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de A à Z, le monde en musiques


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Sur la platine – Janvier 2012

Une nouvelle formule de “Sur la platine”: une par mois, avec quelques commentaires sur les disques que j’ai trouvés intéressants le mois écoulé.

I listen to the wind that obliterates my traces: livre-cd édité par Dust To Digital, compilé par Steve Roden. Old time, gospel et musique hawaïenne enregistrés essentiellement dans les années 20 et 30, accompagnés de photographies anciennes en rapport avec la musique. Très bel objet à feuilleter tout en écoutant une musique d’un autre temps. (Dust To Digital)

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Del’s Jazz Biguine, Les années Ritmo, Paris 1951-1953: Eugène Delouche était un clarinettiste antillais écumant les clubs du Paris de l’après-guerre, où il interprétait un vaste répertoire de biguines, valses et mazurkas créoles mais aussi de jazz et de musiques latino-américaines. Intégrale des enregistrements pour le label Ritmo. Quelque peu désuet mais très plaisant. (Frémeaux & Associés)

Melingo, Corazón & hueso: nouvel album du chanteur argentin à la voix profonde et grave. Tangos sombres et intenses, romantiques et intimistes, tragiques, violents, un style que Melingo définit lui-même par “prototango”. (World Village)

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The original sound of cumbia. The history of Colombian cumbia & porro as told by the phonograph 1948-79: toute l’histoire de deux styles colombiens importants, la cumbia et le porro, expliqués en deux cd. Présentation soignée et disque dansant à souhait. (Soundway)

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Opika pende. Africa at 78 rpm: quatre cd de musique africaine retranscrite depuis des 78 tours édités entre 1909 et le début des années 1960. Un très bel objet, bien documenté, venant du label Dust To Digital. Indispensable pour étudier l’histoire des styles africains et entrevoir leur diversité. (Dust To Digital)

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Ablaye Ndiaye Thiossane, Ablaye Ndiaye Thiossane: après 50 ans de carrière dans divers grands groupes de musique sénégalaise, Ablaye Ndiaye Thiossane sort enfin à 76 ans son premier album solo. Et c’est avec plaisir qu’on écoute son mélange de musiques afro-cubaines et de rumba africaine ! (Syllart)

Lucy Ward, Adelphi has to fly: la scène folk anglaise est extrêmement vivante aujourd’hui et ce disque en est un très bon exemple. Lucy Ward, jeune chanteuse, guitariste et joueuse de concertina (un petit accordéon) originaire du Derby interprète des chansons traditionnelles et des compositions délicates mais poignantes (souvent sur le sujet de la mort). (Navigator)

La reprise du mois: Les Charbonniers de l’Enfer, Le vent nous portera

Le morceau que j’ai le plus écouté ce mois-ci: Cambodian Space Project, A go-go (clip tourné pendant mes vacances à Bangkok)

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Electronic Africa (Sur la platine 2011 – VIII)

(article écrit en janvier, mais dont la publication a traîné pour différentes raisons, notamment une certaine paresse par rapport à la recherche des images et des liens pour les écoutes)

Deux approches différentes de l’hybridation, du métissage:

Tradi-mods vs rockers: ou comment le monde indé – électro – avant-gardiste – dub occidental en quête de nouvelles idées se réapproprie les musiques du Congo qui avaient déjà une bonne dose de rock en elles ! Histoire d’allers et retours constants entre les musiques. Remixes et réécriture de congotronics, de ces musiques créées avec deux bouts de ficelle par des groupes comme Konono N°1 ou Kasai Allstars. Quelle version préférer, les originaux ou les remix ? Je dois dire que j’ai un faible pour les albums originaux même si une série de morceaux des “rockers” arrivent à me séduire. Je pense que le problème vient du rassemblement d’autant d’artistes différents sur un même disque (deux en fait) et qu’il est souvent difficile dans ce cas d’avoir une cohérence complète. (Merci à David pour ses précieux renseignements sur le milieux rock et l’inspiration pour cet article !) (Crammed, en écoute sur Deezer) 7/10

Radioclit presents the sound of Club Secousse vol.1: avec ce disque, la démarche est inverse. Le disque est compilé par un dj occidental mais les musiques sont créées partout en Afrique, par des artistes qui s’inspirent des rythmes locaux pour en faire une musique dansante qui plaît localement et mondialement. Cette compilation montre aussi que si on choisit bien les morceaux, on est loin d’une techno cheap occidentalisée. Des disques comme Shangaan Electro ou les compilations de kuduro ont ouvert la voie, voici un nouveau cd qui montre l’extrême vitalité des musiques en Afrique. (Crammed, en écoute sur Deezer) 7/10


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Sur la platine: Afrique (essai de rattrapage II)

Africa. 50 years of music. 50 ans d’indépendances: impressionnant coffret de 18 cd retraçant toutes les musiques africaines avec un livret conséquent. (Discograph, en collaboration avec Sterns et Syllart) 8/10

Rango, Bride of the zar: le rango est un genre de xylophone utilisé au Soudan pour les cérémonies de zar, coutumes religieuses incluant la possession. Le groupe interprète des morceaux sacrés induisant la transe mais aussi le répertoire profane de toute la région en introduisant d’autres instruments tels la lyre simsimiyya et de nombreuses autres percussions. Quelques effets plus modernes sont utilisés, adoucissant  les côtés un peu bruts de la musique mais c’est la tradition et les rythmes répétitifs qui prédominent. (30IPS, en écoute sur We7) 7,5/10

Lobi Traoré, Rainy season blues: dernière session d’enregistrement de l’artiste avant sa mort le 1er juin dernier. Chansons (blues) accompagnées à la guitare acoustique, très simples, sans aucune production mais habitées, pleines de vigueur et de force, au bord de la transe. Ce projet est né suite à la rencontre entre Lobi Traoré et Chris Eckman début 2008 alors que ce dernier était à Bamako pour l’enregistrement du projet Dirtmusic avec les musiciens Touaregs de Tamikrest. Un an plus tard, Traoré enregistrait cet album pour Glitterhouse. Pour tous les amateurs d’Ali Farka Touré et artistes du même genre. (Glitterhouse,en écoute sur We7) 8/10


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Mondes parallèles (Sur la platine – Juin 2010 – II)

Gotan Project, Tango 3.0: beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce disque. Je vous renvoie donc aux articles du Dr. FrankNfurter et de Playlist Society. Moi je supporte plus du tout ce tango électronique dont on nous rabâche les oreilles depuis quelques années dans tous les bars lounge. Le premier album de Gotan Project était tout à fait écoutable avant devenir hype. Quant à cet album, j’ai eu beaucoup de mal à passer au-delà de la deuxième plage avec les chœurs d’enfants. Je me suis forcée à l’écouter jusqu’au bout mais de ça n’a résulté qu’un certain énervement. Allez plutôt à la découverte de Carlos Gardel, Astor Piazzolla ou même du tango finlandais… mais je ne vous en voudrai pas si vous faites remonter la cote de ce disque. (Ya Basta, en écoute sur Deezer) 4/10

Cibelle, Las vênus resort palace hotel: un disque luxuriant, baroque, évoquant la jungle tropicale, créant son propre monde en mélangeant électronique, sons brésiliens et exotica. Ne tient peut-être pas la route sur la longueur mais j’adore la reprise de Underneath a mango tree, composé à l’orgine par Monty Norman pour Dr. No. A écouter en tous cas au bord de la piscine avec une piña colada. Voir aussi la chronique sur La musique à papa et une présentation chez Arbobo. (Crammed, en écoute sur Deezer) 7/10

Fool’s Gold, Fool’s Gold: un bien drôle de disque ! Des Américains qui créent un album aux influences africaines chanté en Hébreu ! On entend tour à tour des guitares aux rythmes répétitifs d’Afrique de l’Est (Kenya, dry guitar congolaise), des sonorités éthiopiennes de la grande époque de l’éthiojazz, des touches de blues du désert des Touaregs, des chants sarahouis des nomades du Sahara Occidental, des ambiances funk venant tout droit du Nigéria ou du Ghana… L’avenir du rock serait-il en Afrique ? Un album que j’ai écouté et réécouté et que je n’arrive pas à oublier. Voir l’article de G.T. sur le retour des musiques africaines. (IAmSound Records, en écoute sur Deezer) 9/10


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Far West Chinois

Une série de photos très intéressantes sur les Chinois en Afrique, prise par le photographe Paolo Woods.

Paolo Woods et le journaliste suisse Serge Michel ont recherché en 2007 les Chinois d’Afrique, ces Chinois dont la Chine ne veut pas trop parler, pour éviter toute publicité sur leur activité, celle de trouver les ressources naturelles dont le pays a tant besoin. Pour l’Afrique par contre, ils ne sont pas vus comme des colonisateurs qui veulent défendre la démocratie, mais plutôt comme des bienfaiteurs qui construisent routes, hôpitaux, écoles.

(via we make money not art, très bon site pour rester au courant de l’actualité artistique contemporaine).