bruxelles | bangkok | brasilia

de A à Z, le monde en musiques


Leave a comment

Bénin (I) – sixties & seventies

Petit pays d’Afrique Occidentale, le Bénin est bordé du Togo à l’ouest, du Nigéria à l’est et au nord par le Niger et le Burkina Faso. Son indépendance a été proclamée en 1960 et dès 1972, il a connu une période de dictature dirigée par Mathieu Kérékou. Aujourd’hui, c’est un des pays les plus démocratiques d’Afrique. La période la plus productive musicalement parlant est celle des années 1960. Divers artistes et groupes sont influencés par le highlife ghanéen et nigérian, la musique cubaine, la rumba congolaise, la soul américaine et la chanson française. Chaque ville avait son groupe qui jouait dans les clubs, dans une atmosphère très sixties, ouverte au changement. A Cotonou, il y avait l’Orchestre Poly-Rythmo, fondé en 1967 et encore actif aujourd’hui. Leur musique est vraiment intéressante et nous replonge dans cette période très particulière de la post-indépendance. Je pourrais aussi parler d’Angélique Kidjo mais sa musique ne m’intéresse pas vraiment. Il n’y aura donc qu’un article pour le Bénin mais certains disques édités par Analog Africa valent vraiment le détour.

Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou – Houzou Houzou Wa

Rendez-vous la semaine prochaine pour les musiques des Bermudes !

 


Leave a comment

Angola (III) – années 1970

La grande époque de la musique angolaise, ce sont les années 1960 et 70, avant l’indépendance. Des groupes et chanteurs issus des quartiers pauvres de Luanda, les “musseques”, enregistrent des disques et créent un nouveau son, mélangeant divers styles comme la salsa, le jazz, la rumba congolaise. Les guitares électriques font leur apparition sous l’influence des Beatles, s’associant à des instruments locaux. Jovens do Prenda est un des groupes les plus connus à l’étranger. Sur le morceau Ilha virgem, c’est surtout la guitare qui domine, créant une mélodie accrocheuse.

Jovens do Prenda, Ilha virgem (1974)

Os Kiezos est un groupe de la même époque. La chanson Comboio est un traditionnel, sur un rythme de semba:


Leave a comment

Sur la platine: Africa in the seventies (essai de rattrapage III)

Bola Johnson, Man no die: highlife et palm wine music, avec touches d’afro-blues, funk et beat. Interprétant des styles plus anciens que l’afrobeat de Fela Kuti, Bola Johnson a néanmoins eu un rôle assez actif sur la scène musicale de Lagos à la fin des la fin des années 60 et au début des années 70. (Vampi Soul, sur We7, entre autres) 7/10

Segun Bucknor, Who say I tire: afrobeat de la même époque que Fela Kuti, sans avoir rien à envier au maître. Avec textes politiques ou sociaux. (Vampi Soul, sur We7) 6,5/10

Analog Africa No.8: Afro-beat airways. West African shock waves 1972-1979: encore un excellent disque avec livret extraordinaire sur les musiques du Ghana et du Togo dans les années 70. Afrobeat et afrofunk. (Analog Africa) 7,5/10


Même époque mais autre région pour le disque suivant. Moins funk mais non moins entraînant.

D.O. Misiani and Shirati Jazz, The king of history. Classic 1970s benga beats from Kenya: le disque idéal pour comprendre quelle musique a influencé des groupes comme Vampire Weekend. Le benga, style très populaire dans les années 50-70, est une musique jouée par le peuple Luo du Kenya, intégrant des rythmes de guitare assez hypnotiques et frénétiques et ponctués par des lignes de basse syncopées. D.O. Misiani et le Shirati Jazz sont des interprètes très importants pour leur époque et c’est une belle compilation de leur répertoire (accompagnée d’un livret soigné) que propose ici le label Sterns. (Sterns Africa, sur We7) 8,5/10


6 Comments

Cuba | Colombie | Pérou (Sur la platine – Juin 2010 – III)

Je croule sous les rééditions de musiques des années 60-80. Voici un premier article pour l’Amérique latine, un second suivra pour l’Afrique. A l’écoute de ces disques, il y a une constante: les rythmes locaux se mélangent à des musiques occidentales, pop, funk, jazz et africaines pour créer de nouveaux styles.

Cuba

Si para usted. The funky beats of revolutionary Cuba vol. 1 et vol. 2: du début des années 70 aux années 80, Cuba vivait une époque importante dans son évolution musicale. Le régime avait créé des écoles de musique, les musiciens étaient payés comme des fonctionnaires et les labels étaient nationalisés mais en même temps dans ce cadre-là, il y avait un courant de liberté artistique, de créativité, d’expérimentation.  Ces deux compilations reflètent cette période avec des morceaux qui s’inspirent des musiques cubaines et y introduisent des éléments des productions internationales, en s’intéressant surtout aux morceaux les plus funk, afros. Pour amateurs de funk ! (Waxing Deep, en écoute en partie sur Grooveshark) 7/10 pour les deux.

Colombie

Anibal Velasquez y su Conjunto, Mambo loco: cumbia, guaracha, pompo, guajira et rythmes africains interprétés par cet accordéoniste légendaire des musiques tropicales. Musiques pleines de tensions, aux rythmes frénétiques, aux percussions assez sèches et avec une belle place pour l’accordéon. Première incursion du label Analog Africa en dehors de l’Afrique, avec comme toujours une présentation très soignée. A écouter et réécouter sans discontinuer. (Analog Africa, des dizaines de morceaux de lui en écoute sur youtube) 8,5/10

The afrosound of Colombia vol. 1: deux disques de musique des années 60 et 70 éditées à l’origine sur le label Discos Fuentes (comme quasi toute la musique de l’époque en Colombie) s’intéressant au côté funky, afro, chaud, comique, inattendu des styles locaux comme la salsa, la cumbia, le boogaloo etc. Une production Vampi Soul, avec livret de plus de 30 pages ! (Vampi Soul, quelques extraits ici) 7,5/10

Pérou

Cumbia beat vol. 1: le sous-titre annonce la couleur:  ” Experimental guitar-driven tropical sounds from Peru 1966 1976″. La cumbia péruvienne est mieux connue sous le nom de “chicha” et est, comme en Colombie, un mélange de genres tropicaux (merengue, guaracha, rumba et bien sûr de cumbia) avec du rock psychédélique sixties et certains rythmes des Andes. Impossible de résister à ce disque qui profite une fois de plus d’une très belle présentation et d’un gros livret. (Vampi Soul, en écoute sur deezer) 8,5/10


Leave a comment

Musique psychédélique du monde: Afrique de l’Ouest

Autant il fallait fouiller pour trouver des musiques psychédéliques d’Amérique Latine, autant l’inondation guette pour l’Afrique de l’Ouest, surtout depuis les nombreuses sorties de cd des dernières semaines. Ma liste se limitera donc à ces très bons disques de différents labels, tous accompagnés de livrets très complets. Je creuserai plus tard les discographies de chaque pays pour compléter ce sujet.

Nigeria special. Modern highlife, afro-sounds & Nigerian blues 1970-6, Nigeria disco funk special. The sound of the underground Lagos dancefloor 1974-79 et Nigeria rock special. Psychedelic afro-rock & fuzz funk in 1970s Nigeria sont trois compilations du label Soundway qui avait déjà sorti d’excellents disques sur la Colombie, le Panama ou le Ghana. Rencontre entre les styles locaux et les influences rock et funk internationales. Très beau travail de collectage et de restauration de vinyles, présentant des morceaux inédits.

Nigeria 70 – Lagos jump. Original heavyweight afrobeat highlife & afro-funk édité sur le label Strut (un premier volume comprenait 3 cd) s’intéresse à différents styles existant au Nigéria à côté de l’afrobeat de Fela Kuti. Entre jazz, afro-funk et juju, les rythmes se mélangent et les styles fusionnent.

Et pour terminer, le meilleur de la série d’après moi, bien qu’ils soient tous excellents: African Scream Contest. Raw and psychédélic afro sounds from Benin and Togo 70s (le 3e cd de la série Analog Africa, du label du même nom) s’intéresse aux artistes méconnus de pays peu connus: le Bénin et le Togo, pendant les années 70. Samy Ben Redjeb, le propriétaire du label, est arrivé à Cotonou en 2005 pour chercher des disques, et il en a trouvé ! Dès les premiers jours, il envoyait chez lui 3500 vinyles qu’il avait pu acheter à un de ses contacts. Par la suite, il retournera plusieurs fois au Bénin pour retrouver les artistes et les interviewer. Le livret, parsemé de magnifiques photos d’époque relate tout cela. La musique quant à elle est extraordinaire, mêlant rythmes vaudou à la soul de James Brown avec guitares hurlantes et chants inspirés, de El Rego et ses Commandos, Vincent Ahehehinnou ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou.

[Lien 1: le site du label Soundway et un site de fans avec extraits musicaux et clips]

[Lien 2: le site du label Strut, avec clips]

[Lien 3: Analog Africa sur Blogger, et sur Myspace, avec extraits musicaux]