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Un article / un concert

Deux nouveaux cd (MZ1311 et MZ1312) de la série Gamelan of Central Java entrent dans nos collections. Un article de Daniel Patrick Quinn parle de la série et fait le point sur ces musiques.

Le 6 juin à Hasselt, concert d’artistes du lable Sublime Frequencies: Group Doueh et Omar Souleyman.

Musique d’ailleurs

Hier soir, j’ai assisté à un concert aux sonorités assez bizarres, étranges (Zuiderpershuis, Anvers): Cho Mu Win interprétait de la musique des anciennes cours royales de Birmanie. Jouant de la harpe saung gauk (qui lors de l’accordage peut faire penser à la kora africaine – mais la comparaison s’arrête là), elle a chanté des mélodies traditionnelles ou laisser couler les notes de son instrument. Derrière elle, un musicien jouait des percussions, des tambours proches de ceux de l’Inde, un autre frappait sur une petite cymbale et une claquette en bois, un troisième accompagnait les airs à la flûte ou à la clarinette aux sons assez criards. La ponctuation des rythmes avait souvent l’air d’être mal placée, le chant et la flûte semblaient pleins de fausses notes, la clarinette couvrait les sonorités délicates de la harpe… et pourtant, ayant entendu des disques auparavant, c’est ainsi qu’est jouée cette musique traditionnelle. Ce sont juste nos oreilles qui ne comprennent pas ce qui se passe. Même les pas de la danseuses semblaient parfois inélégants, en hybride entre danse indienne et thaïlandaise. Mais pour qui ose se lancer dans cette aventure, il y en ressortira comblé, entièrement remué par les mélodies et les rythmes et se lancera à la découverte de la discographie (quelques suggestions): Musique d’art (MV3392), Myanmar: musiques du dedans et du dehors (MV3395, qui sera à nouveau bientôt disponible), Green tea leaf salad: flavors of burmese music (MV3396), Inle Myint Muang & Yi Yi Thant: Mahagita: harp and vocal music of Burma (MV3535, également en téléchargement). Si vous écoutez un de ces disques, je suis curieuse de votre réaction.

Lien 1: un clip de qualité assez médiocre et publicitaire

Rodrigo y Gabriela, live

Ce dimanche 30 novembre, j’ai été voir Rodrigo & Gabriela à l’AB à Bruxelles. Le concert était sold out en quelques jours, ce qui m’a un peu étonné. Je ne me rendais pas compte du succès du groupe, succès qui est plutôt dû au bouche à oreille et à l’internet.

Ce duo mexicain, anciens membres d’un groupe de métal, sont des virtuoses de la guitare acoustique. Pas de flamenco, ni de musique traditionnelle de mariachis mais bien des airs inspirés de la scène rock, Metallica en premier. Rodrigo joue la mélodie, avec une succession de notes assez terrifiante, Gabriela marque le rythme, utilisant sa guitare comme percussion, ou soutient les airs de son partenaire.

C’était un concert très énergique avec un public bruyant, prêt à frapper dans les mains à tout moment et à crier au moment voulu, ce qui a un peu nui à la subtilité. D’ailleurs, au moment où Gabriela a joué en solo un morceau beaucoup plus calme  et retenu, une série de personnes a montré son ennui, criant ou quittant la salle.

Somme toute un bon concert, mais dont le public m’a un peu perturbé avec son enthousiasme sans limites.

Lien 1: Rodrigo et Gabriela expliquent leur technique de jeu sur le morceau Tamacun

Lien 2: leurs disques à la Médiathèque

Lien 3: photos sur flickr, d’où j’ai pris celle qui illustre ce billet

Einstürzende Neubauten à l’AB

Mercredi passé, j’étais de mauvaise humeur. Plein de petites contrariétés dans la journée, puis plus trop envie de sortir le soir. Mais les tickets pour le concert d’Einstürzende Neubauten étaient achetés depuis des mois et le concert était sold out. Je ne pouvais pas ne pas y aller.

La bonne idée de mon compagnon, c’était d’aller s’installer sur les gradins; nous étions bien assis dans des fauteuils moelleux. ça fait un peu papy-mamy, mais c’est juste ce qu’il fallait: le son était parfait, la vision quelque peu lointaine mais pas dérangée par des géants, et le confort total.

Je n’avais plus écouté le groupe depuis des années, j’avais le souvenir de beaucoup de bruit mais aussi de chansons mélodieuses. Blixa Bargeld a commencé le concert en crooner, costume noir et chapeau compris (ou était-il plutôt un prédicateur, ou un maquereau ?). Sa voix grave m’a fait fondre (pas lui, il ne faut pas exagérer, même si je n’ai rien contre les petits ventres !), la musique était sans concession, l’ambiance réminiscente de la vieille Allemagne des cabarets, les textes empreints de pans de la culture européenne (références à Walter Benjamin). Le décor ressemblait à un espèce de bric à brac, avec de grandes lampes rouges et l’orchestration était aventureuse: une basse jouée comme telle (ou presque, le vibromasseur était de la partie) (Alexander Hacke de Crossing the Bridge), une guitare tripotée à la visseuse ou autres ustensiles (Jochen Arbeit), un synthé et un ordinateur (un Macbook vieux modèle) (l’australien Ash Wednesday), et des percussions allant puiser sur du matériel de chantier: un genre de gamelan en tubes de canalisations (qui donne un son parfois tribal à certains morceaux), des clous tombant d’un grand réceptacle, un ressort tendu (le premier de leurs instruments bricolés), des plaques de métal (Andrew Chudy et Rudolf Moser). Le tout était entrecoupé de commentaires parfois blagueurs (le groupe serait venu à l’AB en 1965 en première partie de Jacques Brel), parfois commerciaux de Blixa Bargeld (le groupe a quitté tout label de disque et vit des ventes des cd, le dernier d’ailleurs est sorti grâce aux contributions des fans).

Le concert a duré deux heures, deux heures de plaisir pour une salle extrêmement enthousiaste. Die Befindlichkeit des Landes (avec le mot Melancholia répété), joué au milieu du concert, a bien valu une minute complète d’applaudissements ! Après un premier rappel, la salle n’a pas voulu les laisser partir. Le groupe s’est alors pris au jeu, littéralement: Blixa Bargeld est monté sur scène avec un sac rempli de cartes aux indications cryptiques. Chaque musicien en a tiré trois au sort, et le groupe s’est lancé dans une improvisation très réussie. On se rend alors compte quelle est leur manière de travailler pour composer leurs musique. Le cd Jewels reprend d’ailleurs cette technique et contient un documentaire expliquant tout ça.

Einstürzende Neubauten est un groupe qui a bien vieilli et qui est toujours crédible, qui a évolué avec son temps et qui peut plaire. Résultat: je suis sortie de là de bien meilleure humeur et mes soucis étaient oubliés !


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