Archive for the 'musique/pop-rock' Category

Quelques liens

Sur Art-rock, excellent blog musical, une comparaison entre deux versions d’une même chanson interprétée par Amalia Rodrigues et Hélène Ségara.

Et pour s’amuser un peu, un petit lexique pour apprendre à mieux distinguer les différentes sortes de Metal chez Mariaunet, un blog où les découvertes artistiques sont journalières. Indispensable et tellement vrai !

Rodrigo y Gabriela, live

Ce dimanche 30 novembre, j’ai été voir Rodrigo & Gabriela à l’AB à Bruxelles. Le concert était sold out en quelques jours, ce qui m’a un peu étonné. Je ne me rendais pas compte du succès du groupe, succès qui est plutôt dû au bouche à oreille et à l’internet.

Ce duo mexicain, anciens membres d’un groupe de métal, sont des virtuoses de la guitare acoustique. Pas de flamenco, ni de musique traditionnelle de mariachis mais bien des airs inspirés de la scène rock, Metallica en premier. Rodrigo joue la mélodie, avec une succession de notes assez terrifiante, Gabriela marque le rythme, utilisant sa guitare comme percussion, ou soutient les airs de son partenaire.

C’était un concert très énergique avec un public bruyant, prêt à frapper dans les mains à tout moment et à crier au moment voulu, ce qui a un peu nui à la subtilité. D’ailleurs, au moment où Gabriela a joué en solo un morceau beaucoup plus calme  et retenu, une série de personnes a montré son ennui, criant ou quittant la salle.

Somme toute un bon concert, mais dont le public m’a un peu perturbé avec son enthousiasme sans limites.

Lien 1: Rodrigo et Gabriela expliquent leur technique de jeu sur le morceau Tamacun

Lien 2: leurs disques à la Médiathèque

Lien 3: photos sur flickr, d’où j’ai pris celle qui illustre ce billet

Musique psychédélique du monde: Afrique de l’Ouest

Autant il fallait fouiller pour trouver des musiques psychédéliques d’Amérique Latine, autant l’inondation guette pour l’Afrique de l’Ouest, surtout depuis les nombreuses sorties de cd des dernières semaines. Ma liste se limitera donc à ces très bons disques de différents labels, tous accompagnés de livrets très complets. Je creuserai plus tard les discographies de chaque pays pour compléter ce sujet.

Nigeria special. Modern highlife, afro-sounds & Nigerian blues 1970-6 (ML8131), Nigeria disco funk special. The sound of the underground Lagos dancefloor 1974-79 (ML8132) et Nigeria rock special. Psychedelic afro-rock & fuzz funk in 1970s Nigeria (ML8133) sont trois compilations du label Soundway qui avait déjà sorti d’excellents disques sur la Colombie, le Panama ou le Ghana. Rencontre entre les styles locaux et les influences rock et funk internationales. Très beau travail de collectage et de restauration de vinyles, présentant des morceaux inédits.

Nigeria 70 – Lagos jump. Original heavyweight afrobeat highlife & afro-funk (ML8134) édité sur le label Strut (un premier volume comprenait 3 cd) s’intéresse à différents styles existant au Nigéria à côté de l’afrobeat de Fela Kuti. Entre jazz, afro-funk et juju, les rythmes se mélangent et les styles fusionnent.

Et pour terminer, le meilleur de la série d’après moi, bien qu’ils soient tous excellents: African Scream Contest. Raw and psychédélic afro sounds from Benin and Togo 70s (MK4111) (le 3e cd de la série Analog Africa, du label du même nom) s’intéresse aux artistes méconnus de pays peu connus: le Bénin et le Togo, pendant les années 70. Samy Ben Redjeb, le propriétaire du label, est arrivé à Cotonou en 2005 pour chercher des disques, et il en a trouvé ! Dès les premiers jours, il envoyait chez lui 3500 vinyles qu’il avait pu acheter à un de ses contacts. Par la suite, il retournera plusieurs fois au Bénin pour retrouver les artistes et les interviewer. Le livret, parsemé de magnifiques photos d’époque relate tout cela. La musique quant à elle est extraordinaire, mêlant rythmes vaudou à la soul de James Brown avec guitares hurlantes et chants inspirés, de El Rego et ses Commandos, Vincent Ahehehinnou ou l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou.

[Lien 1: le site du label Soundway et un site de fans avec extraits musicaux et clips]

[Lien 2: le site du label Strut, avec clips]

[Lien 3: Analog Africa sur Blogger, et sur Myspace, avec extraits musicaux]

p.s.: certains liens médiathèque ne fonctionnent pas (encore): les cd sont tout nouveaux et arriveront dans les prochaines semaines en centre de prêt.

The twin faeries

The Peanuts: premier duo pop japonais, composé des jumelles Emi et Yumi Ito.

Tiens, mais ce sont elles qui jouent les fées dans Mothra, Mothra contre Godzilla et dans Ghidorah ! Plein de jolis clips ici.

Leurs deux premiers hits, Kawaii hana (Jolie fleur) et Jonetsu no hana (Fleur de la passion) sont sur la compilation Japanese popular music – 1958-1959 – Post war vol. 6 .

Aloha

Parfois, j’écoute des disques au hasard, parce que la pochette me plaît ou qu’il y des mots dans le titre qui m’attirent. Souvent je suis déçue, mais parfois j’ai de bonnes surprises. La dernière en date, c’est:

The Ideal Husband: No bye no Aloha

Jolie pochette un peu rétro, “aloha” dans le titre… mes premières impressions se confirment: c’est une délicieuse pop, un peu sucrée, mélancolique, avec lapsteel guitar et ukuleles. Un disque idéal pour l’été, un peu rêveur et exotique, aux sonorités hawaïennes. Au moment où j’écris ces lignes, la pluie tombe à verse, un disque donc pour oublier ce temps sombre.

Le disque sera bientôt en rayon à la Médiathèque, en attendant il y a toujours myspace.

Toutes les chansons sont écrites par Sandrine Collard qui avait déjà fait un disque de chanson française et la chanteuse, Louise Peterhof, est suédoise. Elles sont entourées par des musiciens de V.O. et pour les backing vocals, Daan et Françoiz Breut sont invités.

Obsession cambodgienne

Depuis la découverte de Dengue Fever, Ros Sereysothea, Sinn Sisamouth et mon voyage sur place, je suis fortement intéressée par tout ce qui est cambodgien. Voici donc une page pour nourrir mon appétit, le vôtre aussi j’espère. Clips, chansons, archives, extraits de radio, tout y est.

Tiki coconut

Da da da + exotica = le nouveau single de Señor Coconut.

Le clip se trouve entre autres sur Ping Mag, où on retrouve un making of de la vidéo.

Entre les danseuses et les bananes, de magnifiques verres tiki vintage.

In the mood for love, in Japan

Les chansons chinoises des années 30-50 ont été popularisées ici par le succès immense du film In the mood for love. Le côté exotique et oriental plaît à nos oreilles pourtant peu habituées à ces sons. En même temps, ces musiques sont fort inspirées de ce qui se passait à la même époque en Europe et en Amérique, notamment dès les années 40 par les rythmes latins du boléro, cha cha cha ou mambo. La Chine n’était pas le seul pays où on écoutait et composait ce genre de chansons. Le Japon aussi a connu de nombreuses stars.

Plusieurs labels japonais se sont regroupés pour éditer une série de 10 doubles cd retraçant l’histoire des musiques populaires au Japon de 1927 à 1959. Kayokyoku est le terme qui a été inventé pour désigner ces chansons (“kayo” signifie “ballade”). Ce genre est à mi-chemin entre la pop, très occidentalisée et l’enka, aux caractéristiques très japonaises. Chansons de films des années 30, hymnes patriotiques des années de guerre, boogie des années 50, tous ces styles sont représentés, laissant la paroles aux grandes stars de l’époque dont la plus connue est sans doute Hibari Misora (sur la photo).

Japanese popular music – volumes 1 à 10 (les 5 premiers seront bientôt en collection, les 5 suivants vont suivre)

Dengue fever

Si vous aimez Os Mutantes ou la série Ethiopiques, vous aimerez très probablement Dengue Fever (leur page myspace est ici). Vous les avez même peut-être déjà entendus dans le film de Jim Jarmusch, Broken Flowers ou dans la saison 2 de Weeds.

Au Cambodge, dans les années 60 et 70, la musique pop était très populaire. Le pays se voulait moderne et les chanteurs étaient influencés par les hits américains ou français. Les stars du moment étaient Sinn Sisamouth et Ros Sereysothea. Et puis le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent la capitale Phnom Penh. Commencent alors plusieurs années de génocide du peuple, en commençant par les intellectuels, y compris les artistes.

(D’autres liens pour Sinn Sisamouth ici (biographie sur Wikipédia), ici (sur ses derniers jours) et ici (biographie et chansons), et pour Ros Sereysothea: ici (biographie sur Wikipédia) et ici (biographie et chansons).

Mais revenons à Dengue Fever: après un voyage au Cambodge, Ethan Holtzman a ramené des cassettes de musique des années 60-70. Avec son frère Zac, ils vont à la recherche dans la communauté khmère de Long Beach à Los Angeles d’une chanteuse qui pourrait comprendre et chanter les chansons. Ils enregistrent un premier album avec Chhom Nimol, comprenant surtout des covers de hits cambodgiens de l’époque mais ils s’inspirent aussi de l’Ethiopie des années 60-70 (voir le superbe morceau Ethanopium). Dans leur deuxième album, Escape from the dragon house, ils continuent sur leur lancée cambodgienne et commencent à composer leurs propres morceaux toujours chantés en Cambodgien.

Leur dernier album en date, Venus on earth a toujours des sonorités cambodgiennes mais ce ne sont plus des reprises. La musique sonne un peu psychédélique, rétro, avec de forts accents asiatiques et Chhom Nimol est magnifique avec sa voix douce et un peu nasale. Tiger phone card est une référence aux duos de Sisamouth et Sereysothea, modernisant la conversation téléphonique en échange de mails. (Et aurait pu apparaître dans la rubrique “There’s a song in my head”!)

J’aurais aimé ajouter à ce post quelques photos de leur performance au Womex à Séville en octobre passé, un des concerts de l’année pour moi mais elles ont mystérieusement disparu de mon disque dur (argh) !

Einstürzende Neubauten à l’AB

Mercredi passé, j’étais de mauvaise humeur. Plein de petites contrariétés dans la journée, puis plus trop envie de sortir le soir. Mais les tickets pour le concert d’Einstürzende Neubauten étaient achetés depuis des mois et le concert était sold out. Je ne pouvais pas ne pas y aller.

La bonne idée de mon compagnon, c’était d’aller s’installer sur les gradins; nous étions bien assis dans des fauteuils moelleux. ça fait un peu papy-mamy, mais c’est juste ce qu’il fallait: le son était parfait, la vision quelque peu lointaine mais pas dérangée par des géants, et le confort total.

Je n’avais plus écouté le groupe depuis des années, j’avais le souvenir de beaucoup de bruit mais aussi de chansons mélodieuses. Blixa Bargeld a commencé le concert en crooner, costume noir et chapeau compris (ou était-il plutôt un prédicateur, ou un maquereau ?). Sa voix grave m’a fait fondre (pas lui, il ne faut pas exagérer, même si je n’ai rien contre les petits ventres !), la musique était sans concession, l’ambiance réminiscente de la vieille Allemagne des cabarets, les textes empreints de pans de la culture européenne (références à Walter Benjamin). Le décor ressemblait à un espèce de bric à brac, avec de grandes lampes rouges et l’orchestration était aventureuse: une basse jouée comme telle (ou presque, le vibromasseur était de la partie) (Alexander Hacke de Crossing the Bridge), une guitare tripotée à la visseuse ou autres ustensiles (Jochen Arbeit), un synthé et un ordinateur (un Macbook vieux modèle) (l’australien Ash Wednesday), et des percussions allant puiser sur du matériel de chantier: un genre de gamelan en tubes de canalisations (qui donne un son parfois tribal à certains morceaux), des clous tombant d’un grand réceptacle, un ressort tendu (le premier de leurs instruments bricolés), des plaques de métal (Andrew Chudy et Rudolf Moser). Le tout était entrecoupé de commentaires parfois blagueurs (le groupe serait venu à l’AB en 1965 en première partie de Jacques Brel), parfois commerciaux de Blixa Bargeld (le groupe a quitté tout label de disque et vit des ventes des cd, le dernier d’ailleurs est sorti grâce aux contributions des fans).

Le concert a duré deux heures, deux heures de plaisir pour une salle extrêmement enthousiaste. Die Befindlichkeit des Landes (avec le mot Melancholia répété), joué au milieu du concert, a bien valu une minute complète d’applaudissements ! Après un premier rappel, la salle n’a pas voulu les laisser partir. Le groupe s’est alors pris au jeu, littéralement: Blixa Bargeld est monté sur scène avec un sac rempli de cartes aux indications cryptiques. Chaque musicien en a tiré trois au sort, et le groupe s’est lancé dans une improvisation très réussie. On se rend alors compte quelle est leur manière de travailler pour composer leurs musique. Le cd Jewels reprend d’ailleurs cette technique et contient un documentaire expliquant tout ça.

Einstürzende Neubauten est un groupe qui a bien vieilli et qui est toujours crédible, qui a évolué avec son temps et qui peut plaire. Résultat: je suis sortie de là de bien meilleure humeur et mes soucis étaient oubliés !

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