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de A à Z, le monde en musiques


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Afghanistan (IV) – un documentaire

Si les articles précédents vous ont donné envie d’en savoir plus, je vous conseille cet excellent documentaire, Breaking the silence, de Simon Broughton (Rough Guides to World Music, Songlines) tourné en 2002 juste après la chute des Talibans. Il explique comment les musiciens ont survécu pendant la guerre et le renouveau de la musique bien que le pays soit en ruine.

Rendez-vous lundi prochain pour les musiques d’Afrique du Sud !


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Afghanistan (III) – Afghan Star

Après la chute des Talibans, la musique a repris une place importante dans la société. La télévision a très vite rediffusé les anciens enregistrements des chanteurs pop locaux, puis s’est lancée dans l’aventure Afghan Star, sur la modèle de Pop Idol ou la Nouvelle Star. Un documentaire tourné sur le sujet a reçu des prix au Sundance Film Festival en 2009 (trouvé ici – décembre 2013). De nombreux extraits de l’émission se retrouvent sur youtube, et voici un exemple de cette année qui m’a marquée. La chanteuse, Shaparak, porte une jupe et des talons mais aussi une burqa.


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Afghanistan (II) – 70’s pop

Dans les années 1970, il y avait une scène pop très active, avec notamment des chanteurs comme Ahmad Zahir (1), surnommé l'”Elvis” afghan ou “the king of Afghan pop”. Il était le fils d’un ministre et est mort dans des conditions suspectes. Le romantisme dégoulinant est souvent présent.

Ahmad Zahir, Leili jan

Ahmad Zahir, La paloma

Soheila Zaland, fille d’un musicien et compositeur célèbre, a fui le pays et vit maintenant aux États-Unis. Sa chanson Waqti Ashiq Shawi (Quand on tombe amoureux) a souvent été reprise.

Soheila Zaland, Waqti Ashiq Shawi


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Afghanistan (I)

L’Afghanistan… le premier pays sur la liste… Un pays qui a connu la guerre à partir des années 1980 puis l’oppression des talibans qui ont banni la musique et détruit les instruments. Deux décennies plus tôt, dans les années 1960 et 70, cette région était au cœur de la route des hippies vers l’Inde et le Népal, un paradis pour fumeurs de haschich et opiomanes mais aussi pour quelques collecteurs de musique qui ont constitué l’essentiel des enregistrements de musique afghane. Deben Bhattacharya (1) y était déjà passé dans les années 50 et une expédition de la Gramophone Company (2) dans le Caucase en 1909 avait enregistré des musiciens d’Herat à Mari (Merv) au Turkménistan. Excavated Shellac donne plus de précisions sur les compagnies de disques présentes entre les années 1920 et 1950. Les disques plus récents ont été enregistrés en Europe ou aux États-Unis, à part quelques exceptions. Aujourd’hui, cela commence à changer et le marché local est envahi de cassettes et cd importés depuis Peshawar au Pakistan par les Afghans en exil. Les musiciens eux aussi reviennent et la télévision et la radio ont recommencé à émettre de la musique. Étant au carrefour de plusieurs civilisations, les traditions musicales sont variées, incluant des influences persanes, indiennes et centre-asiatiques.

La musique classique afghane est dérivée de la tradition indienne des ragas et donc assez proche en style, mais l’emphase est plutôt mise sur les variations rythmiques. L’instrument principal est le rubab, ancêtre du sarod indien mais le tambur afghan est également utilisé. Cette musique est essentiellement urbaine, avec une tradition importante à Kaboul: les musiciens sont souvent des descendants de ceux qui sont venus d’Inde à la cour de Kaboul vers les années 1860. Des chanteurs interprètent également des ghazals, poèmes chantés aux textes romantiques ou mystiques, proches du style pakistanais ou indien.

Mohammad Omar est un des joueurs de rubab les plus célèbres, aujourd’hui suivi par Mohammad Rahim Khushnawaz à Hérat ou Homayun Sakhi aux Etats-Unis.  A priori, je cherchais un clip d’Homayun Sakhi (3) mais je voulais qu’on voie bien l’instrument et que le morceau ne soit pas trop long. Je ne connais pas Gulab Khel mais son interprétation de cet instrumental au rubab est tout à fait intéressante.

L’air est connu apparemment, le voici interprété par Salma, en style bien plus “Bollywood pop”. Un avant-goût de l’article suivant…

Il existe bien d’autres disques importants mais je ne vais pas rallonger cet article !

P.S.: les liens discographiques renverront souvent vers amazon. Si vous achetez le disque via ce lien, je recevrai une minuscule commission et je pourrai acheter encore plus de disques pour en parler ici !


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Sur la platine: Asie (essai de rattrapage IV)

The rough guide to the music of Afghanistan: un volume qui est le prétexte pour parler de cette excellente série qui édite depuis plus de 15 ans une dizaine de compilations (par pays ou style) par an. Sur le disque consacré à l’Afghanistan, on retrouve des musiques traditionnelles de différentes régions mais aussi des expressions populaires actuelles ou anciennes comme ce morceau de l'”Afghan Elvis” ou la chanson d’une participante à “Afghan Star”. (World Music Network, avec des extraits) 8/10

Oki Dub Ainu Band, Sakhalin rock: nouveau disque d’Oki, l’artiste Aïnou qui tente de préserver les traditions et instruments de son peuple, soit par des disques traditionnels soit  par des disques comme celui-ci où il mélange les sonorités du tonkori (genre de longue cithare en bois à plusieurs cordes) à du rock, du dub, dans une même optique que le travail de Yat-Kha à Tuva. (Chikar Studios, extraits ici) 7,5/10

Japon: Zen Hôyô, liturgie du bouddhisme zen: beau disque alternant les récitations des moines et les passages instrumentaux qui pourraient se rapprocher d’une certaine musique expérimentale. Très méditatif. (Ocora, sur Deezer – on est surpris parfois de ce qu’on y trouve !) 7,5/10


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Asie Centrale (Sur la platine – Mai 2010 – III)

Beaucoup de procrastination avant de commencer cet article (et aussi des jours fériés et une fatigue due à des insomnies répétées) mais je ne peux pas y couper. La série Music of Central Asia éditée par Smithsonian Folkways (avec le soutien de la fondation Aga Khan) est essentielle – et chaque disque est accompagné d’un dvd et d’un livret très détaillé.

Kronos Quartet with Alim & Fargana Qasimov and Homayun Sakhi, Music of Central Asia vol. 8: rainbow. Le Kronos Quartet est toujours friand de rencontres et nous le retrouvons ici dans un programme en deux parties, d’abord dans un long morceau avec Homayun Sakhi, musicien afghan jouant du rubab puis pour plusieurs plages avec les Qasimov, père et fille, spécialistes de la chanson azerbaïdjanaise. Deux pratiques musicales totalement différentes se tâtent, se touchent mais ne fusionnent jamais entièrement, celle de la musique notée, fixe, sur partition et celle qui est improvisée. Et je trouve que ça se sent. Le mélange de deux univers n’est jamais facile et le répertoire des musiques du monde est parsemé de ratages. Je ne parlerais pas d’échec dans ce cas-ci, les musiciens sont trop expérimentés pour cela. Ce qui me dérange en fait, c’est le côté juxtaposition que l’on sent, surtout dans la collaboration avec les Qasimov où chant traditionnel et cordes du Kronos Quartet ne se mélangent que très peu. Comme le précise la critique dans le Songlines du mois de juin 2010, aucun côté ne perd la face et aucune tradition musicale ne perd son intégrité. Ecoutez ce disque mais  prenez aussi le temps de réécouter Floodplain du Kronos Quartet et le volume 6 de la série consacré aux Qasimov, dans une version totalement traditionnelle. Un très bon disque, très intense malgré tout ce que je viens d’écrire ! (Smithsonian Folkways, avec extraits et un download gratuit) 7/10

Music of Central Asia vol. 7: in the shrine of the heart. Popular classics from Bukhara and beyond est le disque dont j’ai le moins à dire. Il est tout simplement bon ! Il propose des chanteurs et musiciens Ouzbeks et Tadjiks interprétant la musique urbaine des cités d’Asie Centrale (Boukhara, Samarcande, Tashkent, Qoqand et Khiva): ballades, chants dévotionnels et pièces instrumentales, celles de Sirojiddin Juraev au dutar notamment qui font penser au jeu de guitare de Davey Graham (écoutez Anji) et au tapping du flamenco.(Smithsonian Folkways, avec extraits) 8/10

Music of Central Asia vol. 9: in the footsteps of Babur. Musical encounters from the lands of the mughals part d’une idée intéressante: explorer les sources communes de styles musicaux d’Asie Centrale, d’Afghanistan et d’Inde, tous basés sur l’improvisation. On retrouve des morceaux au santour indien et rubab afghan, des pièces mélangeant traditions afhganes, badakhshanies et tadjikes mais aussi des solos des différents instruments. Le jeu des instruments est maîtrisé, les improvisations semblent couler de source même si ce sont des traditions différentes. Bref un disque magnifique ouvrant de nouvelles perspectives pour les musiques d’Asie Centrale et d’Inde. (Smithsonian Folkways, avec extraits) 8,5/10

UPDATE: l’article de Thierry – les liens sur Deezer de toute la série sont dans les commentaires.


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Sur la platine (Janvier 2010 – IV)

J’aimerais parler de plus de disques mais le temps me manque un peu. Quelques commentaires rapides donc sur trois cd.

Je me demandais aussi si vous vouliez savoir à l’avance quels disques je vais proposer au classement ? Je pourrais faire une liste rapide et faire des billets séparés ultérieurs mon appréciation.

Et j’apprécie beaucoup vos commentaires, même si c’est juste pour dire que vous aimez (ou détestez !). Si chaque personne qui passe par ici laisse un petit mot, le blog sera beaucoup plus vivant !

Les 3 cd du jour:

Kamel El Harachi, Ghana fenou: fils du grand chanteur algérien Dahmane El Harachi, Kamel reprend la tradition du chaâbi en interprétant des compositions de son père et les siennes. Le chaâbi est un style mélangeant sonorités et instruments de la musique arabo-andalouses et musiques occidentales. Bel album d’un style qui se renouvelle. (Deux morceaux en écoute sur myspace). 7/10

Netsayi, Monkey’s wedding: album qui devrait entrer dans la catégorie “world” si on regarde le label (World Connection) mais je n’ai pas trouvé de connection. Quasi aucun son ne rappelle les musiques du Zimbabwe et les chansons en anglais sont du genre soul pop. Et dans ce genre, on fait bien mieux ! (Quatre morceaux en écoute sur son myspace). 3/10

Afghan star: musiques qui apparaissent dans un documentaire sur l’émission “Afghan Star”, l’équivalent afghan de la “Nouvelle Star”. Intéressant pour savoir quels genres de musiques sont à la mode dans un pays où la culture musicale renaît progressivement: on passe de la pop aux synthés du plus mauvais goût à des morceaux où les instruments traditionnels ont la part belle en passant par des chansons fortement inspirées de Bollywood et Lollywood. (bande-annonce du documentaire et un site pour suivre l’édition 2010).  6/10