Effigie - Alissa York
Passionnant roman dont l'histoire est un prétexte pour retracer une partie de l'histoire des Etats-Unis autour de 1860.
Arbre de fumée - Dennis Johnson
Récit très dense, qui retient l'attention par ses ambiances, son style même si mon avis est assez mitigé.
Sur la plage de Chesil - Ian McEwan
Une nuit de noces, dans les années soixante, pleine de non-dits, d’inhibitions.
La couronne verte - Laura Kasischke
Atmosphères troublantes, tropicales, où la mythologie se mêle à l’histoire d'adolescentes en vacances au Mexique et avec une prédominance de la couleur verte.
La confrérie des mutilés - Brian Evenson
L'horreur poussée dans ses confins, au sein d'une secte où la mutilation est de bon ton.
Imbibe - David Wondrich
Sur les traces d'un des premiers barmans américains, Jerry Thomas, et des origines du cocktail. Avec de nombreuses recettes vintage.
The ridiculous race - Steve Hely & Vali Chandrasekaran
Récit de deux tours du monde, chacun des auteurs partant d'un côté et sans prendre d'avion. Enfin, c'est ce qui était prévu. Censé être drôle, mais ça ne m'a pas touché. Très superficiel, et donc une grande déception.
Le grand livre - Connie Willis
Allers-retours entre futur proche et passé. Voyage dans le temps au Moyen Age, à l'époque des grandes épidémies. Palpitant, extrêmement triste mais avec quelques touches d'humour bien dosées.
Jpod - Douglas Coupland
Scénario un peu faible et manque de rythme, mais jubilatoire pour toutes les petites touches faisant référence à la culture populaire (des geeks). Sourires fréquents.
Aux innocents la bouche pleine - François Simon
Billets de critique gastronome mêlés d'éléments de sa vie privée. Allez voir son blog, c'est plus intéressant ! (http://francoissimon.typepad.fr/)
Le terme musique du monde est bien sûr un terme qui porte à confusion. Il suffit de franchir une ou deux frontières pour s’en rendre compte. La chanson française, évidente pour nous, est classée chez les disquaires anglais, espagnols, italiens, etc. dans la Musique du Monde. Le terme est non seulement vague, mais aussi très prétentieux et “occidentalo-centriste”. Il y aurait la musique classique, la pop, et … la musique des autres. Elle serait vue comme un complément sonore aux cartes postales qu’on envoie de ses vacances, comme le fond sonore du slide-show qu’on fera en rentrant. Pour ne pas déranger le touriste des années 1950, on inventa l’exotica, qui reproduisait le dépaysement sans les moustiques ni les indigènes. On a heureusement développé auprès du public un intérêt pour une forme plus “authentique” de musique du monde, mais qui peut réellement juger de cette authenticité? Elle peut-être fixée par des musicologues, d’ici ou de là-bas, et ce sera le début des ennuis: elle sera bloquée dans son développement pour correspondre à un schéma ancien, au détriment de sa réalité quotidienne. En cela, les “nouvelles” formes que prennent les musiques de par le monde sont problématiques.
Un des problèmes, et sans doute le plus sensible, est qu’elles se développent par friction avec l’occident, et sont une réponse à la mondialisation de la culture musicale occidentale (classique, jazz comme pop). Cette friction peut être soit acceptation, et donner naissance aux différentes formes de “hi-life” à travers le monde, une musique incorporant l’occident, et son statut, dans un autre contexte. Elle peut aussi donner lieu à des formes locales de musique occidentale, envisagées sur un pied d’égalité avec celle-ci, mais le cas est plus rare. La friction peut aussi être rejet, et donner naissance à des formes protectionnistes de musique locale (en bien, parce que résistance à l’uniformisation, ou en mal, parce que fortement conservatrices).
Refléter la réalité musicale d’un pays signifie être complet. Il s’agit donc d’aborder la tradition, en sachant qu’il s’agit chez eux souvent de l’équivalent du folk chez nous, un genre vu par le grand public comme sympathique mais un peu ringard (même si c’est en train de changer). Il s’agit aussi d’explorer les nouveaux genres locaux, et pour cela une connaissance du contexte est nécessaire, ainsi qu’une recherche qui va au-delà de ce qui est produit pour le marché occidental. En cela les compilations de programmes radio de Java, d’Algérie et d’Inde, publiés par le label sublime frequencies, sont un meilleur indicateur de la musique locale, qu’une compilation ethnomusicale, ou un album de “world music”.
Qui plus est, la gêne a utiliser le mot world music qui n’est que la traduction de musique du monde; le terme anglais faisant plus référence aux compilations buddah bar et consorts, notre exotica contemporaine. A partir de quel moments Buena Vista Social Club passe-t’il de musique du monde et plus particulièrement de Cuba au raypn variétés facile pour bar branchés. Faut-il parler de musiques authentiques contre les musiques calibrées ? Ne faudrait-il pas aussi au-dela de tout clivage distinguer les musiques éphémères et à la modes, sans susbtance des musiques de fonds et de traditions (qu’elles soient liées à différents rituels, servent à raconter la mémoire d’un peuple, affirmer une résistance ou encore évoquer une condition): pourrait-on alors considérer le blues, le punk, le khomei et le reggae avec la même émotions et intelligence ? Ne cherchez plus Albert Kuvezin et Yat-Kha l’on fait et c’est disponible
http://www.lamediatheque.be/med/rech_n.php?ser=&intervenant=albert&ref=&supa1=1&supa2=1&supa3=1&supa4=1&supa5=1&supa7=1&supa6=1&supa8=1&__utma=12944426.192024079.1209651361.1209651361.1209651361.1&__utmb=12944426&__utmc=12944426&__utmz=12944426.1209651361.1.1.utmccn%3D%28direct%29%7Cutmcsr%3D%28direct%29%7Cutmcmd%3D%28none%29&Mediatheque_choisie=&supports=&details=&ofs=175
Ca me fait plaisir de voir que je ne suis pas seul à me poser ce genre de questions! C’est exactement les questions que je m’étais posés, et que j’avais essayé d’y répondre à ma sauce:
http://berceuse.electrique.over-blog.com/article-16426714.html
http://berceuse.electrique.over-blog.com/article-15140471.html
Finalement, la world music tel qu’on l’entend habituellement devrait s’appeler musique étrangère, au sens de “qui nous est étrange”.
Le terme de “world music” ou “musique du monde” est-il encore approprié?
Faut-il tout simplement y voir une musique exotique?
La musique produite de ce côté-ci est-elle considérée comme de la “world musique” par ceux qui se trouvent éloignés de nos contrées?
Je ne pense pas qu’il existe une réponse toute faite ou une réponse standard. Peut-être que la clef de cette énigme réside dans le fait de ne même plus parler de “musique du monde”? Mais bien d’une musique ayant une tout simplement une origine géographique éloignée, voire incertaine, aux accents assez inhabituels. A méditer!
En ce qui concerne le label Vampisoul, il est bon à savoir que ce label est spécialisé dans les rééditions type “vynil”. Leur catalogue “latin music” est tout simplement une merveille. Personnellement, j’ai écouté le
LP VV.AA
Gózalo! (Bugalú Tropical Vol. 2)
Je vous recommande chaudement d’écouter par exemple le titre No16 de ce fantastique LP: Tutú Tatá (Alfredo Linares y su Sonora).
Alfredo Linares, pianiste péruvien installé en Colombie depuis de nombreuses années, y va d’un coup de patte formidable (Alfredo vit toujours en Colombie et joue toujours et encore du piano dans les plus grands orquestres de Salsa).
A noter l’orthographe du titre “Bugalu” et non pas “Boogaloo” par opposition à la musique produite dans les années 60-70 par la communauté afro et latine de New-York. Bref, de la “World Music” avant l’heure.
Olivier
Oui, je connais ce disque, il est en effet très bon !
Merci pour votre commentaire en tous cas, et bonne lecture !