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de A à Z, le monde en musiques


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Cambodge (V) – today’s pop sounds

Il existe bien évidemment de nombreux chanteurs pop locaux mais quelques groupes plus internationaux  ont sorti de très bons albums. Dengue Fever est composé d’Américains, dont l’ancien bassiste de Radar Bros et d’une chanteuse cambodgienne de Long Beach en Californie, Chhom Nimol. Leur premier album était essentiellement constitué de reprises de pop des sixties mais leur son a évolué vers des compositions propres, restant dans cet esprit de rock psychédélique khmer. Le Cambodian Space Project tourne autour de l’australien Julian Poulson et de la khmère Srey Thy. Leurs albums sont également inspirés du son des sixties. Enfin Krom est le projet de Christopher Minko, un Australien qui travaille depuis des années pour des ONG au Cambodge.

Dengue Fever – 1000 Tears of a Tarantula (Live Groupee Session)

Cambodian Space Project – Bang Bang – I’m afraid of love

Krom – Mango Madness, Monsoon Sadness (interprétée par Minko, mais d’autres chansons du groupe sont chantées par une cambodgienne):


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Cambodge (IV) – 60’s pop

Les Khmers Rouges ont interdit la musique, à part les chants officiels patriotiques, et ont poursuivi les musiciens et chanteurs. Il y a un avant et un après, et surtout une certaine nostalgie du passé. Dans les années 1960 et au début des années 1970, c’était l’âge d’or pour la chanson pop. Des chanteurs comme Sinn Sisamouth et Ros Sereysothea interprétaient de la musique traditionnelle, de la pop occidentale, du rock’n’roll, du mambo, de la chanson française… Les disques ont été précieusement conservés par les Khmers et réapparaissent depuis quelques années. Pour trouver des versions non transformées (ajout de synthés et rythme accéléré), la chaîne youtube Cambodian Vintage Music est une excellente source. Un documentaire sur le sujet vient de sortir (je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir) : Don’t think I’ve forgotten.

Ros Serey Sothea – Chnam Oun Dapram Moy (the Best Version), un classique pour commencer !:

Sinn Sisamouth – Champa Battambang, une chanson romantique:

Sinn Sisamouth – Kale Oun Ram Monkeys, un twist:


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Cambodge (III) – ramvong

Le ramvong est une danse populaire, en cercle, et caractérisée par de gracieux mouvements de mains. De nombreux artistes ont interprétés des chansons sur ces rythmes et youtube déborde de clips.

Ramvong Huoy Meas – Im Song Soeum – Chhun Vann, ou trois artistes des années 1960 pour 25 minutes de ramvong:

Ramvong – Khmer ramvong karaoke (Srey Toch Chamnab), ou un exemple tiré d’un des nombreux dvd de karaoké, avec les mouvements de danse:


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Cambodge (II) – danse des apsaras

Il y existe deux styles de danse au Cambodge: le ramvong qui est une danse populaire et la danse classique. Les bas-reliefs d’Angkor montrent les apsaras et les musiciens. Ce ballet classique a survécu jusqu’à aujourd’hui, même s’il a failli disparaître avec les Khmers Rouges. Les danseuses sont accompagnées par l’ensemble pinpeat et les scènes décrites sont souvent issues du Ramayana.

Danses Royales au Cambodge / Royal Ballet of Cambodia (1910):

Ballet royal du Cambodge au Festival de Fès 2010


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Cambodge (I) – chapey

Le Cambodge est un pays d’Asie du Sud-Est bordé par la Thaïlande, le Laos et le Vietnam, et avec un accès à la mer sur le Golfe de Thaïlande. C’est sur son territoire mais aussi bien au-delà de ses frontières actuelles que s’étendait l’empire Khmer du 9e au 14e siècles. Le site d’Angkor redécouvert au 19e siècle en est le vestige le plus important et imposant. Sous protectorat français à partir de 1863, l’état devient indépendant en 1953. S’ensuit une période sous le règne de Sihanouk, puis une période très troublée dès 1970. L’arrivée des Khmers Rouges en 1975 réduit le pays à néant, tuant au passage plus de 20% de la population. Ces dernières années, le pays est devenu une destination touristique prisée et un pays dont je suis moi-même tombée amoureuse. Le nombre d’articles sera donc démesurément grand par rapport à la taille du pays et au nombres de traditions existantes.

Depuis des siècles, des musiciens itinérants allaient de village en village, parcourant les campagnes et interprétant des chansons douces-amères, comiques ou satyriques. Ils s’accompagnaient d’un luth chapey à long manche. Kong Nay est un des seuls maîtres qui a survécu le génocide et aujourd’hui, il fait tout pour partager son art. Des artistes actuels comme Dengue Fever ont collaboré avec lui.

Kong Nay – Khmer chapey, un extrait de 20 minutes d’un concert:

 


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Danse cambodgienne

(photo venant du site de Bozar)

Le Cambodge a une longue tradition de danse: les bas-reliefs finement ciselés d’Angkor en sont la preuve; apsaras (danseuses) et ensembles musicaux ressemblent fortement à ceux d’aujourd’hui. Les cours royales ont de tous temps soutenu la danse, formant les enfants dès leur plus jeune âge. Il existait de nombreux rituels de cour qui demandaient la présence des musiciens de palais et des danseuses, celles-ci étant considérées entre autres comme les messagères vers les divinités. Comme en Inde, les danses sont soit narratives, racontant une histoire (par exemple le Réamker basé sur les histoires du Ramayana), soit de la danse pure. Costumes, coiffes, masques, mouvements identifient les personnages. Elles sont accompagnées par l’ensemble pinpeat, composé de xylophones (roneat), de gongs en bronze (kong vong), de cymbales (chhing), de tambours divers et de hautbois (sralay) auxquels peuvent s’adjoindre un chanteur soliste ou un chœur, en alternance avec les parties instrumentales.

Dans les années 40, la reine Sisowath Kossamak a eu un rôle important dans le renouveau des musiques et de la danse khmère, les débarrassant de siècles d’influences thaïes (la Thaïlande a longtemps régné sur les territoires khmers après le déclin d’Angkor au 16e siècle). Cette tradition a été interrompue par l’arrivée des Khmers rouges qui ont massacré la grande majorité des artistes. Les enregistrements de Jacques Brunet dans les années 60 montrent alors toute leur importance ainsi que l’impulsion donnée par la princesse royale Norodom Buppha Devi, danseuse depuis l’enfance. En exil à Paris, elle continue d’enseigner et dès 1982, elle se rend en Thaïlande dans les camps de réfugiés pour retrouver les danseurs survivants et transmettre son art. Aujourd’hui, la tradition est toujours présente mais risque de se perdre par le peu d’intérêt de la jeune génération plus intéressée par le karaoké.

Le ballet présenté à Bozar le jeudi 14 octobre, La légende de l’apsara Méra, est une chorégraphie de Norodom Buppha Devi.

Discographie:
Les musiques du Ramayana volume 2: Cambodge
Musique classique khmère, théâtres d’ombres, chants de mariage
Cambodge: musiques du palais royal (années soixante…)
Musicians of the National Dance Company, Homrong
L’Orchestre de la Troupe de Danse Classique Khmère, Cambodge: musiques de l’exil
Sam-Ang Sam Ensemble, Echoes from the palace: court music of Cambodia

 


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Obsession cambodgienne III: Electric Cambodia (Sur la platine – Février 2010 – VI)

Dengue Fever presents electric Cambodia. 14 rare gems from Cambodia’s past 

Les personnes qui me connaissent ou qui lisent ce blog depuis longtemps savent que j’ai une certaine obsession cambodgienne. Je ne pouvais donc pas laisser passer ce disque présenté par Dengue Fever, un de mes groupes favoris (sachant aussi que pour tout achat, une partie de l’argent sera reversé à Cambodian Living Arts, qui soutient les artistes cambodgiens).

Les enregistrements datent des années 60 et vont jusqu’à 1975, moment où les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. C’était une période de pleine effervescence (qu’on pourrait comparer à ce qui se passait à Singapour): la jeunesse voulait danser, les artistes s’inspiraient des musiques occidentales tout en les mélangeant à certaines traditions, ce qui donne ce son si particulier.

Le cd comprend des morceaux favoris de Dengue Fever, des morceaux que le groupe a souvent repris d’ailleurs et c’est intéressant d’entendre les originaux. Mais est-ce qu’il s’agit bien des originaux ? Difficile à dire. Les disques d’origine ont soit été cachés pendant plusieurs années soit emmenés par les Cambodgiens qui ont fui le pays. Par la suite, beaucoup de cassettes ont circulé (certains enregistrements n’existent plus que sous cette forme et ça s’entend souvent dans la distorsion pas vraiment d’origine – voir la plage 2, Don’t speak, par exemple) et certaines chansons ont été retravaillées en y ajoutant des synthés. Pour écouter quelques chansons originales, allez voir chez Radiodiffusion.

Quoi qu’il en soit, les très belles voix un peu aigües de Pan Ron et de Ros Sereysothea vous subjugueront, tandis que les guitares vous électrifieront (écoutez par exemple la plage 13, au titre inconnu). Quant à la plage 11, Snaeha, ne vous rappelle-t-elle pas Bang Bang (en écoute ici, avec Flowers in the pond et avec interview de Dengue Fever). (Minky Records) 7,5/10