Archive for the 'pays/Afrique' Category

Womex 2009

Le Womex 2009, la grande foire pour les musiques du monde, a eu lieu comme chaque année fin octobre. Après Séville, c’est la capitale danoise, Copenhague, qui a accueilli pendant cinq jours les délégués du monde entier représentant labels de disques,  artistes, salles de concert… de divers pays. Il y avait sans doute moins de participants cette année mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait eu moins d’échanges et d’accords pour des concerts. Le marché du disque est peut-être morose mais celui de la musique live l’est beaucoup moins.

Ce fut pour moi l’occasion de rencontrer un grand nombre de personnes, de Belgique mais aussi de l’étranger et de revoir de nombreuses connaissances avec qui il est toujours agréable de parler et d’apprendre de nombreuses choses sur la manière dont sont gérées les labels, les salles de concerts ou qui sont les artistes importants du moment… Networking, voilà le grand mot du Womex !

Le Womex ne serait pas le Womex s’il n’y avait pas les concerts, du showcase sur un stand à la “Great Nordic Night” spécialement organisée pour l’occasion. Le programme est toujours très chargé, se déroulant dans cinq salles (une de plus que l’année passée). Cette année, c’est le tout nouveau complexe de la radio danoise qui nous recevait. Exemple d’architecture contemporaine, le bâtiment n’a ouvert ses portes que récemment mais la grande salle de concert est déjà considérée comme une des meilleures du monde au point de vue acoustique. Je rajouterais que l’architecture est magnifique, tout en bois, tout en asymétries. Une scène était située dans le foyer, deux autres dans des salles au sous-sol (c’était juste dommage qu’il n’y avait qu’une seule entrée, ce qui provoquait de nombreux embouteillages) et une dernière salle était improvisée dans le bâtiment attenant. Comme chaque année, les styles sont mélangés, des concerts de musique traditionnelle côtoyant des DJ’s. Mais comme toujours, la tendance est aux musiques plus rythmées, festives, surtout en soirée. Le Balkan Beat, les musiques latino et l’électronique vivent encore de beaux jours ! Dommage que l”ambiance soit plus au shopping qu’à une écoute attentive…

Commençons donc par le shopping: Chet Nuneta, groupe de femmes jouant avec la voix et les percussions, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé, je laisse ce genre de musique à un autre public. Idem pour Les Yeux Noirs, groupe tsigane, Yilila d’Australie, le Ale Möller Band dont le concert mélangeait trop de cultures et de traditions différentes…

Comme nous étions au Danemark, une attention toute particulière a été donnée à la musique scandinave. Le concert d’ouverture était nommé “The Great Nordic Night” et rassemblait une vingtaine d’artistes du Danemark, des Iles Féroé, du Groenland, de Suède, de Norvège, de Finlande et d’Islande. Placé sous la direction artistique du violoniste danois Harald Haugaard cette soirée se voulait assez grand public, présentant des styles traditionnels des différents pays mais aussi des chansons plus contemporaines, parfois à la limite de la variété. N’empêche, une bonne polska jouée à plusieurs violons et toute la salle avait envie de danser.

Les musiciens scandinaves avaient également tout le long du Womex une scène qui leur était exclusivement réservée. Malheureusement, la salle était fort petite, l’entrée souvent encombrée et les musiques que j’ai entrevues plutôt calmes. J’aurais très certainement beaucoup plus profité du duo finlandais Lepistö et Lehti et du groupe suédois Nordic dans d’autres circonstances. Valravn par contre se démarquait par des instruments traditionnels mêlés à des beats électroniques qui allaient quant à eux un peu fort (juste un problème de mixage à mon avis) !

Deux belles découvertes dans les showcases de l’après-midi: tout d’abord Mamane Barka, nigérien, et son luth biram en forme de bateau. Là aussi, le son n’était pas parfait, les percussions étaient un peu fortes mais la magie a opéré, le son de l’instrument est vraiment magnifique.

San Chuan est composé de trois chinoises jouant du zheng, une longue cithare sur table (proche du koto japonais). Elles n’ont pas encore d’album à leur actif (c’est pour février) mais ont fait l’aller-retour depuis leur pays pour avoir l’avis du public par rapport à leur jeu. Elles ont d’ailleurs une manière bien différente de jouer la musique classique chinoise, loin de la virtuosité un peu empruntée (et fortement mâtinée d’influences européennes) des musiciens des années 80-90 et fort éloignée aussi du jeu un peu kitsch du Twelve Girls Band et consorts, qu’elles se sont amusées à singer ! Leur son est très doux, les notes se mêlent, les mélodies flottent dans l’air. Un très beau concert d’un groupe dont j’attends beaucoup et qui joue en Belgique dans le cadre d’Europalia.

L’Addis Acoustic Project semblait prometteur: un groupe actuel qui rejouait les standards de l’éthio-jazz et de la musique populaire des orchestres des années 50-60, avec dans le groupe un musicien de l’époque, Ayele Mamo Belayneh qui joue la mandoline et qui était touchant par moments avec ses allures de star de rock’n'roll. Quelques moments d’intense plaisir, de retour aux sources (me faisant penser aux musiques pop cambodgiennes de la même époque) mais dans l’ensemble un concert / concept raté: les solos de guitare et de batterie sonnaient trop jazz (un jazz grand public).

J’espérais voir une belle performance de mento (style jamaïcain pré-reggae, proche du calypso) mais Gilzene and The Blue Light Mento Band a intérêt à apprendre à chanter ! La musique était bonne mais le chant complètement faux ! J’ai rarement entendu de si mauvais chanteurs !

L’Indienne Kiran Ahluwalia quant à elle chante très bien mais je n’ai pas pris le temps d’écouter longtemps ses ghazals, préférant aller écouter d’autres choses moins connues.

L’Orquesta Chekara Flamenca rassemble des musiciens marocains et des chanteuses de flamenco. Fusion qui pourrait fonctionner mais qui était plutôt juxtaposition. Rien de mauvais à cela mais rien de transcendant non plus.

Une petite tranche de musique festive avec le groupe colombien Chocquibtown qui ne m’a pas vraiment intéressé et avec Jaune Toujours qu’il se fallait de soutenir, groupe belge/bruxellois oblige ! Ils ont joué deux fois, une première fois dans un showcase lors du drink des stands belges et une deuxième fois en soirée devant un public bien plus important.

J’avais déjà vu le groupe sino-mongol Hanggai deux fois à Bruxelles mais c’est avec plaisir que je suis retournée à leur concert de Copenhague. Ils étaient au complet cette fois-ci, ce qui a laissé plus de place aux voix (différents styles de chant de gorge) et à la guitare électrique. J’aime beaucoup leur musique (et les musiques de Mongolie et de Tuva en général) mais je suis assez d’accord avec cette personne qui me disait qu’elle aimerait les voir aller plus loin dans le côté rock, dans l’expérimentation à partir des traditions. J’espère toujours qu’apparaîtra un jour un groupe du même niveau que Yat-Kha !

Pour finir ce long billet, parlons de ma découverte du Womex (en général, il y en a une par an) ! Je ne suis pas une grande amatrice de fado et de musiques portugaises que je trouve en général trop larmoyantes mais j’ai été subjuguée par Deolinda. Le cd m’avait paru plus intéressant que la moyenne mais j’écoute tant de disques que je l’ai assez vite oublié (j’aurais dû en parler ici). La chanteuse Ana Bacalhau (pas un nom facile à porter !) essaie de casser tous les préjugés du fado, s’en moque même ! Elle a une présence exceptionnelle et sa présentation de chaque morceau en anglais apporte une bien meilleure compréhension des thèmes et ambiances qui ne se limitent d’ailleurs pas au fado. La musique du groupe s’inspire aussi bien des traditions portugaises que de celles du Cap Vert ou du Brésil. Rafraîchissant ! (Et j’ai adoré sa robe !)

Une galerie de photos complète se trouve ici.

Ethiopie – Panama – Zanzibar (Sur la platine – Juin 2009)

Un voyage un peu bizarre, me direz-vous, mais ce sont de ces pays là que viennent les trois coups de coeur de la semaine. (J’en ai eu d’autres durant mon absence sur ce blog, mais ceux-ci me poussent vraiment à écrire à nouveau – ainsi qu’un moment de calme relatif dans mon travail !)

Ethiopie

Ililta ! New Ethiopian dance music (MK9733): je vous garantis que si vous écoutez ce disque, vous ne pourrez rester immobiles ! La série de disques Ethiopiques était essentiellement consacrée aux musiciens éthiopiens des années 60 et 70 mais la venue au pouvoir d’un gouvernement militaire en 1975 arrêta net la grande période des orchestres. Dans les années 90, peu de choses intéressantes nous sont parvenues: les stars avaient émigré ou étaient décédées, et surtout, les synthétiseurs cheap ont déferlé, nous donnant des morceaux pop trop ou mal produits. Cependant, depuis quelques années, on constate un renouveau: de jeunes musiciens se tournent vers les rythmes et instruments traditionnels pour produire des morceaux très dansants et aux beats entraînants. Les synthés n’ont pas disparu mais l’ensemble est bien plus excitant qu’avant !

Panama

Panama ! 2: Latin sounds, cumbia tropical & calypso funk on the Isthmus 1967-77 (MF9821): deuxième volume que le très bon label Soundway consacre aux musiques de Panama dans les années 60-70. C’est une édition très soignée avec un livret très complet et de belles photos d’archives. Quant à la musique, c’est également un de ces disques qui donne envie de danser ! On oublie trop souvent que les musiques latino ne se limitent pas à la salsa ! De nombreux genres existent, avec des nuances régionales: la cumbia par exemple est essentiellement colombienne mais s’est diffusée dans les pays voisins. Panama est au centre de toutes les influences: au sud, la Colombie avec vallenato et cumbia, à l’est, les Antilles avec les rythmes cubains, le mento et le calypso, au nord, le Mexique, avec ses boleros et marches militaires, tandis que le jazz et le gospel arrivaient depuis le port de la Nouvelle-Orléans. Tous ces genres sont se sont mêlés et ont été empruntés par les groupes locaux qui sont au sommet de leur créativité dans les années 60-70. S’y ajoutent des influences locales, des musiques de l’intérieur du pays, la “musica tipica”, caractérisée surtout par les percussions d’origine afro-américaine et par l’accordéon.

Zanzibar

Mohamed Ilyas with Nyota Zameremeta Orchestra of Zanzibar, Taarab (MM4215): ce disque n’est peut-être pas aussi dansant que les deux précédents mais le taraab a le pouvoir d’emporter, de faire voyager vers d’autres mondes, entre les grands orchestres égyptiens et les musiques de Bollywood. A l’origine musique de mariage, le taarab est joué tout le long de la côte de Tanzanie et du Kenya, par les peuples Swahili musulmans. Rythmes des percussions et cordes prennent une place importante dans les sonorités du style. En complément à la série Zanzibara, ce disque présente Mohamed Ilyas, une des personnalités importantes du genre. Sa voix est claire et les modulations précises; il sait comment attirer l’attention d’un public et l’émerveiller, comment traduire les émotions.

Ces disques seront très bientôt disponibles en centre de prêt.

Un article / un concert

Deux nouveaux cd (MZ1311 et MZ1312) de la série Gamelan of Central Java entrent dans nos collections. Un article de Daniel Patrick Quinn parle de la série et fait le point sur ces musiques.

Le 6 juin à Hasselt, concert d’artistes du lable Sublime Frequencies: Group Doueh et Omar Souleyman.

Sur la platine (Février 2009-I)

Janvier a filé à toute vitesse, février aussi, et je me rends compte que je prends du retard dans cette rubrique mensuelle. Voici donc en quelques lignes les disques qui m’ont marqué récemment et dont certains mériteraient un commentaire bien plus détaillé. Pour certains de ces disques, des extraits sonores sont disponibles en cliquant sur la cote.

- Masters of the Sarawakian sape (MY3149): luth traditionnel de Sarawak (Bornéo / Malaisie) aux rythmes lancinants et envoûtants.

- Lula Côrtes e Zé Ramalho: Paêbiru (MH4115): composition de 1974 se voulant proche de la nature et des mythes anciens, au chant et rythmes ensorcelants. Un exemple de psychédélisme brésilien.

- Mary Hampton: My mother’s children (MQ1998): chansons néo-folk aux jolies histoires parfois un peu gothiques et pleines de sensualité. A suivre, tout comme le reste du label Navigator, malheureusement très mal distribué en Belgique.

Deux disques laotiens:

- Vongdonti Lao Deum: Dok Champa: mélodies du passé. Laos, Champassak (MX9965) et Laos: musique de l’ancienne cour de Luang Prabang (MX9327): musiques du sud et du nord du pays, jouées par des orchestres combinant percussions mélodiques et cordes, accompagnés de chant, que l’on peut rapprocher des traditions cambodgiennes et thaïlandaises.  Essentiel pour la discographie laotienne !

Deux compilations pour compléter la série des musiques psychédéliques africaines:

- African pearls: Guinée 70 – The discothèque years (ML2055): orchestres nationaux guinéens intégrant les influences occidentales et cubaines sur des rythmes mandingues.

- African pearls: Mali 70 – Electric Mali (ML5888): âge d’or de la musique malienne – les orchestres s’électrisent et modernisent le répertoire traditionnel bambara. Dansant et hypnotique !

Et en attendant les vacances qui sont encore bien lointaines, un petit avant-goût:

- Sayon Bamba: Mod’vakance (ML2190): chanson africaine actuelle, légère et dynamique mêlant instruments d’ici et d’ailleurs mais où les traditions guinéennes sont aisément reconnaissables. Rafraîchissant !

Par contre, si vous souhaitez vous replonger dans des ambiances plus sombres et nostalgiques, écoutez:

- Angelo Badalamenti: Twin Peaks. Season 2 music and more (YT9546): toujours aussi puissant et addictif !

Et pour plus de suggestions du genre, le parcours “100 ans de musiques de film” touche tout doucement à sa fin, la 10e partie sur les “nouveaux symphonismes” vient d’être mise en ligne. Rendez-vous le mois prochain pour le bonus, musiques de film et sonorités du monde, et très probablement le mois suivant pour un deuxième bonus (et oui, nous avons du mal à nous arrêter !).

Jeunesse africaine

Le Mali dans les années 60-70:  un pays qui connaît de profonds changements. Les musiques s’électrifient, la jeunesse s’éprend des sons occidentaux et s’exprime par ses goûts vestimentaires. Le photographe malien Malick Sidibé capture ces moments:

Plus d’images ici; fond sonore: African Pearls: Mali 70 – Electric Mali (ML5888)

Sur la platine (Décembre 2008 – I)

Encore un mois passé à toute vitesse, mais non sans quelques découvertes / confirmations:

Boom Pam: Puerto Rican nights (MA1471): ou si Dick Dale (et sa guitare surf) s’était aventuré dans les Balkans et en Méditerranée. Avec un bon gros son de tuba pour ponctuer le tout.

Tagaq: Auk/blood (MD3476): bientôt dans la Sélec 3, chant de gorge inuit contemporain. Album viscéral et aux ambiances fantomatiques.

Lydia Mendoza: The best of. La alondra de la frontera (MD9178): la reine de la musique tejano, aux sonoritésmexicaines un peu rétro.

Yom: New king of klezmer clarinet (MN8937): un pochette digne d’une star de rock ou de techno, un clin d’oeil en fait à la personnalité excentrique et extravagante du clarinettiste klezmer Naftule Brandwein.

Erwan Keravec: Urban pipes (MP2242): expérimentation sur les sons de la cornemuse, dévoilant toutes ses facettes.

Murat Aydemir: Murat Aydemir (MY8264): solo de tanbur, dans des compositions et dans l’interprétation de grands maîtres.

Deux albums montrant la vitalité du folk anglais actuel: Faustus: Faustus (MQ1783) et Spiers & Boden: Vagabond (MQ3919), tous deux sur l’excellent nouveau label Navigator. Nouvelle chanson traditionnelle anglaise.

Deux albums fantastiques pour la musique et pour les informations dans les livrets (et accessoirement pour leurs titres à rallonge): Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou: The vodoun effect 1972-1975. Funk & sato from Benin’s obscure labels (Analog Africa No.4) (MK4282): afro funk du Bénin basé sur des rythmes vaudous et Franco & le TPOK Jazz: Francophonic. Africa’s greatest. A retrospective vol. 1: 1953-1980 (MM6472): Franco et la rumba africaine dans toute sa splendeur.

Une mention spéciale pour le label japonais King Records: une importante collection d’enregistrements du monde existait déjà dans les collections de la Médiathèque; le label a réédité tous ces disques et propose une série de nouveautés. Une première partie de ces disques est en route vers les centres de prêt, une soixantaine d’autres suivront dans les prochains mois.

La déception du mois:

Calypso Rose: Calypso Rose (MF7705): annoncé comme le Buena Vista Social Club (aïe) du calypso, c’est finalement un album trop produit qui est bien plus reggae, ska ou soul que calypso.

Sur la platine (Novembre 2008 – I)

Sprigs of time. 78s from the EMI archive (MA0213): encore un cd rééditant des 78 tours. Très belle présentation, tour du monde dans les musiques du monde au début du 20e siècle mais peu d’informations sur les plages. Premier d’une série à venir (voir ici)

Charlie Haden, Family & Friends: Rambling boy (MB4891): saviez-vous que cet artiste jazz était issu d’une famille de musiciens old time / hillbilly proche de la famille Carter, qui faisait des émissions radio dans les années 30-40 ? Ce disque rend hommage à ce répertoire, avec en prime une des toutes premières interprétations du petit Charlie comme “yodelling cowboy” !

Hank Williams: Bd rock: Hank Williams 1947/52 (MC9323): une manière agréable de (re)découvrir ce grand artiste via une bande dessinée et deux disques.

Arriba la cumbia ! (MI5130): mix de cumbias anciennes et actuelles, qui mène irrésistiblement vers la piste de danse. Rien de très original mais bonne introduction pour ce “next big thing”.

Les Frères Guissé: Yakaar (MM1657): guitares et chansons africaines en toute simplicité, pleines de force et sérénité malgré les sujets abordés (le malheur, la souffrance).

Deux disques “ethniques”, “difficiles” (?!?):

Zegar Zivi: Heiap hubu (MU6195): traditions des Serbes de Dalmatie (en Croatie), enregistré par un Anglais (Andrew Cronshaw) qui a été fasciné par ces chants a cappella, en polyphonie ou en solo et par les sons du diple, une flûte de bergers qui sonne comme une cornemuse. A noter aussi une sorte de vibrato-yodel assez impressionnant ! Préservation de traditions en voie de disparition.

Le baglama des yayla (MY8073): petit luth baglama des anciens nomades turcs, qui renvoie au monde des steppes de l’Asie Centrale. Airs simples, répétitifs mais prenants.

La déception:

Huun-Huur-Tu feat. Sainkho: Mother-earth ! Father-sky ! (MU4969): chants de gorge, instruments traditionnels mais une impression de trop: trop d’effets, trop de production, trop moderne et pas dans le sens d’un groupe comme Hanggai.

Comme à chaque fois, bientôt disponible en centre de prêt !

Sur la platine (Septembre 2008 – II)

Sir Victor Uwaifo: Guitar-boy superstar 1970-76 (ML9860): encore du psychédélisme africain,  interprété avec brio.

Hank Williams III: Straight to hell (MC9361): le personnage est sans doute plus fascinant que la musique, quoique… les références à Hank Williams, son grand-père, sont nombreuses autant dans les chansons que dans le look. Hillbilly ou hellbilly ? Bonne dose de noirceur, de rébellion et d’arrogance.

Alpcologne: Alpha (MN1170): quel exploit d’enregistrer tout un disque aux cors des Alpes, instruments qui ne sont pas renommés pour leur versatilité ! Dommage que la musique soit accompagnée de vocaux très jazz.

Trois disques aux ambiances mystérieuses, lancinantes, hallucinées:

Kayan Kalhor and Brooklyn Rider: Silent city (MX1428): voyage musical entre orient (kemanche, musiques perses et kurdes) et occident (quatuor à cordes classique contemporain), hynotique dans le morceau Silent City, commémorant le massacre à l’arme chimique du village irakien de Halabja par Saddam Hussein. Avec une mention pour Niyaz: Nine Heavens (MX1581): rencontre entre traditions iraniennes, ourdoues et du Khorassan et musique électronique. Album plein d’ampleur.

Max Richter: Valse avec Bachir (YV1590): score envoûtant, pillant deci-delà Bach ou Nyman, proche parfois du sound design.

Tomandandy: The Strangers (YS8249): score pour film d’horreur, essentiellement électronique, obsédant, chtonien, aux ambiances qui hantent et oppressent.

Sur la platine (Septembre 2008- I)

A écouter en ce début de mois de septembre:

Hans Zimmer & James Newton Howard – The dark knight (YD1500): le film est magnifique, la musique l’est tout autant, les envolées symphoniques largement atonales de Hans Zimmer (toujours aussi reconnaissable) se mariant très bien aux images sombres, les passages légèrement plus joyeux de James Newton Howard s’associant quant à eux au personnage a priori plus positif du “white knight”, le juge Harvey Dent.

George Kuo – O ke aumoe (MZ6866): steel guitar légère et aérienne, à déguster avec un cocktail, pour faire revenir le soleil.

Hillbilly bop, boogie & the honky tonk blues, volume three 1954-1955 (MA5924): troisième de la série déjà, mais toujours aussi dansant ! Répertoire pas très connu mais préfigurant le rock’n'roll.

The Sacred Shakers – The Sacred Shakers (MC4125): classiques de la country gospel blanche américaine infusés de rythmes honky tonk et rockabilly.  Excellent album, le compagnon idéal du précédent.

A éviter: quelques disques typiques de la “world” au sens péjoratif du terme:

N’Faly Kouyaté and Dunyakan – Tunya (ML2763): qu’attendre d’un disque où l’artiste est présenté comme rapper, dans une ambiance très soleil et vacances ? pas grand chose donc à part une afropop sans aucune référence à la musique des griots (bien que N’Faly Kouyaté, Guinéen d’origine, joue de la kora) et interprétée avec des musiciens européens qui s’essaient à la musique africaine. Désolant, et pourtant ça plaît.

Ce groupe se retrouve aussi sur la compilation Globo Musica ! World music from Belgium (MN3502), qui n’offre pas un panorama passionnant. Artistes africains, des Balkans et d’Amérique du Sud (le reste du monde n’intéresse personne en musique, c’est bien connu), pour des compositions plus ou moins traditionnelles et des fusions pas vraiment réussies. L’argument de  vente de l’objet, c’est: “Avec contenu tactile et olfactif !”, avec une feuille de gingko séchée, donc, et un petit commentaire néo hippie de rigueur: “[le gingko] est devenu un symbole de vie, de la continuité se jouant du temps. Une image de sagesse simple et forte, traversant paisiblement un monde en mutation.” Je suis peut-être un peu dure mais j’ai beaucoup de mal avec ce genre de discours (et de musique).

Mediterraneo (MA0211): livre-cd au packaging attrayant, qui fait de la publicité pour les “Classic International Cruises” (avec bon de réduction et description des bateaux de la flotte) et qui se veut le compagnon idéal de cette croisère, faisant office de guide de voyage mais aussi, entre autres choses, de guide santé (liste des aliments bénéfiques à notre santé). N’essayez pas de lire le livret: le texte a été traduit dans un anglais particulièrement tarabiscoté et incompréhensible. Et la musique me direz-vous ? Et bien, si vous voulez écouter quatre disques de musique fortement arrangée et métissée pour plaire à toutes les oreilles, libre à vous. Moi, je vais voir ailleurs !

Tous ces disques seront bientôt disponibles dans les centres de prêt.

Musique psychédélique du monde: Afrique de l’Ouest

Autant il fallait fouiller pour trouver des musiques psychédéliques d’Amérique Latine, autant l’inondation guette pour l’Afrique de l’Ouest, surtout depuis les nombreuses sorties de cd des dernières semaines. Ma liste se limitera donc à ces très bons disques de différents labels, tous accompagnés de livrets très complets. Je creuserai plus tard les discographies de chaque pays pour compléter ce sujet.

Nigeria special. Modern highlife, afro-sounds & Nigerian blues 1970-6 (ML8131), Nigeria disco funk special. The sound of the underground Lagos dancefloor 1974-79 (ML8132) et Nigeria rock special. Psychedelic afro-rock & fuzz funk in 1970s Nigeria (ML8133) sont trois compilations du label Soundway qui avait déjà sorti d’excellents disques sur la Colombie, le Panama ou le Ghana. Rencontre entre les styles locaux et les influences rock et funk internationales. Très beau travail de collectage et de restauration de vinyles, présentant des morceaux inédits.

Nigeria 70 – Lagos jump. Original heavyweight afrobeat highlife & afro-funk (ML8134) édité sur le label Strut (un premier volume comprenait 3 cd) s’intéresse à différents styles existant au Nigéria à côté de l’afrobeat de Fela Kuti. Entre jazz, afro-funk et juju, les rythmes se mélangent et les styles fusionnent.

Et pour terminer, le meilleur de la série d’après moi, bien qu’ils soient tous excellents: African Scream Contest. Raw and psychédélic afro sounds from Benin and Togo 70s (MK4111) (le 3e cd de la série Analog Africa, du label du même nom) s’intéresse aux artistes méconnus de pays peu connus: le Bénin et le Togo, pendant les années 70. Samy Ben Redjeb, le propriétaire du label, est arrivé à Cotonou en 2005 pour chercher des disques, et il en a trouvé ! Dès les premiers jours, il envoyait chez lui 3500 vinyles qu’il avait pu acheter à un de ses contacts. Par la suite, il retournera plusieurs fois au Bénin pour retrouver les artistes et les interviewer. Le livret, parsemé de magnifiques photos d’époque relate tout cela. La musique quant à elle est extraordinaire, mêlant rythmes vaudou à la soul de James Brown avec guitares hurlantes et chants inspirés, de El Rego et ses Commandos, Vincent Ahehehinnou ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou.

[Lien 1: le site du label Soundway et un site de fans avec extraits musicaux et clips]

[Lien 2: le site du label Strut, avec clips]

[Lien 3: Analog Africa sur Blogger, et sur Myspace, avec extraits musicaux]

p.s.: certains liens médiathèque ne fonctionnent pas (encore): les cd sont tout nouveaux et arriveront dans les prochaines semaines en centre de prêt.

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