l’intermédiaire des religions confucéenne et taoïste et de l’utilisation d’idéogrammes. La route de la soie a eu un rôle important dans la diffusion des instruments et des styles musicaux. Bien que dans les villes ce soient surtout les styles modernes, occidentaux, qui dominent, les campagnes connaissent encore des traditions et des rituels très anciens. La musique des lettrés persiste également malgré une histoire du 20e siècle très mouvementée.

Pour ce premier billet, j’aurais aimé présenter de la musique traditionnelle d’une minorité ethnique mais le choix sur youtube est très limité. J’ai surtout trouvé des chansons transformées, modernisées, accompagnées de belles envolées au synthétiseurs. Le régime communiste chinois (ainsi que bien d’autres) a voulu lisser les traditions, supprimer les particularismes pour créer une pensée unique. Et cela se voit bien dans cette chanson assez pompeuse avec chorégraphie adaptée des Naxi de Lijiang, qui est pourtant à la base un air faisant partie du répertoire traditionnel.

Alili Dance of the Naxi: 

Et en voici une autre du même genre: China Lijiang Naxi music:


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Techniques vocales: le chant de gorge (II)

Après trois disques très traditionnels, voici trois groupes plus connus qui vont plus loin, mêlant le chant de gorge à du rock, de l’expérimentation ou justement qui reviennent à la tradition après être passés par là.

Huun Huur Tu, Ancestors call: Huun Huur Tu est le groupe qui est à la source de la popularisation en Occident des musiques et chant de gorge de Tuva. Certains de ses membres ont fait carrière par la suite dans d’autres formations, comme Albert Kuvezin avec Yat-Kha et en solo, ou Sayan Bapa qui est aujourd’hui producteur de Chirgilchin. Après une longue carrière et de nombreuses collaborations notamment avec le groupe de voix bulgares Angelite, le groupe revient à ses sources, à la musique des ancêtres et prend un nouveau départ sur le label World Village. Aux côtés de Kaigal-ool Khovalyg, Sayan Bapa et Alexey Saryglar, on retrouve l’excellent Radik Tülüsh (ou Tyulyush), également membre à un moment de Yat-Kha. Pas étonnant dès lors que l’on entende les mêmes morceaux en versions différentes chez les différents groupes ! L’esprit d’Ancestors call est plutôt calme et retenu, les plages rythmées laissant plus de place à la sérénité, évoquant la steppe, le vent, la nature, les chamanes. Un disque que je n’ai pas mis dans mon top de l’année étant donné que les deux suivants y sont déjà ! (World Village) 8/10

Hanggai, He who travels far: si le disque d’Hanggai est classé en Chine, c’est parce les membres du groupe viennent de la Mongolie Intérieure chinoise. Le fondateur du groupe jouait dans un groupe punk à Beijing avant de vouloir explorer la musique de ses origines, de ses ancêtres. C’est ainsi qu’il a formé Hanggai dont He who travels far est le deuxième album. Marc Ribot intervient sur un morceau; Ken Stringfellow (R.E.M., Neil Young) est à la production mais pour le reste, les musiciens sont chinois, jouant des instruments traditionnels mongols mais aussi des guitares, banjos ou batteries occidentaux, ce qui donne ce son très rock au disque. Et c’est ça qui me séduit autant, cette manière d’associer harmonieusement deux styles de musiques, peut-être aussi une manière de toucher un public plus grand. Ils ne font pas du sous-Yat-Kha, ils jouent leur propre musique, avec sa propre personnalité. Et pour ces raisons, c’est mon disque de l’année. (Entretemps, il a également obtenu contre toute attente la première place du Classement des Bloggueurs de Music Lodge !) S’ils passent par chez vous, allez les voir, vous ne serez pas déçus. (World Connection, en écoute sur We7) 9/10

Albert Kuvezin and Yat-Kha, Poets and lighthouses: avec ce disque, Albert Kuvezin sort totalement des musiques traditionnelles de Tuva, ne gardant que le chant de gorge. Même son groupe Yat-Kha ne comporte plus aucun des musiciens d’origine; Lu Edmonds est cependant un des proches depuis toujours, ayant été le manager du groupe dans les années 90. Et pourtant, même avec cet accompagnement totalement occidental, rock ou jazz selon les moments, l’album garde toujours l’esprit des steppes. Plusieurs textes sont des traductions de poètes japonais de l’après-guerre, d’autres viennent d’auteurs russes, mi-chantés en mode diphonique mi-déclamés. L’album a été enregistré sur l’île de Jura en Écosse et cela s’entend sur la 10e plage, Talking to the spirit of the mountains, qui est accompagnée de cornemuse écossaise, donnant un ton encore plus mystérieux au chant de gorge. Inventif et passionnant ! (Yat-Kha) 8,5/10