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de A à Z, le monde en musiques


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Algérie (VI) – Rock el casbah !

Cheb Mami, Cheb Khaled, etc… je ne connais pas assez bien leur répertoire pour publier une chanson ici. Je ne m’y intéresse pas trop d’ailleurs, ayant été submergée de disques de mauvaise qualité pendant des années. Mais je ne voudrais pas terminer juste comme ça, je vous propose donc une dernière chanson, une reprise des Clash par Rachid Taha, un musicien algérien qui en fait n’a pas grand chose à voir avec le raï et qui est plus proche du rock.

Rachid Taha, Rock el casbah

Rendez-vous lundi prochain pour les musiques d’Allemagne !

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Algérie (V) – proto-raï des années 1970

Au milieu des années 1960, Johnny Halliday donne un concert à Oran et le succès du yé-yé mais aussi des Beatles ou de James Brown est grandissant. De jeunes musiciens algériens s’en inspirent et veulent mettre les musiques traditionnelles au goût du jour, en intégrant les influences du monde entier. Ils utilisent des instruments modernes et réinterprètent les musiques. Bellamou Messouad remplace la flûte gasba par la trompette, Cheb Zergui introduit la guitare électrique tandis que d’autres introduisent les synthétiseurs. Je dois bien avouer que ce raï me parle bien plus que ce qui a été fait plus tard, dans les années 1990.

Ensemble Bellemou & Bouteldja, Inta Âkli (1976)

Cheb Zergui – Ana Dellali


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Algérie (IV) – cheikhas et les origines du raï

Les cheikhas sont ces femmes qui se sont tournées vers la musique pour tenter de survivre à une vie difficile. Leur musique est souvent rude, inspirée des traditions rurales, accompagnées de percussions et de flûtes gasba. C’est ce style de chanson qui est à l’origine du raï moderne.

Cheikha Remitti est un personnage incontournable, tant par la longévité de sa carrière que par son talent. Née en 1923 et très vite orpheline, elle survit d’abord en faisant le ménage dans des familles françaises puis intègre une troupe de musiciens itinérants. La vie est difficile entre les disettes et les épidémies. En 1952, elle enregistre ses premiers trois titres pour Pathé-Marconi. Elle connait ses premiers succès deux ans plus tard avec notamment Charrak, Gattaa (Déchire, lacère) dont les paroles invitent au plaisir et à la perte de la virginité. Ses textes sont souvent crus et provocateurs. Depuis sa production a été pléthorique même si la consécration internationale a dû attendre la publication de l’album Nouar en 2000.

Charrak, Gattaa (dont l’image du clip n’a rien à voir je n’ai pas trouvé d’autres versions)

Nouar, une chanson récente (2000), avec une belle production et quelques touches d’électronique, sur l’album qui m’a permis de découvrir l’artiste:

et enfin Sidi Mansour, parce que c’est totalement différent, un mélange réussi de raï et de rock datant de 1994 (avec notamment Robert Fripp et Flea)

  • Cheikha Remitti, Nouar (différents labels, première édition 2000)
  • Cheikha Remitti, Sidi Mansour (différents labels, première édition 1994)


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Algérie (III) – Oran

La ville d’Oran, située stratégiquement sur la Méditerranée a toujours été un lieu où les cultures se sont mélangées. Dans les années 1950, des musiciens créent un style de musique qui intègre chaabi et poésie bédouine mais aussi chanson égyptienne et française, chanson latino-américaine et jazz venant des disques laissés là par les soldats américains.

Blond Blond, N’oublie pas tes amis ou une chanson française aux sonorités inspirées du tango.


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Algérie (II) – chaabi

Le chaabi est une musique urbaine populaire qui nait au 20e siècle dans la région d’Alger et qui s’inspire de la musique arabo-andalouse mais aussi de formes de poésie berbère. Le chant est accompagné de percussions et d’instruments à cordes comme la mandole ou le banjo, ou même du piano. El Hadj M’hamed El Anka est un des premiers musiciens à avoir interprété ce style, intégrant le dialecte d’Alger et des sonorités locales.

El Hadj M’hamed El Anka – El H’Mam:


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Algérie (I) – musiques classiques

Grand pays du Maghreb, l’Algérie offre un panorama de musiques très variées, allant des plus classiques au mouvement raï, quelque peu essoufflé aujourd’hui, et passant par de nombreuses traditions locales. Bref, ma tâche n’est pas facile et je dois bien avouer que je m’y perds un peu mais comme le but n’est pas l’exhaustivité, je choisirai quelques musiques qui me semblent plus intéressantes. La page wikipédia permettra de compléter les informations.

Selon Frank Tenaille (1), il existe trois grandes familles musicales qui ont des rapports assez étroits entre elles: une musique savante urbaine, une musique populaire urbaine et une musique rurale.

La musique savante urbaine trouve ses origines dans la musique classique arabo-andalouse qui s’est diffusée dans tout le Maghreb à la fin du 15e siècle. Elle suit un système de modes et de tons assez codifié, celui des noubas et peut être autant instrumentale que chantée. En Algérie, il existe trois écoles: celle de la sanaa à Alger, celle du gharnati à Tlemcen et celle du malouf de Constantine.

Difficile de trouver un clip pas trop long, avec une qualité sonore pas trop mauvaise, parmi une pléthore de possibilités. Même la discographie est plutôt ancienne, d’où l’absence de référence ci-dessous. J’ai finalement opté pour Simone Tamar (dont on ne verra que la pochette du disque) qui chante un morceau issu du répertoire du malouf de Constantine.

  • (1) Frank Tenaille, Le raï (livre-disque Actes Sud/Cité de la Musique, 2002)


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Algérie | Mali | Guinée Bissau (Sur la platine – Février 2010 – I)

Il y a pas mal de disques dont j’aimerais dire un mot cette semaine, pas toujours parce qu’ils sont excellents mais parce qu’on en parle (10 pour être précise, vous m’excuserez dès lors si mes commentaires sont limités, ce qui me frustre un peu, parce que certains méritent plus, notamment au point de vue contexte). Trois disques africains pour commencer:

Faudel, Bled memory: après la variété française légèrement orientalisante de Mundial Corrida, ce disque marque un retour bienvenu aux sources, un retour au raï. Il ne faut malgré tout pas s’attendre à une tradition pure et dure mais plutôt à un raï pop, variété, avec des morceaux très connus comme Bambino, interprété jadis par Dalida. (Trois plages en écoute sur myspace). 5,5/10

Kandia Kouyaté, Ngara: enregistrements des années 1980 et 90 de la griotte mandingue originaire de Kita au Mali. Excellent disque d’une chanteuse traditionnelle à la voix claire et puissante, accompagnée à la kora, au balafon et au ngoni et très bel exemple de ce style de musique. (Extraits en écoute ici) 8/10

Kimi Djabaté, Karam: ce n’est pas souvent qu’on entend un disque de Guinée Bissau. Kimi Djabaté est guitariste, joueur de balafon et chanteur et propose une musique sur base des traditions. Mais comme souvent avec le label Cumbancha, elle est lissée, retravaillée pour le public occidental, comme si celui-ci n’était pas capable de supporter des choses un peu plus rugueuses. De plus, les notes au dos du livret sont écrites pour attirer le grand public, citant Toumani Diabaté et Cesaria Evora dans la même phrase ! Un sacré plan marketing mais tout ça est un peu facile; écoutez plutôt Kandia Kouyaté. Mais tout le monde n’est pas du même avis: critique de De la lune on entend tout et de Jazz Blues & Co. (Les cinq premières plages sont en écoute sur myspace) 4/10