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de A à Z, le monde en musiques


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Allemagne (V) – world beat

Pour le dernier article de la série, j’aurais pu parler de groupes festifs comme 17 Hippies ou Polkaholix mais j’ai beaucoup de mal avec ce genre de musique. Avec la “world beat” aussi en fait. Sauf quand il s’agit des Dissidenten. Ce groupe actif des années 1980 à aujourd’hui a mélangé les traditions, essentiellement nord-africaines et indiennes, créant une musique bien à eux.

Dissidenten, Fata Morgana:

Rendez-vous la semaine prochaine pour les musiques de la principauté d’Andorre !

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Allemagne (IV) – Bavière: alpine rock

Qui dit Bavière pense aux montagnes, aux lederhosen et dirndl,  à la bière qui coule à flots et aux yodels (comme dans l’article précédent). Il n’est pas étonnant que la musique de la région soit souvent jouée par des ensembles de cuivres et qu’il y ait de nombreux groupes folkloriques habillés de magnifiques costumes assortis. Et pourtant, dans les années 1990, certains groupes comme Hundsbuam (Miserablige) se sont inspirés de ce qui se faisait en Autriche pour créer leur propre version d’alpine rock. Ils ont décidé de jouer les ländler locaux (une danse) dans un style heavy metal punk, avec des guitares électriques. Ils chantent dans le dialecte local et ont surtout beaucoup d’énergie. Dommage qu’il n’y ait pas beaucoup d’exemples disponibles en vidéo ! D’autres groupes du même mouvement seront probablement évoqués quand l’Autriche et la Suisse seront à l’honneur.

Hundbuam, Auusis:


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Allemagne (III) – yodel

Je vous avais promis du yodel. En voici donc. L’Allemagne est le premier pays sur la liste avec un vraie tradition de yodel, qu’elle soit pure, chantée dans les montagnes dans le but de communiquer ou qu’elle soit folklorique. Franzl Lang est le Jodlerköning: sous ses airs de chanteur de schlager, il a un talent immense  et une technique impeccable mais il faut faire abstraction de toutes les couches en trop. Écoutez donc ce morceau sur le classique thème du coucou !

Franzl Lang – Der Kuckucksjodler

Et comme cela ne suffit pas, je vous propose aussi un magnifique morceau d’eurotrash. La description de Bart Plantenga dans Yodel in hi-fi ne peut que vous donner envie (p.174): “K2 is Bavaria’s euro-house, fake-folk, trash disco duo of Nina Poethen and rapper Martin Pelz. Their hit “Der Berg Ruft” is an insane ratatouille of ecstasy-inspiraled musical samples, including Karl Valentin calling “Der Berg Ruft!” (the mountain’s calling), melodies supposedly ripped from Kiss’s “Was Made for Lovin’ You”, plus plenty of yodels to ensure serious levity.”

K2 – Der Berg Ruft (1994)

Je suppose que maintenant, vous m’en voulez très fort et que vous n’écouterez plus jamais de yodel…  Soit… Mais sachez que j’ai encore plein de bonnes choses en réserve pour plus tard !


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Allemagne (II) – 70’s folk

L’Allemagne n’a pas échappé au revival folk des années 1960 et 70 mais beaucoup de groupes ne retrouvant le chemin des traditions locales se sont tournés vers du folk ou du blues anglo-américains. Ougenweide, un groupe de Hambourg, s’est basé sur des textes littéraires allemands et a composé une musique folk rock progressive inspirée des anglais de Fairport Convention ou Pentangle (wikipedia parle de “folk rock médiéval”). La chanson Willkommen commence (évidemment) avec une flûte à la Jethro Tull (en général, je suis déjà partie là) mais une fois que les guitares électriques prennent le dessus, le morceau devient tout à fait écoutable. Oui, c’est typique d’une époque mais pas mauvais pour cela. Typiques aussi sont les looks des musiciens, cheveux longs bien plats, tuniques ou robes ethniques et gilet en cuir (pas de mouton retourné cette fois-ci). Il ne faut pas sous-estimer ce genre de groupe: leur chanson Merseburger Zaubersprüche a été reprise par le groupe de metal In Extremo (en live, parce c’est toujours mieux de voir les musiciens !).

Ougenweide • Willkommen (1976)


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Allemagne (I) – cabaret

Autant j’étais en manque d’idées pour les musiques algériennes autant il m’a fallu peu de temps pour en trouver pour l’Allemagne alors qu’a priori, ce n’est pas un pays connu pour ses musiques traditionnelles. D’ailleurs, ce ne sont pas des traditions en tant que telles que je vais publier ici mais plutôt un éventail de musiques que je trouve intéressantes à citer, allant du cabaret à une certaine fusion world.

Quand on pense à Berlin, on voit très vite les images des cabarets enfumés de l’entre-deux-guerres, sans doute sous l’influence de Marlene Dietrich et du film Cabaret justement. Je ne supporte plus l’esthétique et les chansons de ce film, trop utilisée dans n’importe quel spectacle burlesque mais il existe bien d’autres choses.

Ambiances de fin de soirée un peu glauques, liberté d’expression et sexualité étaient les ingrédients principaux, surtout au début du 20e siècle.

Claire Waldoff est une artiste et chanteuse connue de Berlin pendant les années 1910 et 20. Elle vivait avec son amie Olga von Roeder et rencontrait souvent d’autres lesbiennes au Damenklub Pyramiden. Avec la montée du nazisme, son succès est retombé et elle a quitté Berlin en 1939 pour ne plus jamais monter sur scène.

Claire Waldoff – Ach Gott Was Sind Die Männer Dumm (Mon dieu, que les hommes sont bêtes)

J’aurais aimé associer ce clip à un morceau d’une chanteuse de cabaret actuelle mais je n’ai pas trouvé de lien audio ou vidéo. Pourtant Ich hab meinen mann geschlachtet (J’ai trucidé mon mari) de Scarlett O’, aussi lesbienne, aurait bien convenu !


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Sur la platine (Septembre 2008 – II)

Sir Victor Uwaifo: Guitar-boy superstar 1970-76: encore du psychédélisme africain,  interprété avec brio.

Hank Williams III: Straight to hell: le personnage est sans doute plus fascinant que la musique, quoique… les références à Hank Williams, son grand-père, sont nombreuses autant dans les chansons que dans le look. Hillbilly ou hellbilly ? Bonne dose de noirceur, de rébellion et d’arrogance.

Alpcologne: Alpha: quel exploit d’enregistrer tout un disque aux cors des Alpes, instruments qui ne sont pas renommés pour leur versatilité ! Dommage que la musique soit accompagnée de vocaux très jazz.

Trois disques aux ambiances mystérieuses, lancinantes, hallucinées:

Kayan Kalhor and Brooklyn Rider: Silent city: voyage musical entre orient (kemanche, musiques perses et kurdes) et occident (quatuor à cordes classique contemporain), hynotique dans le morceau Silent City, commémorant le massacre à l’arme chimique du village irakien de Halabja par Saddam Hussein. Avec une mention pour Niyaz: Nine Heavens: rencontre entre traditions iraniennes, ourdoues et du Khorassan et musique électronique. Album plein d’ampleur.

Max Richter: Valse avec Bachir: score envoûtant, pillant deci-delà Bach ou Nyman, proche parfois du sound design.

Tomandandy: The Strangers: score pour film d’horreur, essentiellement électronique, obsédant, chtonien, aux ambiances qui hantent et oppressent.


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Einstürzende Neubauten à l’AB

Mercredi passé, j’étais de mauvaise humeur. Plein de petites contrariétés dans la journée, puis plus trop envie de sortir le soir. Mais les tickets pour le concert d’Einstürzende Neubauten étaient achetés depuis des mois et le concert était sold out. Je ne pouvais pas ne pas y aller.

La bonne idée de mon compagnon, c’était d’aller s’installer sur les gradins; nous étions bien assis dans des fauteuils moelleux. ça fait un peu papy-mamy, mais c’est juste ce qu’il fallait: le son était parfait, la vision quelque peu lointaine mais pas dérangée par des géants, et le confort total.

Je n’avais plus écouté le groupe depuis des années, j’avais le souvenir de beaucoup de bruit mais aussi de chansons mélodieuses. Blixa Bargeld a commencé le concert en crooner, costume noir et chapeau compris (ou était-il plutôt un prédicateur, ou un maquereau ?). Sa voix grave m’a fait fondre (pas lui, il ne faut pas exagérer, même si je n’ai rien contre les petits ventres !), la musique était sans concession, l’ambiance réminiscente de la vieille Allemagne des cabarets, les textes empreints de pans de la culture européenne (références à Walter Benjamin). Le décor ressemblait à un espèce de bric à brac, avec de grandes lampes rouges et l’orchestration était aventureuse: une basse jouée comme telle (ou presque, le vibromasseur était de la partie) (Alexander Hacke de Crossing the Bridge), une guitare tripotée à la visseuse ou autres ustensiles (Jochen Arbeit), un synthé et un ordinateur (un Macbook vieux modèle) (l’australien Ash Wednesday), et des percussions allant puiser sur du matériel de chantier: un genre de gamelan en tubes de canalisations (qui donne un son parfois tribal à certains morceaux), des clous tombant d’un grand réceptacle, un ressort tendu (le premier de leurs instruments bricolés), des plaques de métal (Andrew Chudy et Rudolf Moser). Le tout était entrecoupé de commentaires parfois blagueurs (le groupe serait venu à l’AB en 1965 en première partie de Jacques Brel), parfois commerciaux de Blixa Bargeld (le groupe a quitté tout label de disque et vit des ventes des cd, le dernier d’ailleurs est sorti grâce aux contributions des fans).

Le concert a duré deux heures, deux heures de plaisir pour une salle extrêmement enthousiaste. Die Befindlichkeit des Landes (avec le mot Melancholia répété), joué au milieu du concert, a bien valu une minute complète d’applaudissements ! Après un premier rappel, la salle n’a pas voulu les laisser partir. Le groupe s’est alors pris au jeu, littéralement: Blixa Bargeld est monté sur scène avec un sac rempli de cartes aux indications cryptiques. Chaque musicien en a tiré trois au sort, et le groupe s’est lancé dans une improvisation très réussie. On se rend alors compte quelle est leur manière de travailler pour composer leurs musique. Le cd Jewels reprend d’ailleurs cette technique et contient un documentaire expliquant tout ça.

Einstürzende Neubauten est un groupe qui a bien vieilli et qui est toujours crédible, qui a évolué avec son temps et qui peut plaire. Résultat: je suis sortie de là de bien meilleure humeur et mes soucis étaient oubliés !