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de A à Z, le monde en musiques

“World music” ???

6 Comments

Le terme de “world music” ou “musique du monde” est-il encore approprié ? Cet article pose le problème.

Faut-il restreindre la “musiques du monde” aux musiques traditionnelles de chaque pays ?

Ou faut-il étendre la collection à des expressions actuelles (ou passées, je pense au rock psychédélique d’Amérique latine ou du Cambodge par exemple), contemporaines qui ont un son beaucoup plus mélangé ? L’article donne comme exemple le kuduro angolais, genre de hip hop, sur des beats programmés mais sur des rythmes typiques angolais. Sont également cités Damon Albarn et son label Honest Jons ou MIA, chanteuse originaire du Sri Lanka.

Le débat est ouvert (dans les commentaires) !

6 thoughts on ““World music” ???

  1. Le terme musique du monde est bien sûr un terme qui porte à confusion. Il suffit de franchir une ou deux frontières pour s’en rendre compte. La chanson française, évidente pour nous, est classée chez les disquaires anglais, espagnols, italiens, etc. dans la Musique du Monde. Le terme est non seulement vague, mais aussi très prétentieux et “occidentalo-centriste”. Il y aurait la musique classique, la pop, et … la musique des autres. Elle serait vue comme un complément sonore aux cartes postales qu’on envoie de ses vacances, comme le fond sonore du slide-show qu’on fera en rentrant. Pour ne pas déranger le touriste des années 1950, on inventa l’exotica, qui reproduisait le dépaysement sans les moustiques ni les indigènes. On a heureusement développé auprès du public un intérêt pour une forme plus “authentique” de musique du monde, mais qui peut réellement juger de cette authenticité? Elle peut-être fixée par des musicologues, d’ici ou de là-bas, et ce sera le début des ennuis: elle sera bloquée dans son développement pour correspondre à un schéma ancien, au détriment de sa réalité quotidienne. En cela, les “nouvelles” formes que prennent les musiques de par le monde sont problématiques.

    Un des problèmes, et sans doute le plus sensible, est qu’elles se développent par friction avec l’occident, et sont une réponse à la mondialisation de la culture musicale occidentale (classique, jazz comme pop). Cette friction peut être soit acceptation, et donner naissance aux différentes formes de “hi-life” à travers le monde, une musique incorporant l’occident, et son statut, dans un autre contexte. Elle peut aussi donner lieu à des formes locales de musique occidentale, envisagées sur un pied d’égalité avec celle-ci, mais le cas est plus rare. La friction peut aussi être rejet, et donner naissance à des formes protectionnistes de musique locale (en bien, parce que résistance à l’uniformisation, ou en mal, parce que fortement conservatrices).

    Refléter la réalité musicale d’un pays signifie être complet. Il s’agit donc d’aborder la tradition, en sachant qu’il s’agit chez eux souvent de l’équivalent du folk chez nous, un genre vu par le grand public comme sympathique mais un peu ringard (même si c’est en train de changer). Il s’agit aussi d’explorer les nouveaux genres locaux, et pour cela une connaissance du contexte est nécessaire, ainsi qu’une recherche qui va au-delà de ce qui est produit pour le marché occidental. En cela les compilations de programmes radio de Java, d’Algérie et d’Inde, publiés par le label sublime frequencies, sont un meilleur indicateur de la musique locale, qu’une compilation ethnomusicale, ou un album de “world music”.

  2. Qui plus est, la gêne a utiliser le mot world music qui n’est que la traduction de musique du monde; le terme anglais faisant plus référence aux compilations buddah bar et consorts, notre exotica contemporaine. A partir de quel moments Buena Vista Social Club passe-t’il de musique du monde et plus particulièrement de Cuba au raypn variétés facile pour bar branchés. Faut-il parler de musiques authentiques contre les musiques calibrées ? Ne faudrait-il pas aussi au-dela de tout clivage distinguer les musiques éphémères et à la modes, sans susbtance des musiques de fonds et de traditions (qu’elles soient liées à différents rituels, servent à raconter la mémoire d’un peuple, affirmer une résistance ou encore évoquer une condition): pourrait-on alors considérer le blues, le punk, le khomei et le reggae avec la même émotions et intelligence ? Ne cherchez plus Albert Kuvezin et Yat-Kha l’on fait et c’est disponible
    http://www.lamediatheque.be/med/rech_n.php?ser=&intervenant=albert&ref=&supa%5B1%5D=1&supa%5B2%5D=1&supa%5B3%5D=1&supa%5B4%5D=1&supa%5B5%5D=1&supa%5B7%5D=1&supa%5B6%5D=1&supa%5B8%5D=1&__utma=12944426.192024079.1209651361.1209651361.1209651361.1&__utmb=12944426&__utmc=12944426&__utmz=12944426.1209651361.1.1.utmccn%3D%28direct%29%7Cutmcsr%3D%28direct%29%7Cutmcmd%3D%28none%29&Mediatheque_choisie=&supports=&details=&ofs=175

  3. Ca me fait plaisir de voir que je ne suis pas seul à me poser ce genre de questions! C’est exactement les questions que je m’étais posés, et que j’avais essayé d’y répondre à ma sauce:

    http://berceuse.electrique.over-blog.com/article-16426714.html
    http://berceuse.electrique.over-blog.com/article-15140471.html

    Finalement, la world music tel qu’on l’entend habituellement devrait s’appeler musique étrangère, au sens de “qui nous est étrange”.

  4. Le terme de “world music” ou “musique du monde” est-il encore approprié?
    Faut-il tout simplement y voir une musique exotique?
    La musique produite de ce côté-ci est-elle considérée comme de la “world musique” par ceux qui se trouvent éloignés de nos contrées?

    Je ne pense pas qu’il existe une réponse toute faite ou une réponse standard. Peut-être que la clef de cette énigme réside dans le fait de ne même plus parler de “musique du monde”? Mais bien d’une musique ayant une tout simplement une origine géographique éloignée, voire incertaine, aux accents assez inhabituels. A méditer!

    En ce qui concerne le label Vampisoul, il est bon à savoir que ce label est spécialisé dans les rééditions type “vynil”. Leur catalogue “latin music” est tout simplement une merveille. Personnellement, j’ai écouté le

    LP VV.AA
    Gózalo! (Bugalú Tropical Vol. 2)

    Je vous recommande chaudement d’écouter par exemple le titre No16 de ce fantastique LP: Tutú Tatá (Alfredo Linares y su Sonora).
    Alfredo Linares, pianiste péruvien installé en Colombie depuis de nombreuses années, y va d’un coup de patte formidable (Alfredo vit toujours en Colombie et joue toujours et encore du piano dans les plus grands orquestres de Salsa).
    A noter l’orthographe du titre “Bugalu” et non pas “Boogaloo” par opposition à la musique produite dans les années 60-70 par la communauté afro et latine de New-York. Bref, de la “World Music” avant l’heure.

    Olivier

  5. Oui, je connais ce disque, il est en effet très bon !
    Merci pour votre commentaire en tous cas, et bonne lecture !

  6. Pingback: DAVE PIKE - Manhattan Latin (1964) - A redécouvrir absolument « Musicadelbarrio

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