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Techniques vocales: le chant de gorge (II)

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Après trois disques très traditionnels, voici trois groupes plus connus qui vont plus loin, mêlant le chant de gorge à du rock, de l’expérimentation ou justement qui reviennent à la tradition après être passés par là.

Huun Huur Tu, Ancestors call: Huun Huur Tu est le groupe qui est à la source de la popularisation en Occident des musiques et chant de gorge de Tuva. Certains de ses membres ont fait carrière par la suite dans d’autres formations, comme Albert Kuvezin avec Yat-Kha et en solo, ou Sayan Bapa qui est aujourd’hui producteur de Chirgilchin. Après une longue carrière et de nombreuses collaborations notamment avec le groupe de voix bulgares Angelite, le groupe revient à ses sources, à la musique des ancêtres et prend un nouveau départ sur le label World Village. Aux côtés de Kaigal-ool Khovalyg, Sayan Bapa et Alexey Saryglar, on retrouve l’excellent Radik Tülüsh (ou Tyulyush), également membre à un moment de Yat-Kha. Pas étonnant dès lors que l’on entende les mêmes morceaux en versions différentes chez les différents groupes ! L’esprit d’Ancestors call est plutôt calme et retenu, les plages rythmées laissant plus de place à la sérénité, évoquant la steppe, le vent, la nature, les chamanes. Un disque que je n’ai pas mis dans mon top de l’année étant donné que les deux suivants y sont déjà ! (World Village) 8/10

Hanggai, He who travels far: si le disque d’Hanggai est classé en Chine, c’est parce les membres du groupe viennent de la Mongolie Intérieure chinoise. Le fondateur du groupe jouait dans un groupe punk à Beijing avant de vouloir explorer la musique de ses origines, de ses ancêtres. C’est ainsi qu’il a formé Hanggai dont He who travels far est le deuxième album. Marc Ribot intervient sur un morceau; Ken Stringfellow (R.E.M., Neil Young) est à la production mais pour le reste, les musiciens sont chinois, jouant des instruments traditionnels mongols mais aussi des guitares, banjos ou batteries occidentaux, ce qui donne ce son très rock au disque. Et c’est ça qui me séduit autant, cette manière d’associer harmonieusement deux styles de musiques, peut-être aussi une manière de toucher un public plus grand. Ils ne font pas du sous-Yat-Kha, ils jouent leur propre musique, avec sa propre personnalité. Et pour ces raisons, c’est mon disque de l’année. (Entretemps, il a également obtenu contre toute attente la première place du Classement des Bloggueurs de Music Lodge !) S’ils passent par chez vous, allez les voir, vous ne serez pas déçus. (World Connection, en écoute sur We7) 9/10

Albert Kuvezin and Yat-Kha, Poets and lighthouses: avec ce disque, Albert Kuvezin sort totalement des musiques traditionnelles de Tuva, ne gardant que le chant de gorge. Même son groupe Yat-Kha ne comporte plus aucun des musiciens d’origine; Lu Edmonds est cependant un des proches depuis toujours, ayant été le manager du groupe dans les années 90. Et pourtant, même avec cet accompagnement totalement occidental, rock ou jazz selon les moments, l’album garde toujours l’esprit des steppes. Plusieurs textes sont des traductions de poètes japonais de l’après-guerre, d’autres viennent d’auteurs russes, mi-chantés en mode diphonique mi-déclamés. L’album a été enregistré sur l’île de Jura en Écosse et cela s’entend sur la 10e plage, Talking to the spirit of the mountains, qui est accompagnée de cornemuse écossaise, donnant un ton encore plus mystérieux au chant de gorge. Inventif et passionnant ! (Yat-Kha) 8,5/10

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