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Obsession cambodgienne, suite

Mon obsession cambodgienne continue, me tournant cette fois-ci vers le côté sombre de l’histoire du pays. Parce qu’il faut en parler, ne pas oublier la période de Pol Pot et du génocide cambodgien, surtout quand on sait qu’il y a un mouvement de négationnisme de la part des jeunes Khmers.

Le réalisateur cambodgien Rithy Panh s’exerce à garder la mémoire de son peuple, cette mémoire que les Khmers Rouges ont tant bien que mal tenté d’effacer. Sans relâche, il filme son peuple, son histoire et n’hésite pas à aborder des sujets très difficiles.

J’avais déjà vu il y a quelque temps S21, la machine de mort Khmer Rouge, un documentaire de 2002 dans lequel le réalisateur interroge les quelques rescapés mais aussi les bourreaux de la prison principale de Phnom Penh, S21 ou Tuol Sleng, installée dans une ancienne école. Le hasard a fait que rescapé et bourreau se rencontrent lors du tournage de Bophana, une tragédie cambodgienne. S21 est un documentaire très dur, basé sur la répétition des mouvements, le bourreau montrant comment jour après jour il torturait les prisonniers (hommes et femmes normaux, qui n’avaient rien à se reprocher). Documentaire basé aussi sur les peintures d’un des sept survivants de la prison, Vann Nath, qui a dessiné les tortures pour qu’on n’oublie pas.

Je dois vous avouer que je n’ai pas réussi à voir le dvd jusqu’au bout… et que me retrouvant sur place à Phnom Penh, me souvenant des images, je me suis sentie bouleversée, notre guide racontant ce qu’il avait vécu comme enfant sous le régime des Khmers Rouges.

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Obsession cambodgienne

Depuis la découverte de Dengue Fever, Ros Sereysothea, Sinn Sisamouth et mon voyage sur place, je suis fortement intéressée par tout ce qui est cambodgien. Voici donc une page pour nourrir mon appétit, le vôtre aussi j’espère. Clips, chansons, archives, extraits de radio, tout y est.

Dengue fever

Si vous aimez Os Mutantes ou la série Ethiopiques, vous aimerez très probablement Dengue Fever (leur page myspace est ici). Vous les avez même peut-être déjà entendus dans le film de Jim Jarmusch, Broken Flowers ou dans la saison 2 de Weeds.

Au Cambodge, dans les années 60 et 70, la musique pop était très populaire. Le pays se voulait moderne et les chanteurs étaient influencés par les hits américains ou français. Les stars du moment étaient Sinn Sisamouth et Ros Sereysothea. Et puis le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent la capitale Phnom Penh. Commencent alors plusieurs années de génocide du peuple, en commençant par les intellectuels, y compris les artistes.

(D’autres liens pour Sinn Sisamouth ici (biographie sur Wikipédia), ici (sur ses derniers jours) et ici (biographie et chansons), et pour Ros Sereysothea: ici (biographie sur Wikipédia) et ici (biographie et chansons).

Mais revenons à Dengue Fever: après un voyage au Cambodge, Ethan Holtzman a ramené des cassettes de musique des années 60-70. Avec son frère Zac, ils vont à la recherche dans la communauté khmère de Long Beach à Los Angeles d’une chanteuse qui pourrait comprendre et chanter les chansons. Ils enregistrent un premier album avec Chhom Nimol, comprenant surtout des covers de hits cambodgiens de l’époque mais ils s’inspirent aussi de l’Ethiopie des années 60-70 (voir le superbe morceau Ethanopium). Dans leur deuxième album, Escape from the dragon house, ils continuent sur leur lancée cambodgienne et commencent à composer leurs propres morceaux toujours chantés en Cambodgien.

Leur dernier album en date, Venus on earth a toujours des sonorités cambodgiennes mais ce ne sont plus des reprises. La musique sonne un peu psychédélique, rétro, avec de forts accents asiatiques et Chhom Nimol est magnifique avec sa voix douce et un peu nasale. Tiger phone card est une référence aux duos de Sisamouth et Sereysothea, modernisant la conversation téléphonique en échange de mails. (Et aurait pu apparaître dans la rubrique “There’s a song in my head”!)

J’aurais aimé ajouter à ce post quelques photos de leur performance au Womex à Séville en octobre passé, un des concerts de l’année pour moi mais elles ont mystérieusement disparu de mon disque dur (argh) !


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