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Einstürzende Neubauten à l’AB

3 Comments

Mercredi passé, j’étais de mauvaise humeur. Plein de petites contrariétés dans la journée, puis plus trop envie de sortir le soir. Mais les tickets pour le concert d’Einstürzende Neubauten étaient achetés depuis des mois et le concert était sold out. Je ne pouvais pas ne pas y aller.

La bonne idée de mon compagnon, c’était d’aller s’installer sur les gradins; nous étions bien assis dans des fauteuils moelleux. ça fait un peu papy-mamy, mais c’est juste ce qu’il fallait: le son était parfait, la vision quelque peu lointaine mais pas dérangée par des géants, et le confort total.

Je n’avais plus écouté le groupe depuis des années, j’avais le souvenir de beaucoup de bruit mais aussi de chansons mélodieuses. Blixa Bargeld a commencé le concert en crooner, costume noir et chapeau compris (ou était-il plutôt un prédicateur, ou un maquereau ?). Sa voix grave m’a fait fondre (pas lui, il ne faut pas exagérer, même si je n’ai rien contre les petits ventres !), la musique était sans concession, l’ambiance réminiscente de la vieille Allemagne des cabarets, les textes empreints de pans de la culture européenne (références à Walter Benjamin). Le décor ressemblait à un espèce de bric à brac, avec de grandes lampes rouges et l’orchestration était aventureuse: une basse jouée comme telle (ou presque, le vibromasseur était de la partie) (Alexander Hacke de Crossing the Bridge), une guitare tripotée à la visseuse ou autres ustensiles (Jochen Arbeit), un synthé et un ordinateur (un Macbook vieux modèle) (l’australien Ash Wednesday), et des percussions allant puiser sur du matériel de chantier: un genre de gamelan en tubes de canalisations (qui donne un son parfois tribal à certains morceaux), des clous tombant d’un grand réceptacle, un ressort tendu (le premier de leurs instruments bricolés), des plaques de métal (Andrew Chudy et Rudolf Moser). Le tout était entrecoupé de commentaires parfois blagueurs (le groupe serait venu à l’AB en 1965 en première partie de Jacques Brel), parfois commerciaux de Blixa Bargeld (le groupe a quitté tout label de disque et vit des ventes des cd, le dernier d’ailleurs est sorti grâce aux contributions des fans).

Le concert a duré deux heures, deux heures de plaisir pour une salle extrêmement enthousiaste. Die Befindlichkeit des Landes (avec le mot Melancholia répété), joué au milieu du concert, a bien valu une minute complète d’applaudissements ! Après un premier rappel, la salle n’a pas voulu les laisser partir. Le groupe s’est alors pris au jeu, littéralement: Blixa Bargeld est monté sur scène avec un sac rempli de cartes aux indications cryptiques. Chaque musicien en a tiré trois au sort, et le groupe s’est lancé dans une improvisation très réussie. On se rend alors compte quelle est leur manière de travailler pour composer leurs musique. Le cd Jewels reprend d’ailleurs cette technique et contient un documentaire expliquant tout ça.

Einstürzende Neubauten est un groupe qui a bien vieilli et qui est toujours crédible, qui a évolué avec son temps et qui peut plaire. Résultat: je suis sortie de là de bien meilleure humeur et mes soucis étaient oubliés !

3 thoughts on “Einstürzende Neubauten à l’AB

  1. this is from the gig in London…exclusive Einstürzende Neubauten B&W pictures and review,

    enjoy
    ciao

    EN on liveon35mm.com

  2. nice photos ! a good companion to my description of the instruments !
    thank you.

  3. merci à toi pour ette image🙂

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