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de A à Z, le monde en musiques


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Angola (IV) – kuduro

J’aurais pu vous parler de Bonga ou de Waldemar Bastos, tous deux importants dans l’histoire de la musique angolaise mais je préfère développer un genre plus récent (et plus excitant). Le kuduro (littéralement “cul dur”) (1) est un style de musique qui est né aux alentours de 1990 à Luanda et Lisbonne. Cette musique électronique combine des éléments angolais comme la semba et le kizomba, des rythmes de la soca et du calypso des Caraïbes mais aussi de la techno et de la house. Les paroles sont en Portugais angolais ou dans un créole de Kimbundu et de Portugais. Il s’accompagne d’une danse frénétique qui s’inspire des danses locales mais aussi du hip hop. Certains mouvements désarticulés imitent des gestes que pourraient avoir des personnes amputées ou utilisant des béquilles et prothèses. Tony Amado dit avoir inventé cette danse en s’inspirant d’une scène du film Kickboxer avec Jean-Claude Van Damme (voici le clip d’origine) mais je me méfie un peu de ce genre d’explications. C’est le dj français Frédéric Galliano qui en 2006 a mis sur le devant de la scène occidentale ce style de musique avec ses compilations Kuduro Sound System.

Dog Murras – Kissonde, du kuduro angolais

Buraka Som Sistema- Hangover (BaBaBa), groupe basé à Lisbonne

Batida – Alegria: le groupe Batida mélange rythmes du kuduro à des samples de musiques des années 70, à de la semba et de l’electronica.

Rendez-vous lundi prochain pour les musiques d’Antigua-et-Barbuda !


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Angola (III) – années 1970

La grande époque de la musique angolaise, ce sont les années 1960 et 70, avant l’indépendance. Des groupes et chanteurs issus des quartiers pauvres de Luanda, les “musseques”, enregistrent des disques et créent un nouveau son, mélangeant divers styles comme la salsa, le jazz, la rumba congolaise. Les guitares électriques font leur apparition sous l’influence des Beatles, s’associant à des instruments locaux. Jovens do Prenda est un des groupes les plus connus à l’étranger. Sur le morceau Ilha virgem, c’est surtout la guitare qui domine, créant une mélodie accrocheuse.

Jovens do Prenda, Ilha virgem (1974)

Os Kiezos est un groupe de la même époque. La chanson Comboio est un traditionnel, sur un rythme de semba:


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Angola (II) – N’Gola Ritmos

Dans les années 1940, un groupe, N’Gola Ritmos, rassemble toutes les influences disparates de la musique angolaise pour créer un son vraiment propre, spécifique au pays. Leurs chansons sont interprétées en langue Kimbundu, mélangeant des rythmes traditionnels à des mélodies portugaises et du jazz américain. Le leader, Liceu Vieira Dias inquiète cependant les autorités coloniales à cause de son militantisme indépendantiste et est mis en prison avec quelques autres membres du groupe.

N’Gola Ritmos – Manazinha (il s’agit ici d’un enregistrement de la tv de 1964)


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Angola (I) – musique traditionnelle

Pays lusophone reliant l’Afrique francophone du Congo et et l’Afrique australe anglophone, l’Angola est le dernier pays de la région à avoir obtenu son indépendance en 1975 après une lutte qui avait commencé en 1961. Auparavant, il était une colonie portugaise et a toujours eu de nombreux contacts avec l’Europe dès l’époque des grands navigateurs au 15e siècle. Le commerce des esclaves a créé des liens avec le Brésil, ce qui se ressent dans les musiques. Après l’indépendance, le pays s’est retrouvé dans une guerre civile brutale jusqu’en 2002. Aujourd’hui, le pays tente de se relever, notamment grâce à des ressources naturelles importantes (pétrole et diamants) mais il reste parmi les plus pauvres de la planète. Après des années d’oppression, les musiciens recommencent à créer et certains styles se sont répandus internationalement.

Parmi les différentes musiques traditionnelles des peuples d’Angola, celle jouée sur des lamellophones est intéressante. Ce genre d’instrument se serait répandu dans toute l’Amérique Latine où il a pris le nom de marimba. Je n’ai pas vraiment d’informations sur le clip suivant (à part qu’il vient de la région du Kwanza, au nord du pays)  mais cela donne une idée du style local. Il existe quelque vieux LP de musique des différentes ethnies mais aucun n’a été réédité en cd. (1)


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Zambie et Angola (Sur la platine 2011 – VI)

Deux disques d’Afrique australe (ou presque) montrant l’importance des musiques dans les années 70. Influences locales et rock.

Rikki Ililonga & Musi-O-Tunya, Dark sunrise: deux cd et une belle présentation au livret très complet pour du “zam-rock”, un courant très psychédélique né dans les années 70 en Zambie. Rock funk endiablé, avec une voix à la James Brown. (Now Again, en écoute sur We7) 6,5/10

Angola soundtrack. The unique sound of Luanda 1968-1976: même époque mais une musique beaucoup plus mélangée, moins occidentalisée, moins rock. Rythmes locaux comme le semba, kazukuta, rebita, une version angolaise du merengue avec de temps en temps une touche de rock psychédélique, de surf ou de musique cubaine. Extrêmement dansant, chaloupé, tropical. Avec comme toujours un livret très complet, avec interviews actuels des artistes que Samy Ben Redjeb a traqué sur place, non sans quelques difficultés. (Analog Africa, vol.9, en écoute sur Grooveshark) 8,5/10