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de A à Z, le monde en musiques


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Cap-Vert (I) – 78 tours

Le Cap-Vert est un archipel situé dans l’Océan Atlantique à l’Ouest de l’Afrique. Colonie portugaise dès 1456, il a accédé à l’indépendance en 1975. Sa culture est un mélange de traditions africaines venant des populations du continent qui y ont été déplacées de force et de traditions portugaises. La morna a rejoint la sono mondiale avec Césaria Evora mais il existe de nombreux autres styles comme le funana, la coladeira ou des variations du zouk et de la kizomba. Mon choix s’est avéré difficile, j’ai développé une allergie à la morna à force d’entendre Césaria partout. Je me suis donc tournée vers mes fournisseurs habituels et j’ai trouvé sur Excavated Shellac la référence d’un groupe qui jouait de la musique capverdienne aux États-Unis, le Trio Instrumental “Portugais” d’Abrew (ou Augustus Freitas Abreu, Sr.). C’est un autre morceau du même trio que je vous présente ici mais on notera qu’il n’est pas présent sur le disque présenté dans le clip mais bien sur Portuguese string music, 1908-31 (Heritage, 1989):

Abrew’s Portuguese Instrumental Trio – Cabo Verdranos Peca Nove:

 

 

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Bulgarie (I) – 78 tours

La Bulgarie est un pays des Balkans situé au sud-est de l’Europe, couvrant une partie du territoire de l’ancienne Thrace. Entre 1946 et 1990, elle est sous régime communiste, ce qui aura une influence sur la vie culturelle. Les musiques traditionnelles sont variées, combinant ou juxtaposant des éléments venant des régions ottomanes et slaves. Les traditions orales sont les plus connues dans le monde entier mais il existe également de nombreux styles instrumentaux joués sur des instruments particuliers. Le premier exemple présente la gaida, une cornemuse dont le réservoir d’air est fabriqué en peau de chèvre.

Ahmed Saliev – Tsonkinata


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Bolivie (I) – 78 tours

La Bolivie est un pays situé au centre de l’Amérique du Sud, enclavé par le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, le Chili et le Pérou. Avant la colonisation espagnole au 16e siècle, le territoire formait une partie de l’Empire Inca. Il a connu son indépendance en 1809 sous l’impulsion de Simon Bolivar. Les paysages sont très différents, allant de la forêt amazonienne à la cordillère andine, et les populations qui l’habitent sont très mélangées: Amérindiens, métis, Européens…  Les musiques ont été très longtemps influencées par l’Europe, gommant les traditions indigènes. Il existe cependant des enregistrements en 78 tours de musique “folklorique”, comme celles que propose le blog Excavated Shellac (une fois de plus, une de mes sources). Felipe V. Rivera était un excellent joueur de charango, un genre de petite guitare des Andes et de flûte quena. Voici un enregistrement qu’il a effectué pour Victor en 1931.

Felipe Rivera y su Orquesta Típica Boliviana – Caminito a Yavi


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Arménie (I) – 78 tours

Pays du Caucase sans accès à la mer, l’Arménie a connu une longue histoire assez troublée, notamment lors du génocide de 1915 par les Turcs et ponctuée de tremblements de terre destructeurs. Pays chrétien coincé entres des nations musulmanes, sous domination soviétique pendant plusieurs décennies, il retrouve son indépendance en 1991. L’Arménie a subi les influences des pays voisins mais a développé une identité propre qui se retrouve dans les musiques. Le génocide de 1915 a provoqué une grande vague d’immigration et la diaspora s’est installée dans de nombreux pays, de l’Ethiopie aux Etats-Unis. Mes choix musicaux seront cette fois-ci repris de deux blogs que j’apprécie beaucoup, sans oublier l’inévitable doudouk.

Excavated Shellac propose un 78 tours de A. Kevorkian enregistré en 1929 pour Columbia Records à Los Angeles. L’artiste interprète une chanson arménienne et est accompagné au violon, à l’oud et à la clarinette (jouée par Mesrob Tekajian).

A. Kevorkian, Gigo (beaucoup de morceaux publiés sur Excavated Shellac se retrouvent sur youtube):

  • pour écouter d’autres musiques arméniennes jouées par des immigrés aux Etats-Unis: Armenians on 8th Avenue (Traditional Crossroads, 1996)

 


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Albanie (I) – 78 tours

Petit pays oublié de l’Europe du Sud, l’Albanie n’est que peu représentée sur la scène musicale. Marqué par des années de communisme isolationniste, il est aujourd’hui synonyme de corruption, désastres économiques, mafia très présente et problèmes sociaux. Or, le pays a gardé de nombreuses traditions musicales très spécifiques et très différentes du reste de l’Europe (à part peut-être de l’Épire en Grèce) tout en s’engouffrant dans le monde de la pop internationale du plus mauvais aloi. Le territoire actuel du pays n’est qu’une infime fraction de l’Empire Ottoman qui a dominé la région pendant plus de quatre siècles mais qui n’a que peu influencé la musique. L’essentiel du pays est recouvert de montagnes accidentées et est difficilement accessible. Le reste est composé de plaines côtières, longeant la mer Adriatique et Ionienne.

Plusieurs compagnies de disques ont réalisé des enregistrements en Albanie même ou de musiciens albanais vivant à l’étranger dès la fin des années 1920. Pendant l’été 1930, A. D. Lawrence de HMV a enregistré plus de 100 morceaux (1) tandis qu’un an auparavant, la Columbia Graphophone Company avait réalisé environ 300 enregistrements. Bref, une production prolifique dont une partie était destinée aux Albanais émigrés aux États-Unis.

Via Excavated Shellac, je vous propose ce morceau (plus d’explications et une interprétation plus actuelle viendront dans le prochain billet):


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Sur la platine – Janvier 2012

Une nouvelle formule de “Sur la platine”: une par mois, avec quelques commentaires sur les disques que j’ai trouvés intéressants le mois écoulé.

I listen to the wind that obliterates my traces: livre-cd édité par Dust To Digital, compilé par Steve Roden. Old time, gospel et musique hawaïenne enregistrés essentiellement dans les années 20 et 30, accompagnés de photographies anciennes en rapport avec la musique. Très bel objet à feuilleter tout en écoutant une musique d’un autre temps. (Dust To Digital)

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Del’s Jazz Biguine, Les années Ritmo, Paris 1951-1953: Eugène Delouche était un clarinettiste antillais écumant les clubs du Paris de l’après-guerre, où il interprétait un vaste répertoire de biguines, valses et mazurkas créoles mais aussi de jazz et de musiques latino-américaines. Intégrale des enregistrements pour le label Ritmo. Quelque peu désuet mais très plaisant. (Frémeaux & Associés)

Melingo, Corazón & hueso: nouvel album du chanteur argentin à la voix profonde et grave. Tangos sombres et intenses, romantiques et intimistes, tragiques, violents, un style que Melingo définit lui-même par “prototango”. (World Village)

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The original sound of cumbia. The history of Colombian cumbia & porro as told by the phonograph 1948-79: toute l’histoire de deux styles colombiens importants, la cumbia et le porro, expliqués en deux cd. Présentation soignée et disque dansant à souhait. (Soundway)

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Opika pende. Africa at 78 rpm: quatre cd de musique africaine retranscrite depuis des 78 tours édités entre 1909 et le début des années 1960. Un très bel objet, bien documenté, venant du label Dust To Digital. Indispensable pour étudier l’histoire des styles africains et entrevoir leur diversité. (Dust To Digital)

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Ablaye Ndiaye Thiossane, Ablaye Ndiaye Thiossane: après 50 ans de carrière dans divers grands groupes de musique sénégalaise, Ablaye Ndiaye Thiossane sort enfin à 76 ans son premier album solo. Et c’est avec plaisir qu’on écoute son mélange de musiques afro-cubaines et de rumba africaine ! (Syllart)

Lucy Ward, Adelphi has to fly: la scène folk anglaise est extrêmement vivante aujourd’hui et ce disque en est un très bon exemple. Lucy Ward, jeune chanteuse, guitariste et joueuse de concertina (un petit accordéon) originaire du Derby interprète des chansons traditionnelles et des compositions délicates mais poignantes (souvent sur le sujet de la mort). (Navigator)

La reprise du mois: Les Charbonniers de l’Enfer, Le vent nous portera

Le morceau que j’ai le plus écouté ce mois-ci: Cambodian Space Project, A go-go (clip tourné pendant mes vacances à Bangkok)