Archive for the 'musique/exotica' Category

Vintage music: Xavier Cugat et son orchestre

Un article sur la musique cubaine, oui, mais pas de son, de Buena Vista Social Club et autre Compay Segundo – les musiques cubaines sont bien plus riches que tout ce que la mode des dernières années a bien voulu nous présenter (et nous présente toujours, voir Café CubanoME3080).

Dès le début du 20e siècle sont nés de grands orchestres qui jouaient des airs latins d’origine cubaine, brésilienne, argentine et qui ont eu un succès fou par delà les frontières. En témoignent des disques comme Mambo à Paris, 1949-1953 (ME0262), Tango, le tango à Paris 1907-1941 (MG2221), Finnischer tango – Tule tanssimaan (MO9061), Cubans in Europe, 1929-1932 (ME3107) et bien d’autres encore. Et Xaviet Cugat dans tout ça ? D’origine espagnole (né le 1er janvier 1900) mais ayant grandi et étudié à Cuba, Xavier Cugat a contribué à la diffusion des musiques latines aux Etats-Unis. Il a travaillé pour le cinéma et a été à la tête de l’orchestre résident de plusieurs grands hôtels new-yorkais comme le Waldorf Astoria – ah cette belle époque où chaque hôtel se devait de divertir ses hôtes avec un orchestre de qualité, tout en proposant des boissons rafraîchissantes et des cocktails élaborés par les plus grands barmen !

Xavier Cugat était un personnage assez difficile à vivre, assez exigeant, en témoigne le changement fréquent de personnel dans son orchestre; mais les meilleurs musiciens et chanteurs de l’époque ont tous joué pour lui, de Miguelito Valdez, excellent chanteur de mélodies afro-cubaines, notamment pour l’orchestre Casino de La Playa ou le Riverside Orchestra, à Lina Romay, une charmante chanteuse mexicaine, du grand vocaliste Machito qui se fera remarquer dans le courant du jazz afro-cubain à Dinah Shore. Cordes et cuivres composaient son orchestre, le marimba et les percussions cubaines étaient omniprésentes. Il a joué tous les styles de musiques sur ses 60 ans de carrière, du bolero, au mambo, au cha cha cha.

N’oublions pas non plus ses performances dans de nombreux films d’Hollywood, avec son orchestre, où son charme et ses traits d’esprit ainsi que ses talents de showman ajoutaient une touche de glamour tout latin aux images. Je vous conseille Bathing Beauty (VB0721), avec son kitschissime mais si grandiose ballet aquatique dans lequel Esther Williams montre tous ses talents de nageuse et le morceau Bim Bam Bum qui est resté quelques semaines comme “song in my head”. Le clip suivant vient d’un autre film, Stage Door Canteen (VC0404), dans lequel on voit “Cugie” et Lina Romay.

A part ça, il s’est marié cinq fois, s’est lancé dans de nombreuses entreprises commerciales allant de l’élevage et de la vente de chihuahua à la fabrication de “Cugat’s nugats”, des bonbons; il a été propriétaire d’un restaurant et à 86 ans, il menait toujours un orchestre à Madrid et préparait un nouveau mariage. Il est décédé le 27 octobre 1990.

Une musique vintage, rétro à souhait mais qui garde tout son pouvoir de séduction. Wong Kar-wai ne s’est d’ailleurs pas trompé en utilisant certains de ses morceaux (Perfidia, notamment) dans Days of Being Wild et 2046 (VD1655).

La Médiathèque possède une grande quantité de ses enregistrements dont la plupart ont été réédités sur le label Harlequin. Par quel disque commencer ? Difficile à dire mais Bim bam bum [1935-1940] (ME4860) offre une bonne introduction, reprenant quelques grands hits ou Xavier Cugat and his orchestra 1940-42 (ME4863), avec des plages de sa meilleure période.

Pastèques et dumplings

Non, ceci n’est pas la suite de mes aventures culinaires ! Il me manque d’ailleurs le durian pour compléter la série… des films asiatiques avec de la nourriture dans le titre. D’ailleurs ce n’est pas que dans le titre qu’on mange dans les films en Extrême Orient: je me souviens d’un film de Johnnie To (ne me demandez plus lequel, j’ai oublié) où tous les plans de la première demi-heure contiennent une scène avec des gens qui mangent. Ou celui que j’ai vu hier soir, One take only d’Oxyde Pang. Film clip video, violent, mais moins violent que ne l’annonçait Jean-Pierre Dionnet dans son introduction, et somme toute pas extrêmement intéressant à part pour (re-)voir les rues de Bangkok. Mais les héros mangent souvent, des nouilles micro-ondées au restaurant populaire.

Doù vient cette présence de la nourriture dans ces films ? Dans les productions américaines ou françaises, on mange si peu… Si vous avez des idées…

Revenons à nos pastèques et dumplings. Le premier des deux films, The Wayward Cloud ou La saveur de la pastèque a été réalisé par Tsai Ming-Liang. (Ce serait intéressant de connaître la traduction exacte du titre chinois.) Longue succession d’images où la pastèque est l’instrument érotique des jeux d’amour entre les protagonistes, dans un Taïwan où la sécheresse règne (et je l’ai vu le jour le plus chaud de l’été !). Pas beaucoup d’histoire finalement à part une scène de nouilles intéressante (ici) et de très joli interludes chantés et dansés (les chansons sont de Grace Chang ou Yao Li, entre autres), que l’on peut voir ici, ici et ici.

Nouvelle cuisine (ou Dumplings en anglais) est un film de Fruit Chan sur la fabrication des dumplings… quoique ceux-ci se révèlent être un peu spéciaux. Je ne révèlerai pas la suite mais toute l’histoire tourne autour de la cuisine et de l’éternelle jeunesse.

Lien 1 (les films): Durian durian de Fruit Chan, La saveur de la pastèque de Tsai Ming-Liang, Nouvelle cuisine de Fruit Chan, One take only d’Oxyde Pang, les films de Johnnie To

Lien 2 (les chansons): In the mood for love, Famous songs from Shanghai, Shanghai lounge divas, Retropop in Shanghai

There’s a song in my head (II): “La Paloma”

Comment ne pas avoir cette chanson en tête ? Elle doit être une des plus connues au monde… d’ailleurs il existerait plus de 2000 versions ! Quelques fous sont passionnés par le sujet: Kalle Laar a compilé des morceaux de tous pays pour le label Trikont. Il en est au 6e volume ! Sigrid Faltin et Andreas Schäfler ont écrit un livre et la première a réalisé un film. Le dvd est annoncé pour décembre 2008.

La chanson a été composée vers 1863 par Sebastian Iradier après une visite à Cuba. Il s’est inspiré des habaneras pour le rythme. Très vite, le morceau a eu du succès au Mexique, puis dans le monde entier, succès que son compositeur n’aura pas connu, étant mort peu de temps après dans l’anonymat en Espagne. Le texte change selon les continents mais les thèmes restent les mêmes: la solitude, la séparation, la nostalgie, l’amour et parfois même la mort. Pour se remettre l’air en tête si nécessaire, une version dégoulinante de romantisme par Sara Montiel se trouve ici.

La Paloma (domaine public)

1. Cuando salí de la Habana
¡Valgame Dios!
Nadie me ha visto salir
Si no fuí yo.
Y una linda Guachinanga
S’allá voy yo,
Que se vino tras de mi,
Que sí señor.
Refrain:
Si a tu ventana llega Una Paloma,
Tratala con cariño, Que es mi persona.
Cuentale tus amores, Bien de mi vida,
Coronala de flores, Que es cosa mia.
Ay! chinita que sí!
Ay! que dame tu amor!
Ay! que ven te conmigo,
Chinita, adonde vivo yo!
2. El dia nos casemos ¡Valgame Dios!
En la semana que hay ir Me hace reir
Desde la Iglesia juntitos, Que sí señor,
Nos hiremos à dormir, Allá voy yo.
(Refrain)
3. Cuando el curita nos eche La bendicion
En la Iglesia Catedral Allá voy yo
Yo te daré la manita Con mucho amor
Y el cura dos hisopazos Que sí señor
(Refrain)
4. Cuando haya pasado tiempo ¡Valgame Dios!
De que estemos casaditos Pues sí señor,
Lo menos tendremos siete Y que furor!
O quince guachinanguitos Allá voy yo

Une des versions qui m’a le plus marquée, c’est celle chantée par Jaco le perroquet sur le volume 4. Sigrid Faltin montre ici sa version préférée:

Et vous, laquelle choisirez-vous entre Hawaï, Zanzibar, les fanfares, le blues, le rock… ?

Tiki coconut

Da da da + exotica = le nouveau single de Señor Coconut.

Le clip se trouve entre autres sur Ping Mag, où on retrouve un making of de la vidéo.

Entre les danseuses et les bananes, de magnifiques verres tiki vintage.

In the mood for love, in Japan

Les chansons chinoises des années 30-50 ont été popularisées ici par le succès immense du film In the mood for love. Le côté exotique et oriental plaît à nos oreilles pourtant peu habituées à ces sons. En même temps, ces musiques sont fort inspirées de ce qui se passait à la même époque en Europe et en Amérique, notamment dès les années 40 par les rythmes latins du boléro, cha cha cha ou mambo. La Chine n’était pas le seul pays où on écoutait et composait ce genre de chansons. Le Japon aussi a connu de nombreuses stars.

Plusieurs labels japonais se sont regroupés pour éditer une série de 10 doubles cd retraçant l’histoire des musiques populaires au Japon de 1927 à 1959. Kayokyoku est le terme qui a été inventé pour désigner ces chansons (“kayo” signifie “ballade”). Ce genre est à mi-chemin entre la pop, très occidentalisée et l’enka, aux caractéristiques très japonaises. Chansons de films des années 30, hymnes patriotiques des années de guerre, boogie des années 50, tous ces styles sont représentés, laissant la paroles aux grandes stars de l’époque dont la plus connue est sans doute Hibari Misora (sur la photo).

Japanese popular music – volumes 1 à 10 (les 5 premiers seront bientôt en collection, les 5 suivants vont suivre)


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