Archive for the 'cuisine/restaurant' Category

Quand le cuisinier est pressé…

Certaines occasions sont propices à l’essai de nouveaux restaurants, de nouvelles cuisines. Et qui n’essaie rien ne découvre rien. Partant d’une critique très positive dans l’Agenda, j’ai donc réservé une table pour deux à L’atelier de Michel D., place Vieille Halle aux Blés à Bruxelles, là où se trouvait autrefois l’excellent Jaloa. Au téléphone, accueil aimable mais quand je propose à 19h30, on me demande de plutôt venir vers 19h. Aucun souci pour nous, je suppose qu’ils veulent garder la possibilité d’un deuxième service.

Nous nous décidons pour le menu Michel D., avec vins compris. Petite dégustation de thon cru (avec à mon goût trop d’oignons de printemps qui masquent le goût) et de jambon. Puis Noix de Saint-Jacques rôties, bouillon de volaille et légumes oubliés, coquilles cuites à la perfection sur lit de topinambours, panais et une troisième racine du genre. Après une question sur ces légumes, le chef vient nous les montrer, intéressant ! Très vite, trop vite se succède la deuxième entrée: Levée de turbot cuit au plat, croustillant de pied de porc.  A nouveau une cuisson totalement maîtrisée mais un gros problème pour moi: le croustillant est extrêmement salé, quoique Monsieur me dise que c’est normal. Et bien pas pour moi !

La course étant lancée, le vin blanc pas encore terminé, le vin rouge déjà servi et voici le plat principal: Entrecôte de taureau de Camargue, poêlée de girolles. Cette succession rapide de plats m’a coupé l’appétit, et je me force un peu pour manger cette viande au goût prononcé, les girolles parfumées à l’ail et les petites pommes de terre. Monsieur lui a encore faim et avale le tout avec appétit, regrettant juste l’absence d’un légume vert.

Enfin une pause avant le dessert (la salle est loin d’être remplie et il n’y aura pas de deuxième service).  On nous laisse le choix entre plateau de fromage ou Figues pochées au Porto et épices douces, glace au miel dont je me délecte ! Pour 22h, nous sommes en route pour la maison.

Bref, un avis mitigé, plutôt négatif de ma part, assez positif de Monsieur, et vu que c’était son anniversaire, c’est d’autant mieux ! Il faut bien dire que les plats sont très joliment présentés et que les cuissons sont toujours parfaites. Juste un problème de sel et de course du marathon. Et voici la critique mi-figue mi-raison de Zone 02.

PS: pas de photos, je n’ai pas envie que les plats refroidissent le temps de les photographier…

Pastèques et dumplings

Non, ceci n’est pas la suite de mes aventures culinaires ! Il me manque d’ailleurs le durian pour compléter la série… des films asiatiques avec de la nourriture dans le titre. D’ailleurs ce n’est pas que dans le titre qu’on mange dans les films en Extrême Orient: je me souviens d’un film de Johnnie To (ne me demandez plus lequel, j’ai oublié) où tous les plans de la première demi-heure contiennent une scène avec des gens qui mangent. Ou celui que j’ai vu hier soir, One take only d’Oxyde Pang. Film clip video, violent, mais moins violent que ne l’annonçait Jean-Pierre Dionnet dans son introduction, et somme toute pas extrêmement intéressant à part pour (re-)voir les rues de Bangkok. Mais les héros mangent souvent, des nouilles micro-ondées au restaurant populaire.

Doù vient cette présence de la nourriture dans ces films ? Dans les productions américaines ou françaises, on mange si peu… Si vous avez des idées…

Revenons à nos pastèques et dumplings. Le premier des deux films, The Wayward Cloud ou La saveur de la pastèque a été réalisé par Tsai Ming-Liang. (Ce serait intéressant de connaître la traduction exacte du titre chinois.) Longue succession d’images où la pastèque est l’instrument érotique des jeux d’amour entre les protagonistes, dans un Taïwan où la sécheresse règne (et je l’ai vu le jour le plus chaud de l’été !). Pas beaucoup d’histoire finalement à part une scène de nouilles intéressante (ici) et de très joli interludes chantés et dansés (les chansons sont de Grace Chang ou Yao Li, entre autres), que l’on peut voir ici, ici et ici.

Nouvelle cuisine (ou Dumplings en anglais) est un film de Fruit Chan sur la fabrication des dumplings… quoique ceux-ci se révèlent être un peu spéciaux. Je ne révèlerai pas la suite mais toute l’histoire tourne autour de la cuisine et de l’éternelle jeunesse.

Lien 1 (les films): Durian durian de Fruit Chan, La saveur de la pastèque de Tsai Ming-Liang, Nouvelle cuisine de Fruit Chan, One take only d’Oxyde Pang, les films de Johnnie To

Lien 2 (les chansons): In the mood for love, Famous songs from Shanghai, Shanghai lounge divas, Retropop in Shanghai

Canard tiki et sa salade crunchy ou la recette qui n’est qu’un prétexte pour parler d’autres choses

Je n’ai pas encore écrit sur mes préférences culinaires même si je fais partie d’une communauté de médiathécaires gastronomes (il suffit de voir certains billets de Comment7 ou de Krotchka). Je ne suis pas une grande pâtissière comme cette dernière ni une grande suiveuse de recettes compliquées comme celles d’Hélène Darroze. Quoique à chaque congé, je me dis que je devrais expérimenter des plats qui prennent plus de temps. Mais j’aime cuisiner, même quand ça doit aller vite, j’essaie de ne pas répéter trop les mêmes choses, peut-être à cause des menus fixes de mon enfance. Et puis pas de cuisine française compliquée, mais quel plaisir de prendre du temps pour faire son curry rouge cambodgien soi-même après l’avoir appris dans un cours de cuisine à Battambang au Cambodge, littéralement sur le trottoir !

Bref tout ça pour dire que de temps en temps, certaines combinaisons improvisées sont parmi les plus réussies. Comme celle de ce dimanche. Prenons donc un magret de canard que l’on rissole à la poêle, ajoutons-y à mi-cuisson la mangue découpée en petits morceaux qui traînait là depuis quelques jours et en accord avec celle-ci quelques lampées de Passoã Mango (ne hurlez pas, en fait comme ça, c’est très bon !). D’où le côté tiki de la recette.

Pour accompagner la viande au goût certain, adoucie par la mangue fondue, innovons avec un paquet de salade “crunchy” du Delhaize (radis, roquette, carottes, brocoli, chou blanc). Un peu simple tout ça, sauf si on l’améliore à la manière thaie: quelques feuilles de coriandre, quelques feuilles de menthe (menthe Marrakesh, menthe basilic, menthe sans nom des petits pots bio du Delhaize), quelques feuilles de basilic thai (basilic cannelle, sweet basil, basilic Siam Queen et basilic Queen of Sheba), des cacahuètes écrasées pour un peu plus de “crunch”, un jus de citron vert pour le “zing”, un peu d’huile, un peu de sauce poisson et un piment rouge pour le “tang”. Le côté aromatique des herbes, le “zing” et le “tang” se marient parfaitement bien avec la viande et la mangue ! Le temps qu’on s’en rende compte, le plat était mangé… pas de photo donc pour illustrer tout ça.

PS 1: la culture tiki est typiquement américaine: dès 1934, Don The Beachcomber crée un restaurant à thème polynésien à Hollywood mais c’est surtout après la seconde guerre mondiale que les G.I.’s qui avaient combattu dans le Pacifique voulurent recréer un peu d’exotisme chez eux. D’où l’apparition de nombreux restaurants “tiki” servant nourriture exotique (en fait, de la cuisine chinoise un peu adaptée) et cocktails au rhum et aux fruits. (quelques infos ici)

PS 2: je n’ai pas de jardin, juste une petite cour dans laquelle je peux malgré tout assouvir mes besoins en jardinage et cultiver toute une collection d’herbes aromatiques, en particulier le basilic dont j’ai semé une dizaine de variétés au printemps.

PS 3: l’image vient du très beau site Arkiva Tropika qui rassemble des menus, cartes postales et autres papiers éphémères sur le thème polynésien.


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